LA MOUT. L'ART FUNÉRAIRE S
exécution ers motifs sont plus ingénieux que touchants : c'est de 1 ail religieux à L'usage d'érudits.
L'enseignement moral que l'on demandai! à l'ail religieux a été renouvelé surtout dans son interprétation de la mort et des lins dernières. Depuis l'origine même de l'art chrétien, le thème essentiel et presque unique de l'art funéraire était celui de la résurrection el de la vie éternelle. C'est l'idée qu'expriment à plusieurs siècles de dislance les orantes des catacombes et les gisants des tombes gothiques du xin" siècle, couchés les mains jointes et les yeux ouverts, représentés dans toute la force de l'âge, avec la beauté idéale qui. d'après la croyance commune, sera celle des corps à la résurrection (Jig. 173-174 . La prédication des ordres mendiants a modifié ce point de vue en insistant moins sur l'idée de la résurrection future que sur la vanité des honneurs et des biens de ce monde, anéantis par une même tin. L'idée de la mort a hanté désormais les esprits el nous avons vu sa hideuse apparition dans l'art de Giotlo et des quatlrocentisles, continuateurs sur ce point comme sur tant d'autres, de l'art monastique byzantin. La légende des Trois morts et des Trois vifs, qui se montre au xm" siècle et inspire les compositions du Campo Santo de Pise, est bien l'expression de la rhétorique nouvelle qui oppose tous les biens périssables, jeunesse, richesse, honneur, à leur anéantissement final.
C'est cette conception qui inspire désormais l'art funéraire et c'est en Italie qu'il se transforme d'abord. Le caractère orgueilleux pris par les cénotaphes qui deviennent comme ceux des tyrans de Vérone ', les Scaliger, de véritables édifices, fait mieux éclater l'antithèse du cadavre couché sur le lit funèbre, les yeux clos et quelquefois réduit à l'état naturel, entièrement nu. D'un côté l'orgueil, le faste et la puissance : de l'autre l'image de ce que deviendront ceux qui possèdent ces avantages, telle est la leçon des tombeaux. Sur le mausolée de marbre du pape Clément VI (mort en 1352), à l'abbaye de la Chaise-Dieu, 44 statuettes, représentant les membres de la famille de Beaufort entouraient la statue du pape (fig. 175). Au-dessus du lit funèbre s'élève souvent un baldaquin qui est comme une petite église avec ses baies surmontées de gables, ses pinacles, ses clochetons, ses statues allégoriques célébrant avec emphase les vertus du mort. Pendant la première moitié du xve siècle règne la mode des pleurants, dont les mausolées des ducs de Bourgogne à Dijon conservent de pittoresques exemples2. Ces statuettes couvertes