TRAVAUX ANCIENS
Saint-Denis l'inscription suivante : « L'esprit obtus atteint la vérité grâce aux figures matérielles; il était comme noyé, mais il voit eette lumière et ressuscite. » Enfin, dans sa 25e session décembre 1543), le concile de Trente recommande aux évêques d'instruire le peuple « en faisant représenter par des peintures les mystères de notre rédemption ». Cet enseignement par les images a donc pu revêtir des aspects divers suivant les époques, mais il a toujours été le but suprême de l'art chrétien.
Il n'est pas inutile, avant d'aborder l'étude de l'iconographie chrétienne, de montrer les divers points de vue auxquels on l'a successivement envisagée. C est au lendemain de la Réforme, à lépoque du concile de Trente, que l'art religieux a été pour la première fois l'objet de recherches systématiques. Ce furent surtout des théologiens catholiques, désireux de défendre les pratiques de 1 Eglise contre les protestants, qui entreprirent de justifier l'iconographie religieuse du reproche d idolâtrie en l'expurgeant de tout ce qui pouvait paraître suspect ou contestable. C'est dire assez l'esprit dogmatique et critique avec lequel ces études furent abordées. Jean Vermeulen (Molanus), professeur à l'Université de Louvain, publia en 1570 un traité De picluris et imaginibus sacris dans lequel, préoccupé d'écarter tout ce qui lui semblait inconvenant et peu authentique, il condamna les plus beaux thèmes de l'iconographie médiévale.
C'est à la découverte des catacombes de Rome, en 1578, que l'on doit les premières études d'iconographie qui aient un caractère vraiment historique. Un Relge qui mourut à Rome en 1(514, Jean Lheureux (Macarius), fit la première tentative pour donner une interprétation des peintures et des monuments découverts dans les cimetières chrétiens. Son ouvrage, resté manuscrit, ne fut publié qu'en 185G par le père Garrucci ' ; il n'en est pas moins un des premiers traités historiques auxquels ait donné lieu l'iconographie chrétienne. La voie ainsi ouverte ne tarda pas à être suivie par Bosio qui publia sa Roma sotterranea en 1632, par Reiske auteur d'un Traité sur les images du Christ (léna, 1685), par Ciampini qui dans ses Vetera monumenta (Rome, 1690) étudia particulièrement les mosaïques conservées dans les basiliques romaines, par Jean Nicolaï de Tùbingen, avec sa dissertation sur le nimbe des anciens (1699). En France, Roger de Gaignières ^1642-1714 parcourait les églises, les monastères, les châteaux en dessinant tous les monuments d'art qu'il rencontrait, tombeaux, tapisseries,
1. Hagioqlyplci sine piclurœ et sculpturœ sacrie antiquiores, prœsertim qiue lionne reperiuntur explicatif. Paris. 1856.