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LE BAPTÊME DE .11 SIS ; MIRACLES

et le bonnet phrygien qui deviendront leurs attributs traditionnels; ils s'avancent,

en présentant leurs dons sur un plat, vers la Vierge assise sur un fauteuil, retenant de la main gauche l'Enfant sur ses genoux et levant la droite en un geste de bénédiction. Une Fresque du cimetière de Domitilla, qui peut dater du début du iv* siècle, montre quatre mages et ce nombre insolite ne peut s'expliquer que par le souci de la symétrie '. Sur un fragment de sarcophage romain, la Vierge et l'Enfant sont couchés sur un lit2.

Le Baptême du Christ, commémoré dans les liturgies funéraires1, apparaît aussi à cette époque dans l'art chrétien. La célèbre fresque de la crypte de Lucine au cimetière de Calliste fin ier-if siècle n'offre pas un sens absolument clair. On v voit sur le bord d un fleuve un homme qui tend la main à un adolescent pour l'aider à sortir de l'eau, tandis qu'à gauche un oiseau vole dans les airs'' en portant un rameau d'or. L'artiste aurait choisi le moment où le baptême vient de s'accomplir. Dans la chambre des Sacrements du même cimetière (me siècle), la scène, répétée deux fois, est mieux caractérisée. Le Christ a la taille enfantine qu'il aura dans l'art chrétien : saint Jean vêtu dune tunique courte lui verse l'eau sur la tête, tandis qu'au ciel plane la colombe r.

Ce caractère abstrait de l'art chrétien se montre aussi dans les scènes qui représentent les miracles du Christ. Jésus est reconnaissable à son costume hellénique et à la baguette qu'il tient à la main : tel Moïse dans la scène de la source miraculeuse. C'est ainsi que le montrent plusieurs fresques, en face de b Aveugle de naissance, figuré comme un enfant, bien que le texte évangélique (Jean IX, 1-41) lui prête trente-huit ans6, ou devant le petit édifice à fronton d'où sort Lazare ressuscité7. A la Capella Graeca, Lazare est figuré d abord dans son tombeau, puis après sa résurrection, la tète soutenue par une femme, sans que le Christ soit représenté*. Dans une autre chambre du même cimetière Lazare a l'aspect de momie égyptienne, enveloppée de bandelettes, qui deviendra le type consacré dans l'art chrétien.

On retrouve la même simplicité dans le gracieux sujet de la Samaritaine, qui semble écouter avidement les paroles de Jésus, dont elle est séparée par la margelle du puits, et dans la guérison de l'Hémorroïsse qui s'agenouille derrière deux disciples et touche le manteau du Sauveur : ces deux scènes ornaient une chambre du cimetière de Prétextât (ne siècle).

1 Raymond et Pératé. La Nativité. Paris, 1911, pi. II, i.

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