Saint Paulin. Epist., XXXII. Pat. lut.. LXI
5 Sarcophages. Garrucci. 319. 333. 360. 372. 402. Le Blant. Sarcophage d'Arles, pi Vl î.eproduct. des miniatures delà Bible de Cotton (ve siècle) : Dieu plaçant les chérubins à l'entrée du Paradis. Mcm. Soc. Antiq. de France. 1892, p. 168.
si LA SAINTE VIERGE
l'art des âges suivants, une intention théologique d'exprimer 1 égalité complète du Père et du Fils.
La figure de la Vierge, déjà connue de l'art chrétien, devait aussi, à partir du \ siècle, refléter les luttes dogmatiques dont elle fut l'objet. Après le concile d Ephèse qui proclama solennellement Marie mère de Dieu (Theotokos), son culte prit un développement extraordinaire : des églises lui furent dédiées dans toute la chrétienté et la liturgie commença à lui réserver spécialement plusieurs fêtes, l'Annonciation, la Présentation, la Visitation, la Nativité, et au vi" siècle la Dormition '. Pour la glorifier, les homélistes accumulèrent les épithètes les plus magnifiques. Sur les monuments chrétiens des premiers siècles, elle n'était désignée que sous le nom de « sainte Marie », comme à la catacombe d'Alexandrie. Elle est désormais" la mère de Dieu, la Vierge mère, la source de lumière, le vase incorruptible, le temple où Dieu s'est abrité » -. C'est au v' siècle que l'expression de « Notre- Dame » pour la désigner apparaît en Syrie et une inscription Cretoise exprime l'idée de sa royauté*. Il était inévitable que lait religieux donnât satisfaction à tus tendances : au Christ dans sa gloire s'opposa le type de la Vierge de majesté.
Déjà, nous lavons vu, avant le ive siècle la Vierge est assise sur un trône avec l'Enfant Jésus sur ses genoux dans la scène de l'Adoration des Mages. Les monuments du ive et du v siècles reproduisirent à l'envi cette composition, dont l'ambon de Salonique 5 et le bas-relief de Damons el Karila (Carthage, musée Lavigerie) 6 fournissent les plus beaux exemples. L'innovation consista à isoler le groupe de la Mère et de l'Enfant en le présentant de face à la vénération des fidèles; parfois des anges ou des saints formèrent comme une garde d'honneur aux deux côtés du trône. Un grand nombre de représentations de ce genre, carreaux de terre cuite, statuettes, bas-reliefs, ont été trouvés en Afrique . Au cimetière de Commodilla à Rome, dans la basilique découverte en 1904, une fresque du début du vi" siècle montre la Vierge vêtue d'une robe de pourpre, assise sur un trône impérial tout constellé de pierreries ; de ses deux mains elle tient l'Enfant Jésus assis de face sur ses genoux et portant le rouleau de la Loi ; deux saints lui présentent une donatrice ". L'idée qui se dégage de cette composition n'est pas la tendresse maternelle qui rend sigracieuse la Madone du cimetière de Priscilla. La majesté de la Mère et