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L'ICONOGRAPHIE DES SAINTS

répandu au \\ siècle : les grands seigneurs, les riches bourgeois, les princes même, qui voulaient Faire reproduire leurs traits, se faisaient d'ordinaire représenter à genoux, en prières et introduits auprès de la Vierge par leurs saints patrons. Nous savons que cet usage, qui remonte au plus ancien art chrétien, a pénètre de nouveau dans l'art italien au xiv" siècle : au siècle suivant il est universel. Innombrables sont les triptyques dont le panneau central montre une

Vierge de majesté, tandis que les donateurs et leurs patrons occupent les volets. On peut citer comme des modèles de ce genre le triptyque de la cathédrale de Moulins (peint vers 1498 1, où le duc Pierre de Bourbon et la duchesse Anne sont présentés par leurs patrons à une Vierge trônant dans une gloire au milieu des anges, ou l'admirable Buisson Ardent cathédrale d'Aix), peint par Nicolas Froment poulie roi René en 147(5 (PI. XII). Au milieu Moïse, gardant ses troupeaux, aperçoit le Buisson Ardent clans lequel est assise la Vierge; le fond du paysage est formé par les deux villes de Beaucaire et de Tarascon ; sur les côtés le roi René en costume de chanoine de la cathédrale d'Aix avec sainte Madeleine, saint Antoine et saint Maurice, fait face à sa seconde femme Jeanne de Laval, entourée de sainte Catherine, saint Nicolas et saint Jean l'Evangéliste. Sur ces deux triptyques 1 Annonciation peinte en grisailles orne l'extérieur des volets. Les portraits de ce genre sont fréquents sur les verrières, dont les donateurs se faisaient représenter ainsi.

C'est surtout dans liconographic des saints que se sont affirmées les tendances au réalisme et à l'anachronisme pittoresque. Au xiu8 siècle leurs figures avaient encore un caractère abstrait : sous leurs draperies un peu uniformes, beaucoup de saints n'étaient reconnaissables qu'aux instruments de leur supplice qu'ils tenaient à la main comme un symbole. Ceux qui avaient été décapités, comme saint Denis à la façade de Paris, saint Nicaise à celle de Reims, portaient quelquefois leur tête dans leur main. Il y avait des catégories de saints rangés suivant leur profession terrestre, évêques,

diacres, moines, chevaliers, etc mais leur caractère individuel disparaissait. Au

xv siècle au contraire les saints sont redescendus sur la terre et portent le costume de ceux qui les invoquent comme patrons (fig. 235 : les événements

Phot. 11. iu Hetiil.

Fig. 236. — Statue de sainte Catherine, xv" siècle. Eglise de Chavanges Aube..

Sous ses pieds l'empereur Maximien et la roue, instrument de son suppliée.

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