‹ L'art chrétienChapitre 61 sur 442 · I.A QUESTION DKS [MAGES · texte numérisé non relu

I.A QUESTION DKS [MAGES

telle l'image de la Vierge Hodigitria peinte par saint Luc et envoyée de Jérusalem en 438 par l'impératrice Eudokia à Pulchérie, sœur de Théodose II. L imagination des guides aux lieux saints et la crédulité des pèlerins donnaient naissance à des cultes suspects qui choquaient les esprits éclairés et, par réaction, quelques-uns allaient jusqu'à condamner tout l'art religieux. En 300 un concile provincial tenu à Elvire (Illiberis, près de Grenade défend de peindre des images dans les églises « afin que l'objet de notre adoration ne figure pas sur les murailles' ». En 330. dans une lettre à Constantia, sœur de Constantin. Eusèbe se montre hostile aux images et raconte qu il a enlevé à une femme deux effigies qu'elle considérait comme celles du Christ et de saint Paul". Saint Augustin 390-430 , sans être hostile à l'art chrétien, est choqué de voir saint Paul représenté en même temps que saint Pierre à côté du Christ, bien qu'il ne l'ait jamais vu". Certains évêques allèrent même jusqu'à proscrire entièrement les images, par exemple Xenaïas. évêque monophysite d'Hierapolis. en Phrygie (488 et. un siècle plus tard. Serenus. évéque de Marseille 1 599 '. Xenaïas était hérétique et la tentative de Serenus fut désavouée par le pape saint Grégoire le Grand. Tous ces faits montrent cependant qu un courant d'opinion hostile à l'art religieux se forma dans 1 Eglise : il devait aboutir à la querelle iconoclaste du vme siècle.

La transformation de l'art religieux ne s est opérée qu'avec lenteur, et il s'en faut de beaucoup que les fidèles aient renoncé à des habitudes déjà consacrées par une tradition séculaire. L'ancien symbolisme des catacombes s'est conservé en grande partie dans l'art funéraire et même dans l'ornementation des édifices religieux. Des motifs purement païens se mêlent encore aux représentations chrétiennes. Sur un sarcophage d'Arles, les Dioscures, symbole païen de l'apothéose et de la résurrection, figurent en même temps que la Multiplication des Pains'. Un vase liturgique en plomb trouvé à Carthage est orné de reliefs qui représentent le Bon Pasteur, une Victoire, une divinité marine, un Silène ivre, la Fortune Tyché

musée de Latran représente une scène qui correspond exactement à la description faite par Eusèbe du groupe de Panéas : on v voit aux pieds du Christ une femme prosternée qui. d après M-' Wilpert Strena Buliciana. p. 295-301. représenterait non l'Hémorroïsse, mais la Chananéenne (Math. 15. 21-28, Marc, 7-26;. i. Mansi Concilia, XII. 264.

2. En revanche, le caractère apocryphe de l'anecdote qui figure dans les lettres de saint Epiphane a été démontré par Serruys [Séances Ac. Insc , 1904, p. 360-363 : c'est un faux dont sont responsables les théologiens iconoclastes du VIIIe siècle.

3. Saint Augustin. De Consensu Evangel.. in I, 7. 16. Pat. lat., 34. 10.

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