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INFLUENCE DE LA LITTÉRATURE CHRÉTIENNE

;iux v et vi' siècles que se répand la littérature apocryphe dont l'action fut considérable sur le développement de I iconographie chrétienne. Les nombreuses versions, rédigées dans toutes les langues parlées alors, témoignent de leur succès, mais ce fut surtout en Syrie et en Egypte que naquirent ces compositions qui se proposaient de combler les lacunes des livres canoniques et s'occupaient surtout des deux périodes de là vie du Christ laissées dans l'ombre par les Évangiles : les années de l'enfance et la descente aux enfers. Au premier groupe appartient le Protévangile de Jacques, histoire de l'enfance de la Vierge et de ses parents Joachim et Anne, continuée par le récit de la Nativité et la fuite en Egypte : on en a compté plus de 50 manuscrits grecs et il a été traduit en copte et en syriaque. Telle est la matière de 1 Evangile du pseudo-Mathieu, de l'Évangile de la Nativité de Marie, de l'Evangile arabe de l'Enfance du Sauveur, de l'Histoire de Joseph le Charpentier, enfin de l'Evangile de Thomas l'Israélite qui raconte la vie de Jésus enfant à Nazareth et lui attribue toute sorte de prodiges. Les dernières années du Christ sont surtout narrées dans l'Evangile de Nicodème qui comprend les Actes de Pilate et le récit de la descente aux Limbes: d'autres fragments en syriaque, en grec, en latin sont relatifs au même sujet. Une bonne partie des détails les plus populaires de l'iconographie chrétienne, l'âne et le bœuf de la crèche, le bain du Christ dans la scène de la Nativité, les scènes de l'enfance et de la jeunesse de la Vierge, toute l'histoire de Joachim et d'Anne, le rôle de Véronique pendant la montée au Calvaire sont empruntés à ces apocryphes : nous aurons l'occasion de signaler leur influence à toutes les époques'. LTne littérature apocryphe se forma aussi autour de la figure des apôtres. Enfin c'est au début du vï siècle qu'apparaît le traité faussement attribué à saint Denys l'Aréopagite sur la Hiérarchie divine' : sa description précise des milices célestes devait avoir une grande fortune dans l'art chrétien et contribuer au développement de l'iconographie des anges.

Il s'est donc développé à partir du iv* siècle un art religieux dont le caractère officiel a été plus nettement marqué que dans les premiers siècles, et sur lequel l'Eglise, en laissant cependant une grande part d'initiative aux artistes, a exercé une surveillance effective. L'art en effet est regardé comme un enseignement qui complète celui des livres saints, et des sujets religieux sont considérés comme l'ornementation indispensable du sanctuaire.

1. Sur les Evangiles apocryphes, voy. Variot. Etude sut l'histoire littéraire des Evangiles apocryphes. Paris, 1878. — Leclercq. Apocryphes Dict. Archéol. chrét , I, 2555 et suiv.). — Michel et Feeters. Evangiles apocryphes, I. Paris, 1911. — E. Amann. Le Protévangile de Jacques, Paris, 1910.

2. Hatitîol. Anciennes littératures chrétiennes. I Littérature grecque Paris. 1901. 329 et suiv.

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