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L'ART ACADÉMIQUE

son unité étail complète et 1rs plus humbles images de dévotion populaire reproduisaient les modèles consacrés. Désormais l'imagerie pieuse, qui continue dans une certaine mesure les traditions anciennes, perd toute sa valeur artistique; I ail populaire ne se maintien! que dans certaines régions où il produit encore des (envies savoureuses : il esl représenté jusqtl à la lin di\ wni siècle par les calvaires bretons, par les crèches napolitaines, où se conserve l'iconographie pathétique et pittoresque du moyen âge : si l'étude de nos églises rurales étail plus avancée, on constaterait sa survivance sur les points les plus divers'. Mais eel arl resté sincère excite le dédain des gens éclairés et des beaux esprits, qui n admettent plus l'art religieux que sous la forme académique, devenue désormais la sienne.

La formule nouvelle qui s'imposa à tous les pays catholiques fut créée par l'école bolonaise dontles principaux représentants sonl Louis Garrache 1 1555-1619 , ses deux cousins Augustin 1558-1602 ei Annibal Garrachei 1560-1699) et leurs disciples. Lanfranc, le Dominiquin 1581- 164L. Guido Reni (1595-1642), Le Gueichin 1 1590-1666 1. Par son style et son inspiration le nouvel art repose sur un compromis entre la Renaissance classique et le christianisme. De la Renaissance il délaisse la grâce, le pittoresque et l'éclat, mais il garde la noblesse des figures et la majesté des draperies antiques qui deviennent le vêtement uniforme de tous les personnages de 1 Ancien et du Nouveau Testament. Les Garrache ont eu du moins le mérite, ainsi qu'on la reconnu2, de se dégager du maniérisme des élèves de Raphaël et de Michel-Ange en remettant en honneur le modèle vivant fig. 256 . Certaines productions de

Fliul. Aliu.in-

Fig. 257. -- Le Dominiquin 1581-1641). La

Dernière communion de saint Jérôme. Pinacothèque du Vatican.

1. Par exemple, en 1676, un peintre exécuta sur la voûte en voliges de l'église de Saint-Divy [Finistère . six tableaux représentant la légende du grand saint gallois Divy ou David, fils de sainte Nonne. Il montra les héros bretons du \T siècle en costumes de mousquetaires de Louis XIV.

2. M. Reymond L Ecole Bolonaise Revue des Deux Mondes, janvier 1910

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