ÉVANGÉLISTES, PROPHÈTES, SAINTS
ainsi sur l'arC triomphal tlo Sainte-Mario Majeure aux eûtes du trône vide de l'Apocalypse . Des eetle époque aussi on trouve deux des portraits d'un caractère historique : à la basilique d'Aladja Lycie leurs médaillons en relief ornaient les pendentifs de la coupole, Un buste en marbre blanc d'un homme aux cheveux courts et bouclés, à la barbe épaisse, aux traits énergiques, tenant à la main un livre timbré d'une croix, se trouve au musée de Gonstantinople ; d'après Str/.ygowski il représenterait saint Mare et a dû orner aussi un pendentif-.
La cour eéleste est complétée par les prophètes de l'Ancien Testament, qui. vêtus des draperies helléniques, déroulent le volumen sur lequel se lit parfois un verset emprunté à leurs prophéties", par les apôtres qui entourent le Christ de majesté ou acclament sur les sareophages la croix triomphale*, par les saints et les martyrs qui s'avançaient vers la Vierge à Sainte-Marie Majeure, tenant à la main une couronne, tandis qu à leurs pieds gisaient les instruments de leur suppliée. Cette composition ressemblait déjà à la double procession triomphale qui se déroule sur les deux nefs de Saint-Apollinaire le Neuf fig. 37 1 : d'un cé)té les vierges chrétiennes, vêtues en princesses impériales et suivant les mages à Bethléem, de l'autre la théorie des saints s'avançant vers le trône du Christ, portant des couronnes, suivant l'étiquette, sur leurs mains voilées par le pallium8 (pi. I . L'art du iv' siècle connaît aussi les figures isolées de saints et rien ne témoigne mieux des progrès de leur culte que la multiplication de ces effigies assises parfois sur des trônes à la manière des Christs de majesté : telle la belle statue de saint Hippolyte au musée de Latran. telle la statue classique de l'apôtre qui orne la basilique Saint-Pierre et qui sont inspirées certainement d'oeuvres antiques6.
En outre le développement du culte des reliques eut pour conséquence la construction d'innombrables « martyria » « ou mémorise », édifices d'un caractère funéraire, rotondes, octogones, plans cruciformes, dans lesquels étaient conservés les sarcophages ou les chasses qui contenaient les corps des saints. La rotonde de Saint-Georges de Salonique, d'abord monument païen, a conservé un décor remarquable consacré à l'iconographie des saints et qui est bien dans 1 esprit de l'art triomphal. A la base de la coupole un bandeau de mosaïque sur fond d'or représente des figures de saints dans l'attitude des orants qui se détachent sur des
1 Grisar. Histoire de Rome, I. 383.