CARACTÈRES DE L'ICONOGRAPHIE CHRÉTIENNE
quelquetois même, comme sur [es ampoules
tantin à la voûte du Saint-Sépulcre; elle apparat! parfois sur les sarcophages du y siècle, entourée d'une couronne de Lauriers, au milieu de laquelle se détache le monogramme du Christ; 1rs soldats romains endormis à ses pieds montrent qu'il s'agit bien de la Crucifixion; de Monza, les deux larrons sont ligures aux deux côtés d'une croix vitle que surmonte le buste Au Sauveur : les (idèles ne veulent voir dans cette scène que le triomphe du Christ sur la mort. Plus tard, à partir du \T siècle. Jésus est étendu sur la croix, mais il a les yeux ouverts, ses pieds reposent sur un appui : il est entouré des figures symboliques de l'Eglise et de la Synagogue : sa tète est parfois ceinte d'un diadème. La tradition du symbolisme triomphal s'est conservée, mais l'inspiration théologique est prédominante:
l'objet de la scène est de représenter d'une manière symbolique et intelligible à tous le dogme fondamental de 1 Incarnation. Enfin, au
déclin du xn siècle apparaît le .Phot Dr c"7-
„. . , ,. . . Fig. 1. — La Nativité. Type ancien.
Lhnst réaliste aux cotes dechar- „... m j n- ù ■■ c • , r ,-t i„ a a,
liillom (Fuy-de-Dome). relise Suint-Cerneiit. tombeau d Avnées, à la tète neildante. les Veux celin de Montaigut, archevêque du Toulouse, mort en 1318.
fermés, tandis que le corps est
déjeté d'une manière lamentable et que les pieds sont croisés et cloués l'un sur l'autre. C est la conception dramatique de la Crucifixion, qui prévaudra dans les temps modernes ; il ne s agit plus de faire réfléchir les croyants mais de les émouvoir. En fait, quels que soient les aspects si divers qu'il ait revêtus, l'art chrétien a toujours été un enseignement et comme une prédication figurée. Déjà au vie siècle saint Grégoire le Grand affirmait que « ce que l'écriture rend accessible aux lettrés, les illettrés l'atteignent en contemplant des peintures. Par elle les ignorants savent quelle doctrine il faut suivre... La peinture doit donc être la principale lecture de la masse » \ Et au xu" siècle Suger avait fait graver sur les portes de bronze de