MAURICE DENIS
n'est plus le même; il De s'agit plus pour lui comme au moyen âge d'offrir des documents visuels qui enseignenl I histoire du passe et, comme à l'époque romane, la science de l'univers. Sou objet est toul autre el il o'a pas à copier la réalité, mais à traduire sous une forme picturale ou plastique l'ensemble des sentiments que celle réalité évoque en nous. L'artiste est un poêle, il ue copie pas la nature, il la transpose, et tous les détails techniques, dessin el tonalité s'il s'agit de tableaux, dessin el modelé dans la sculpture, doivent concourir à mettre
Fig. 279. — Maurice Denis. Descente de croix. Collection Houart.
en valeur le sens spirituel de la composition. C'est ainsi qu'à l'église paroissiale du Vésinet, la tonalité pourpre de la fresque du Sacré-Cœur s'oppose à la blancheur liliale de la chapelle de la Vierge.
Dès lors le champ de 1 art chrétien redevient infini : des accents nouveaux, conformes à la piété, aux préoccupations, aux douleurs, aux angoisses des ebrétiens du xxp siècle, peuvent être tirés des thèmes traditionnels, et la création de thèmes nouveaux rendus nécessaires par des conceptions nouvelles est encore possible. L'art chrétien a perdu le caractère abstrait qu'il devait à l'influence séculaire de l'éducation académique et, comme à la fin du moyen âge, il est un langage toujours actuel, qui ne fait qu'exprimer par des moyens matériels l'action continue et incessante de la religion sur les hommes. L anachronisme, qui n'avait