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LE CHRIST DONNANT LA LOI

constitue, comme nous le verrons, une innovation dans l'art religieux : la figure du Christ qu'il présente, qn elle suit ou non d'origine palestinienne, est celle qui tend a devenir désormais prédominante.

Ce qui distingue surtout les compositions de cette époque de celles des premiers siècles, c'est l'attitude nouvelle qu'elles prêtent au Seigneur. Sans doute le Christ opérant des miracles s'est conservé, surtout dans l'art funéraire, longtemps fidèle aux anciennes traditions, mais l'idée du salut n'est plus désormais le seul thème que développe l'art chrétien. La grandeur des événements qui se sont accomplis au iV siècle, la révolution soudaine qui a assuré la victoire de la doctrine naguère proscrite et persécutée ont frappé les esprits et il n'est pas étonnant que l'art nouveau reflète les sentiments de joie profonde qu'ont dû éprouver les vainqueurs. C'est avec l'aide du Christ qu'ils ont résisté aux dernières convulsions du paganisme expirant et c'est le triomphe du Christ que l'art cherche désormais à glorifier. De nouvelles ligures du Christ naissent donc à cette époque. C'est d'abord le Christ vainqueur du mal. "Une peinture du Ve siècle, à la catacombe de Karmouz près d'Alexandrie, montre Jésus, le livre de la Loi à la main et foulant aux pieds un lion et un dragon, avec l'inscription : « Tu marcheras sur l'aspic et le basilic » Ps. 1)0. 13) l. Cette figure pourrait bien être une variante de la défaite du paganisme représentée, nous lavons vu, d'une manière symbolique sur les monnaies de Constantin, et on peut se demander si la statue du Christ qu'il avait fait élever à la façade du Palais Impérial et si celle d'argent qu'il offrit au baptistère du Latran n'étaient pas conformes à ce modèle.

C'est un fait intéressant à signaler que la statuaire chrétienne, dont nous possédons peu de monuments, s'est développée d'abord sur les places publiques avant de pénétrer dans les églises. D'après Eusèbe, Constantin avait orné les forums de Constantinople de statues du Bon Pasteur et de groupes de a Daniel entre les lions" ». Une statue colossale de porphyre, malheureusement décapitée, découverte à Alexandrie, est assise sur un trône gemmé : on se demande si ce n'est pas celle du Christ.

C'est dans cet esprit qu'a été créée la figure du Christ-docteur. Le cérémonial du Palais Sacré a certainement inspiré l'artiste qui a conçu la composition grandiose de l'abside de Sainte-Pudentienne à Rome uvc siècle) (fig. 25). Sur le fond de la Jérusalem céleste, que surmonte la croix gemmée de Constantin, et dont les édifices reproduisent ceux de la Jérusalem du rve siècle, le Christ majestueux à longue

1 Dict Archéôl. chrét., I. 1137, fig. 280 . Cf. une lampe africaine sur laquelle le Christ accosté de deux anges et la croix à la main piétine les animaux Gauckler. Jiull Arrh. Coin. Tr- hist., 1897, 453; — une lampe carthaginoise où le chandelier à sept branches et le serpent sont sous les pieds de Jésus. Rev. Archéolog., 1889 (Il pi. VIII; — un ivoire d'Oxford. Annales Archéologiques, 1800. XX, p. 118; — une lampe <1 Akniin l'anopulis et un ivoiredu Vatican. Diclionn. Archéol- chrét., II. 511-513, fig. 1390, 1392.

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