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LES ■ EXERCICES SP1K1 1 111. S

Exercices Spirituels « ne sonl que l'une des manifestations du mysticisme ardent qui embrase toute l'Espagne dans la deuxième moitié du xvi" siècle et se répand bientôt au delà des Pyrénées, en France ci dans toute l'Europe1. C'est sainte Thérèse d'Avila 1515-1582 qui fonde en 15631e premier Carmel réformé ci.

dans un style ardent rempli de vastes envolées, écrit son « Château Intérieur » ci son » Chemin de perfection »*. Ce sont ses disciples Luis Ponce de Léon (1527-1591 ci surtout saint Jean de la Croix 1542-1591 qui sont les poètes du mysticisme espagnol ci lui donnent sa plus belle expression en s'élevant dans leurs œuvres en prose ci dans leurs poésies à des hauteurs vertigineuses.

Il était inévitable qu'un mouvement d'une pareille puissance eût sa répercussion sur le tour nouveau pris par la dévotion et par suite sur l'art religieux qui cherchait à la satisfaire. Et d'ailleurs la Renaissance, si brillante qu'elle ait été en Espagne, n'a pas exercé sur l'art religieux une influence aussi profonde qu'en Italie : les traditions de l'iconographie pathétique ci pittoresque s'y sont maintenues, épurées, il est vrai, conformément au décret du concile de Trente et sonmises à la surveillance ombrageuse de l'Inquisition, mais renforcées par la littérature mystique devenue si populaire parmi les fidèles. C'est celte ambiance qui explique le caractère de la peinture espagnole de cette époque : de l'ancienne tradition elle garde le réalisme parfois impitoyable qui est dans le génie de la race, mais elle trouve pour exprimer là ferveur religieuse, l'amour divin, lextase, des accents d'une puissance vraiment nouvelle.

L un des premiers représentants de ces tendances est pourtant un étranger, Domenico Theot'ocopuli, dit le Greco 1,148-1625 1, originaire de la Crète, formé à Venise dans les ateliers du Titien et du Tintorel, puis à Rome, où il étudia les œuvres du Corrège et de Michel-Ange. Émigré en Espagne en 1576 il devient rapidement célèbre et exprime avec profondeur les aspirations de l'ascétisme espagnol. Cet élève des Vénitiens renonce à la magie de la couleur, enveloppe d'ombres grises ses personnages, étire leurs corps et allonge leurs figures, comme si. à travers l'enveloppe matérielle, il cherchait à montrer le corps glorieux régénéré par la grâce .

Cette réaction contre l'académisme italien est encore mieux marquée chez les peintres de Séville comme Herrera le Vieux 1576-1656), dont le réalisme fougueux se plait à montrer les supplices des martyrs, les tourments des damnés, les

1. Henri Brémond . Histoire littéraire du sentiment religieux en France. II. L invasion mystique (1590- 1620) Paris, 1910

2 Ses œuvres furent imprimées en 1588 par les soins de Luis de Léon.

3. Voir Maurice Barrés. Greco ou le secret de Tolède, 1912. p. 123-171. Œuvres religieuses les plus célèbres : Partage de la Tunique cathédrale de Tolède 1577 . Martyre de saint Maurice J579 . Enterrement du comte d Orgaz 1584 avec la Trinité planant au-dessus de la cérémonie Assomption de la Vierge, Pentecôte, etc.. Cf. E. Bertaux. Notes sur Greco Revue Ariane et m., 1912-1913). — E. Lambert. Tolède, 1925, p. 143-156.

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