INFLUENCE DE LA THÉOLOGIE ET DES PÈLERINAGES
écoles d'Alexandrie, d Edesse devinrent les centres, donnèrent naissance à de nombreuses hérésies. Une littérature abondante, faite tl ouvrages de polémique ou d'apologétique, se développa. Les conciles oecuméniques intervinrent pour fixer le dogme et délimiter l'orthodoxie. En 325 le concile de Nicée, dirigé contre l'arianisme, définit la nature de la Trinité. En 3<S1 la doctrine antitrinitaire de Macédonius fut condamnée à Constantinople. lui 431 le concile d Ephèse proclama contre Nestorius la nature divine du Christ dés sa naissance et appela la Vierge Mère de Dieu. « Theotokos ». En iôl le concile de Chalcédoine. assemblé pour combattre la doctrine monophysite d Eutychès. compléta le dogme de l'Incarnation en reconnaissant an Christ deux natures en une seule personne. Aucune période ne vit une pareille floraison de grands théologiens : saint Basile f 379), saint Grégoire de Nazianze (7 31)0 . saint Grégoire de Nysse 7 395), saint Jean Chrysostome ( 7 407 en Orient, saint Ambroise 397 . saint Jérôme 7 420 . saint Augustin 7 430) en Occident. Leur œuvre colossale est restée la hase de la théologie chrétienne : il n'est pas étonnant que l'art religieux lui-même n'ait pu se soustraire à leur influence. L'iconographie considérée comme enseignement figuré va servir désormais à rendre plus éclatante la victoire de l'orthodoxie : de plus en plus elle deviendra un langage théologique.
Au même moment la vie religieuse se transformait et devenait plus intense. Le développement du culte des saints et des martyrs donnait naissance à la coutume des pèlerinages. Or. un pays attirait surtout les fidèles du monde entier : c'était la Palestine, le théâtre même de la vie du Christ, où le nom de la moindre bourgade évoquait le souvenir de quelque fait de l'histoire évangélique. Dès 326 Constantin purifia la grotte du Saint-Sépulcre, où Hadrien avait installé un sanctuaire de Vénus. « de la superstition diabolique et païenne1 ». L'année suivante, l'impératrice sainte Hélène vint visiter les lieux saints et ce fut au cours de son voyage qu'eut lieu l'Invention de la Vraie Croix. Des églises s'élevèrent de toute part pour commémorer, sur les lieux mêmes où ils s étaient passés, les principaux événements de la vie de Jésus. Chacune des localités palestiniennes eut un ou plusieurs sanctuaires qui devinrent bientôt des centres fréquentés par les pèlerins du monde entier. Dès 333 l'Aquitain qui vint de Bordeaux à Jérusalem2 mentionne quelques-unes de ces églises comme terminées.
On ne saurait exagérer le prestige que ces sanctuaires de Palestine eurent dès l'origine aux yeux des fidèles et par suite l'influence considérable qu'ils exercèrent, soit parleur architecture, soit par leur décoration, soit par la liturgie toute spéciale qui s'y développa, sur les destinées de l'art chrétien, et à mainte reprise nous aurons à signaler cette action au cours de son histoire. Constantin donna 1 exemple