LES SOUFFRANCES 1)1 CHRIST
est celle qui fut donnée en 1496 à la ville de Salers (Cantal) par le prêtre Géraud Vitalis. Ces personnages, dont l'enluminure est relativement discrète, sont groupés avec symétrie autour du sépulcre. Chacun d'eux exprime sa douleur d'une manière difiérente, mais avec une grande discrétion de gestes. Joseph d'Arimathie ei Nicodème qui tiennent les bords du linceul sont deux vieillards à longue barbe. le corps voûte, la tête baissée, comme terrassés par l'émotion; ils portent le costume théâtral des mystères, 1 ample chaperon aux bords relevés entouré
Fig. 231. — Mise au tombeau, Salers (Cantal). Groupe en pierre peinte donné par le prêtre
Géraud Vitalis, en 1190.
d étoile comme un turban, la large aumônière à la ceinture. Marie, vêtue d'une robe de drap d or sur laquelle est jeté un manteau d'azur doublé d'écarlate et bordé d un «Jalon d or, joint les mains et dirige ses regards vers la tête de Jésus. Ses traits sont contractés au point qu'elle est défigurée, et sa bouche enlr Ouverte semble exhaler des lamentations. Saint Jean saisit un pan de son manteau et lune des saintes femmes se jette devant elle, comme pour l'écarter de la terrible vision. I ne autre sainte femme, les yeux baissés et les mains jointes, semble prier, tandis que sainte Madeleine, la tête renversée, les yeux clos, les draperies tumultueuses de son manteau rejetées en arrière, s'abandonne à sa douleur (fig. 231).
On ne saurait compter les motifs nombreux créés par l'art de cette époque pour peindre les douleurs du Christ et rappeler sans cesse aux hommes le souvenir de la Passion fi;». 233 . C'est la douleur de Dieu le Père lui-même soutenant