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LES SOUFFRANCES 1U' CHRIST

dans ses bras le cadavi e du Christ comme sur le tableau de Jean Malouel au musée du Louvre ou sur celui du maître de Flémalle à I Ermitage. C'est le Christ de pitié de la messe de saint Grégoire, dont une dévotion populaire accompagnée d'indulgences a multiplié les images1. C'est la face sanglante du voile de Véronique, qui atteint sur une œuvre catalane du musée de Vich, A\w à Bartolomeo Bermejo, un accent de douleur vraiment tragique lii;. T.V1 , que I on retrouve au même degré dans la figure aux traits contractés par les affres de l'agonie, fragment d'un Crucifix en pierre du musée de

Beauvais lig. 233 . C'est l'étrange création du pressoir mystique où l'on voit le corps de Jésus placé sous la vis d'un pressoir, tout ruisselant du sang qui tombe dans la cuve autour de laquelle accourent les pécheurs" : cette allégorie, reproduite plusieurs fois sur les vitraux, est en relation avec le culte du Précieux Sang. dont plusieurs églises (Bruges, Fécamp) passent pour posséder une parcelle. A cette époque d'orgueil féodal, ce sont les «armes du Christ », c'est-à-dire les emblèmes de la Passion, la croix, la colonne, l'éponge, les clous, quelquefois la bourse de Judas, qui décorent les vitraux, les tapisseries, les tableaux. En plein xvie siècle les scènes de la Passion délaissées par 1 ait italien continuent à inspirer les œuvres de Durer et d Holbein, qui leur consacrent un magnifique ensemble de gravures. Dans un livre d'Heures commandé en 1535 par le cardinal

Albert de Brandebourg. Nicolas Glockendom, miniaturiste de Nuremberg, interprète encore la « vie de Jésus-Christ » dans l'esprit de l'art pathétique et pittoresque, avec ses édifices et ses costumes empruntés à la réalité contemporaine, avec ses images touchantes du Rédempteur montrant ses plaies, des anges en adoration devant le « titulus » de la Croix, de la Vierge des Sept Douleurs, de l'adoration des plaies divines par les bienheureux3.

C'est aussi à la fin du xv° siècle que commence à se constituer l'iconographie

l'nM. Misse

Fig. 232. — Bartolomeo Bermejo, fin du xv siècle. La Sainte Face. Musée de Vich (Catalogne).

1. Une des plus expressives est celle du Christ de Xonette Puy-de-Dôme), peut-être due à des imagiers du duc de Berry début du xv° siècle).

2 L'idée est développée dans les œuvres de saint Bonaventure 1221-1274 en particulier dans le sermon pour l'octave de la Nativité, o Christus., in cruce tanquam botrus in torculari compressus, per vulnera sui floridi corporis odoriferum liquorem expressit, omnium morborum sanativum... ■> Gilson. op. laud., p. 12.

3 Biblioth. de Modéne (Fava et Toesca. La Yita di Gesu Cristo. Modène, 1921).

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