‹ L'art chrétienChapitre 46 sur 442 · Leclercq. Mon. Archéol. chrét.. II · texte numérisé non relu

Leclercq. Mon. Archéol. chrét.. II

LE BANQUET Kl'CHAMS l Iol'K

Les doux miracles de la Multiplication des pains et des Noces de Cana sont quelquefois réunis comme au cimetière des saints Pierre el Marcellin et ;ï l;i catacombe d'Alexandrie. Mais à Rome les deux scènes sont simplifiées : de chaque côté du médaillon de Noé sortant de 1 arche le Christ louche de sa baguette, ici les amphores, là les corbeilles de pain '. A Alexandrie au contraire c est une succession de tableaux pittoresques qui se déroule : la scène, qui peut dater de la fin du ii siècle, a été repeinte à l'époque byzantine, mais elle reproduit la disposition primitive. A gauche le Christ bénit les amphores tandis que les disciples et la Vierge sont assis autour dune table. Plus loin le Christ étend ses mains sur les corbeilles, dont l'une lui est présentée par l'apôtre André, et les disciples assis à

Fig. 17. — Le banquet eucharistique. Rome, cimetière de Culliste. m0 siècle. D'après Wilpert, Pitture délie cataeombe, pi. 41, 3.

droite mangent, suivant l'inscription, « les eulogies du Christ » \ C'est un banquet du même genre qui est représenté à Rome dans la lunette d'un arcosolium des saints Pierre et Marcellin. Les disciples sont couchés sur un lit en forme de sigma autour d'une table ronde ; à droite le Christ, debout, touche les amphores de sa baguette'.

Le symbolisme eucharistique représenté par ces deux scènes est encore plus clair dans la célèbre fresque de la Capella Graeca découverte en 1893 et connue sous le nom de « Fractio panis* ». Six convives, dont une femme, reconnaissable à son voile, sont couchés sur le « triclinium » des festins d'apparat : à gauche un septième convive, assis sur un escabeau bas, rompt le pain et le tend à ses hôtes. Sur la table sont placés deux poissons, cinq pains et un calice ; en outre sept corbeilles se voient à droite et à gauche. Aucune œuvre ne montre mieux que cette fresque

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