I. Leclercq, Dictionnaire (Cabrol), article Brescia
blable aux hommes, privé des attributs de la divinité, même du nimbe, mais divinisé par la pureté, la noblesse. Il apparaît fraternel, sachant aimer et souffrir. Devant le reniement de saint Pierre, il rêve avec tristesse à l'esprit chancelant des hommes. En toute innocence, le cœur ouvert, il s'offre au jugement prévenu de Caïphe. Sur Pilate, se lavant les mains, il fait monter un regard plein de candides reproches. Et c'est le même de qui émane une bonté infinie quand il guérit les malades, ressuscite les morts; le même qui rayonne d'une indomptable énergie quand il proclame la Loi nouvelle au milieu des Docteurs. Son âme haute domine toutes les détresses, toutes les colères, toutes les pitiés. Il est la cause de l'amour et de la haine, du doute, de l'orgueil, du dévouement, le centre de tout le drame humain dont l'artiste a su rendre parfaitement l'intérêt pathétique. L'art chrétien, dans sa fleur du iv® siècle, est pénétré d'émotion. Et si, comme dans la Upsanothèque de Brescia, les épisodes historiques sont encadrés d'allégories et de symboles, si le drame terrestre de la vie du Christ s'accompagne des promesses de la vie future,, il faut noter cela encore et le saluer comme une des plus belles harmonies d'art et de morale que nous devions à l'art chrétien.
Il est une infinité d'autres coffrets d'ivoire ; mais ils sont de date postérieure et la plupart ressortissent à l'art oriental ^.
Pierres gravées. Médailles. — Nous n'avons fait nulle place, dans les pages qui précèdent, aux pierres gravées, parce que cet art, à qui la Grèce et Rome durent des merveilles, ne
I. Nous considérons aussi comme un travail d'Orient la porte de Sainte- Sabine.
donna au christianisme que des objets sans beauté. Leur importance n'en est que relativement amoindrie, — on l'a bien vu par l'usage que nous en avons fait pour l'interprétation des fresques cimétériales, — mais leur ensemble, au point de vue esthétique, n'est que le témoignage, multiplié à des milliers d'exemplaires, de la décadence progressive des métiers et la manifestation du goût luxueux, mais peu déhcat, des classes opulentes après le m® siècle. On en pourrait dire autant des monnaies et médailles. Le fameux médaillon en bronze de la Bibliothèque vaticane, représentant, selon des types fixés très tôt et que la tradition observa toujours, les têtes de saint Paul et de saint Pierre (fig. 33), semble bien remonter au ii« siècle.