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INFLUENCE DES SANCTUAIRES DE PALESTINE

de reproduire dans son mausolée des Saints-Apôtres à Constantinople les dispositions de sa basilique du Saint-Sépulcre et à Rome l'église Sainte-Croix porta le nom officiel de « Hierusalem ».

D'autre part les thèmes religieux développés dans l'ornementation de ces édifices

étaient parfois ceux mêmes qu'ils avaient pour destination de commémorer. La Nativité par exemple décorait la basilique de Bethléem, l'Ascension celle du mont des Oliviers, le sacrifice d'Abraham celle du Golgotha, la Présentation celle de l'église élevée sur les fondements du temple de Salomon'. A la façade de l'église de la Nativité de Bethléem on voyait en mosaïque une grande « Adoration des Mages o et ce fut grâce à cette circonstance, que les Perses, charmés de retrouver leur costume national dans les portraits des mages, épargnèrent cet édifice lorsqu'ils prirent Jérusalem en 613"'.

Ces représentations ne tardèrent pas à devenir populaires dans le monde entier, grâce à l'usage qui s'établit de vendre aux pèlerins de petites fioles ou ampoules, remplies de l'huile qui brûlait dans les lampes du sanctuaire et décorées du sujet même qui constituait la décoration principale de l'église. Telles sont les ampoules célèbres conservées au trésor de Monza et rapportées de Palestine au vf siècle par un abbé Jean, qui les donna à la reine des Lombards, Théodelinde. Des légendes indiquent leur provenance et les sujets dont elles sont ornées reproduisent les compositions des sanctuaires dont elles sortent. C'est donc en Palestine que l'iconographie chrétienne s'est renouvelée en substituant des représentations d'un caractère historique aux symboles un peu abstraits de l'art des catacombes : ce sont les peintures commémoratives de ses églises qui ont servi de modèles aux artistes des pays les plus éloignés et c'est cette dépendance de l'art religieux vis-àvis de la Palestine qui a assuré pour quelques siècles encore l'unité de ses productions.

Enfin à mesure que les questions religieuses devenaient la principale préoccupation des hommes, il se développait une littérature chrétienne où les artistes allèrent souvent puiser des inspirations. C'est à cette époque que naît le genre de la biographie religieuse ou hagiographie : les actes des martyrs et les vies des saints, dont Eusèbe. et plus tard saint Jérôme, forment les premières collections, seront sans cesse consultés et interprétés : l'institution des monastères donne un grand développement aux récits édifiants et souvent romanesques, recueillis en Orient par Palladius dans son Histoire lausiaque ou vie des Pères du désert (vers 42()j et en Occident par Sulpice-Sévère mort en 412i)i dans son Histoire sacrée. C'est aussi

1. Reil. Die altchristlicken BiUhyhlen des Lebens Jesu. Leipzig. 191(1. p 47-49 — Baumstark. Friihchristlich palastinensische Bildkompo&itionen, Byz. Zeit., 1911, 177

2. Détail donné par une lettre des patriarches d'Orient à 1 empereur Théophile au i.V siècle Duchesne. Roma e l Oriente. 1913, p. 22.'} .

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