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Millet. Monuments bijzantins de Mistra, pi. CXXIII

2. Exemples cités par Gillet. p. 122. n. 1, et Mise en croix de Guido di Ghezzo (première moitié du xiv° siècle* . Rev. de l'Art chrétien, 1888, p. 284. Cf. la Mise en croix d'un maître vénitien inconnu du xivc siècle. Venise, Académie des Beaux-Arts, n° 26.

3. Millet. Iconographie de l'Evangile, fig 425. Le dialogue de pseudo-Anselme, œuvre apocryphe du xme siècle décrit aussi cette mise en croix Patrologie latine, 159, 2821, tandis quepseudo-Bède même époque) décrit la formule de Mistra Patrol lai., 94, 566 .

33a ART BYZANTIN ET ART ITALIEN

L'inspiration esl donc identique, mais d'autres rapprochements sont également décisifs. Chacun des épisodes de la Passion, interprétée par les primitifs italiens, a son équivalent dans l'art byzantin, Voici la Bgure si dramatique du Christ de pitié, les deux mains croisées sur la poitrine sanglante, debout, dans I attitude de la résignation douloureuse : d'après une légende il apparut ainsi à saint Grégoire le Grand au moment où il célébrait la inesse. En Occident la plus ancienne représentation de la messe de saint Grégoire, qui n'avait jamais été signalée jusqu'ici, se trouve sur un missel enluminé à Home en 1252 au couvent des Frères Prêcheurs de Sainte- Sabine '. Elle se trouve aussi sur la chaire de Jean de Pise l.'UO . et. depuis cette époque, elle décore assez fréquemment des tombeaux2. Mais cette figure ne paraît être que la reproduction cl une icône byzantine conservée à Rome à Sainte-Croix de Jérusalem et dont un "laveur flamand du xvie siècle, van Mecheln. a donné la reproduction : bien plus, le Christ « poussé vers la croix », èî.xôjxsvoç lizi oraupoû, du reliquaire byzantin de Grau (-Hongrie . bien que vêtu dune longue robe, a exactement la même attitude, et une icône appelée 1 « elkomenos » avait donné son nom à une église de Monemvasie ' ou Malvoisie. Si bon réllécbit aux rapports fréquents qui unissaient au xiu' siècle la principauté française de Morée dont Malvoisie, conquise en 1251, faisait partie, aux villes commerçantes d Italie, on s expliquera comment ce motif byzantin a pu pénétrer en Occident.

Les crucifiements byzantins du XIVe siècle présentent aussi les plus grands rapports avec la nouvelle composition adoptée en Italie. Le Christ de Mistra avait la tète pendante et le corps rejeté à droite en arc de cercle, ainsi que sur les crucifix italiens'. De même la foule pittoresque des Juifs et des soldats romains, qui se presse entre la croix du Rédempteur et celles des deux larrons, apparaît en même temps sur les œuvres italiennes et à Mistra '. La composition relativement simple de Mistra se complique sur les fresques de (iiotto et surtout sur le grand rétable de Sienne, où Duccio a opposé au groupe des saintes femmes la foule des Juifs, qui se dresse avec des imprécations et des gestes de stupeur lig. 204).

Dans bs Dépositions de croix occidentales, Joseph d'Arimathic reçoit dans ses bras le corps du Sauveur et Marie baise avec ferveur sa main pendante. A Mistra c'est la Vierge elle-même qui étreint son fils et laisse tomber son visage sur le sien7, et c'est une des saintes femmes qui baise la main du Christ. Il en est de

1. Bibliothèque de Clermont, mss. 62, f 2a. Surce manuscrit, voir plus haut. p. 335i 2 .Mâle. Art religieux à la fin du moyen âge, p. 94-95. 3. Id. Le sujet est accompagné dune inscription grecque illisible.

4 xi'- siècle. Schlumberger. Epopée byzantine, I, p. 81. Bertaux. Le byzantinisme du Greeo Revue île l Art ancien et moderne, 1913, I, p. 34-35 .

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