TYPE ORIENTAL DE LA CRUCIFIXION
sont mis et le fond de la scène est Formé par un mur1, ('.os deux monuments constituent une tentative remarquable pour donner une représentation réaliste de la scène historique du Calvaire.
A ce type de crucifixion, qui conserve encore tous les caractères de l'art hellénistique, s oppose la conception orientale, hostile à la reproduction du nu. Elle est représentée par le pallium du vr siècle découvert à Akmin-Panopolis, sur lequel se déroule toute la vie du Christ. La croix se dresse sur une montagne. Jésus, la tête encadrée du nimbe, est vêtu d'une longue tunique et d'un pallium d'étoffe rayée ; ses pieds non cloués reposent sur une planchette. A droite et à gauche on aperçoit le soleil et la lune, dans lesquels on a vu parfois l'image des deux natures du Rédempteur et aussi le rappel des ténèbres qui couvrirent la terre au moment de la mort de Jésus \ De même sur un plat d'argent de style persan, découvert clans le gouvernement de Perm et couvert d'inscriptions syriaques qui permettent de le dater du vf siècle, le Christ et les deux larrons sont vêtus de robes qui leur tombent jusqu'aux pieds. Au pied de la croix, des soldats accroupis tirent au sort la robe sans couture. A gauche, le centurion perce de sa lance le liane du Seigneur ; à di'oite. un autre personnage lui présente l'éponge enduite de vinaigre'. La célèbre miniature de l'Evangile de Rabula, composé à Zagba Mésopotamie) en Ô8(). reproduit la même scène avec un développement pittoresque : des montagnes abruptes forment le fond du tableau. Ici le Christ seul porte le long « colobium » de pourpre : les deux larrons ont seulement un voile autour des reins. Quatre clous fixent les pieds et les mains du Sauveur. Le nom du centurion. Longin, est emprunté au récit apocryphe des Actes de Pilate. Les trois soldats accroupis jouent aux dés. tandis qu'à droite trois saintes femmes, à gauche la Vierge et saint Jean, laissent éclater leur douleur'. Sur la coupe de Perm comme sur la miniature mésopotamienne la scène de la Résurrection est associée à celle de la Crucifixion. On peut rattacher à la même série plusieurs reliquaires en forme de croix ou « encolpia ». sur lesquels le Christ porte le même long vêtement caractéristique de l'iconographie orientale1.
On voit par ces exemples que le docétisme. dont l'art de cette époque est imprégné, n'a pas entièrement perdu ses droits. Le Christ est représenté vivant sur la croix et il en sera ainsi jusqu'au xin1- siècle ; le corps du supplicié est revêtu de la robe royale de pourpre et ses pieds reposent presque toujours sur une planchette ou « suppedaneum ». La seconde série de ces monuments est franchement d'origine orientale, mais il est probable en outre que c'est en Palestine, aux lieux