PROGRAMMES ANCIENS D'ORNEMENTATION
Bien îles tâtonnements ont dû se produire, et ce n'est pas sans soulever certaines protestations que 1 art religieux s'est ainsi implanté Mans l'Église.
Malheureusement nous connaissons mal l'ornementation îles églises bâties par Constantin : il ne s'en est rien conservé. Des textes postérieurs datant de la querelle iconoclaste, c'est-à-dire du vin" ou du ix' siècle, lui attribuent, il est vrai. l'exécution de seize scènes de la vie de Jésus à la basilique de Bethléem et d'un cycle complet des deux Testaments à la basilique du Latran1. Le caractère de polémique qui distingue ces témoignages "tes rend fort suspects. Tout ce que les contemporains, comme Eusèbe. nous apprennent, c'est que le symbole de la croix et parfois des sujets apocalyptiques ornaient les absides, les mausolées, les oratoires. C'est seulement à la fin du îv et au Ve siècle que l'iconographie religieuse parait nettement transformée : toute une série de motifs nouveaux tirés du récit de l'Enfance du Christ ou de sa Passion apparaissent à cette époque.
Au début du v siècle même, la tradition était loin d'être fixée. Olympiodore. préfet de la ville à Constantinople. voulant élever à ses frais une église en 1 honneur des saints martyrs, soumit le programme de leur décoration à son prédécesseur. Nil. qui avait abandonné ses charges pour se faire moine au mont Sinaï. Olympiodore se proposait de couvrir le sanctuaire de son église de compositions qui montreraient les épreuves subies par les martyrs ; sur les murs de la nef au contraire devaient se dérouler des scènes de chasse : des animaux de tout genre poursuivis par les chasseurs et venant se jeter dans des filets tendus, des poissons de toute espèce suspendus aux lignes des pécheurs: les diverses variétés d'oiseaux, de quadrupèdes, de serpents connus devaient compléter ce cycle, au milieu duquel la croix serait représentée à plusieurs reprises. On voulait en un mot rassembler « tout ce qui dans la maison du Seigneur pourrait contribuer au plaisir des yeux ».
Saint Xil répondit à son correspondant qu il trouvait ce programme puéril et indiqua d'autres dispositions : dans le sanctuaire, à l'est, placer seulement la croix. et sur les murs, à droite et à gauche, les histoires de l'Ancien et du Nouveau Testament. « Ainsi, ajoute-t-il, ceux qui ne connaissent pas les lettres apprendront par ces peintures les belles actions des fidèles serviteurs de Dieu ". » Si l'on rapproche du programme proposé par Olympiodore la décoration mêlée de motifs bibliques et profanes qui ornait à Rome le mausolée de sainte Constance, fille de Constantin, élevé en 354, on conclura qu'à l'origine les sujets profanes tenaient une très grande place dans les édifices religieux, tandis que les scènes sacrées étaient réservées aux absides : à Sainte-Constance on voit dans les deux absidioles Dieu le Père donnant à Moïse les tables de la Loi et, lui faisant face, le Christ remettant à saint Pierre la