‹ L'art chrétien primitifChapitre 12 sur 80 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Arts industriels. L'orfèvrerie. Les verres gravés, taillés et peints. Verres à fond d'or. La céramique; les lampes de terre-cuite. Bronzes. Les ivoires, diptyques usuels, consulaires, Liturgiques. Coffrets. Le coffret de Brescia. Pierres gravées. Miniatures. Conclusion.

On nous permettra de rattacher aux chapitres précédents l'étude sommaire des œuvres d'art industriel qui, pour la plupart, contribuaient à l'ornement des basiliques ou faisaient partie du mobilier religieux : les parures et objets d'autel, les vases et les lampes, les ivoires et les bois sculptés, les livres embellis de miniatures. Nous achèverons ainsi de faire connaître en abrégé l'évolution de l'art chrétien en Occident.

Orfèvrerie. Les métaux précieux et les pierreries étaient surtout employés pour rendre l'autel somptueux. Une petite église pouvait se contenter d'un cube de marbre ou d'une table posée sur colonnettes ; là, il pouvait suffire de quelques reliefs sculptés à même la pierre, ainsi que nous le voyons sur l'autel d'Auriol, du Musée Bourély de Marseille, avec son monogramme et sa rangée de colombes, emblèmes des apôtres (Cabrol, Dictionn., I, fig. 1120) ; mais dans les basiliques des grandes villes, à Rome surtout, la piété des papes, des fidèles

et le faste impérial avaient fait de magnifiques prodigalités. Le Liher pontificalis abonde en inventaires d'objets sacrés, dont le nombre et la richesse nous étonnent. Constantin avait fait don à la basilique du Latran, pour son autel majeur, d'un baldaquin, aux proportions colossales, d'argent et d'or. « Le faîte, en argent battu, a sur le devant l'image du Sauveur, assis sur une chaire, mesurant cinq pieds et pesant cent vingt livres; autour, les douze apôtres, mesurant chacun cinq pieds et pesant nouante livres, avec des couronnes d'argent très pur; sur l'arrière, du côté qui regarde l'abside, l'image du Sauveur assis sur un trône, mesurant cinq pieds et pesant cent quarante livres, et quatre anges en argent... ayant des gemmes dans les yeux, tenant des hastes i.... » Le baptistère du Latran avait une piscine en porphyre, revêtue d'argent. Sur son rebord était un agneau d'or par la bouche duquel s'échappait un jet d'eau. Ces merveilles luxueuses étaient peut-être dépassées encore par celles du tombeau de saint Pierre, au Vatican; l'autel y était tout en argent, incrusté d'or et de gemmes. A la fin du v® siècle, le pape Hilaire, successeur immédiat de Léon le Grand, ne fut pas moins généreux pour l'oratoire de la Croix : le haut de la confession était décoré d'un Agnus Dei d'or, debout sous un arceau d'or pur soutenu par des colonnettes d'onyx, tandis que devant la confession pendait une croix d'or de vingt Hvres pesant, couverte de'pierres précieuses. Et l'or et l'argent encore, en un nombre imposant de hvres, avaient été employés pour les portes de la confession et le lampadaire. Le comble de la somptuosité fut probablement atteint par Justinien, dans l'autel qu'il fit exécuter pour Sainte-Sophie de Constantinople.

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