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LA DANSE MACABRE

jusqu'aux cartes à jouer qui ne rappellent à ceux qui s'en servent la terrible image : un jeu vénitien du débui du XV* siècle dit jeu de Charles VI , la Mort armée d'une faux galope sur un cheval qui foule aux pieds un roi, un pape et deux cardinaux, dont les portraits sont représentés sur les autres cartes'.

C'est au milieu de ce bouleversement moral qu'a été conçu le sinistre sujet de la Danse macabre, qui est à l'origine une homélie dramatique, un sermon Bguré, où le prédicateur (représenté sur la peinture de la Chaise-Dieu) appelle en témoignage chacune des conditions humaines, le pape, l'empereur, le clerc, le bourgeois, etc.; chacun, accompagné du double qu'est son cadavre.

l'hot. L^v-N'eurdein.

Fig. 245. — La Danse macabre. Peintures de l'abbaye de la Chaise-Dieu (Haute-Loire), 1460. L'avocat) le troubadour, le curé, le laboureur, le coi délier, l'enfant, le clerc.

vient montrer ce que sont devenus les avantages et les honneurs de sa vie terrestre. La première Danse macabre qui parut dans l'art religieux fut celle du Charnier des Innocents à Paris, exécutée en une suite de fresques en 1424, au moment de la domination anglaise en France, et dont les gravures de Guyot Marchant éditées en 1485 peuvent donner une idée approximative.

Le sujet fut adopté surtout en France et dans les pays septentrionaux. De la Danse des morts de l'église des Dominicains à Baie (1440; il ne reste plus que des fragments peints sur bois, les portraits de l'empereur, de la reine, del'évêque, de la jeune femme, de la coquette, de l'abbesse. de l'ermite, du héraut d'armes : tous, couverts de costumes riches et pittoresques, ont l'expression du désespoir. Sur un de ces fragments on voit la Mort sortir d'une cabane dont le fronton est écoré du Christ apocalyptique entre la Vierge et saint Jean. Mieux conservées sont les fresques contemporaines de la Chaise-Dieu (1460), de Rermaria-Nisquit

1. A. Vicard. Les fantômes d une danse macabre. Le Puy, 191H, p. 60.

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