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Planche XXXV'II.
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CONSTANTINOPLE ^j
férent de celui des anciens empereurs romains, qui aurait l'éclat de préférence même à la force, qui imposerait par l'ordre, mais facilement aussi par la violence, et qui surtout, étincellerait d'un tel faste, à une si merveilleuse hauteur, que les peuples en seraient éblouis. Façon suprême d'inculquer le respect, et par quoi l'obéissance dégénère vite en servilité ! Conception de la royauté tout orientale ! Les citoyens devinrent des sujets, les nobles et les magistrats des courtisans; le prince se para du titre de Majesté; sa personne et tout ce qui touchait à sa personne furent sacrés; son être eut quelque chose de divin. C'est sur ces principes que fut réglée l'étiquette de la cour. Constantin portait le diadème ; ses vêtements étaient couverts de pierreries; son trône était d'or; il n'apparaissait à la foule que rarement et comme un dieu, entouré de tout le prestige de la puissance et de la gloire.
La ville, comme le prince, adora le faste. Elle qui, au début, n'avait pas une physionomie bien tranchée avec ses vieilles maisons grecques, souvenir de Byzance, et ses nouveaux palais, ne tarda pas à afficher son opulence. Les maisons de luxe s'y multiplièrent ainsi que les grandes constructions d'intérêt public; nulle cité au monde n'eut des églises plus imposantes et plus richement décorées. Grâce aux patriciens riches y faisant résidence, aux dignitaires de la cour, à l'Empereur qui la voulait somptueuse, elle devint très tôt la métropole des arts en Orient.
Constantin y avait accumulé les chefs-d'œuvre de la statuaire grecque; les maîtres en tous métiers en firent leur séjour préféré; de telle sorte qu'elle éclipsa bientôt les villes hellénistiques, Éphèse, Séleucie, Antioche.dont elle n'avait fait tout d'abord que refléter l'éclat. Avec une rapidité qui
tient du prodige, elle s'assimila le double génie de rhellénisme et de la culture orientale et il en sortit un art vraiment neuf, le byzantin, c'est-à-dire un composé aristocratique de pompe et de majesté, de solennité et de raideur, de beauté réglée par la symétrie et de grandeur caractérisée par la richesse, le produit d'une ingéniosité sans seconde au service de l'idéal un peu artificiel que la cour avait mis à la mode.
Si Constantinople dut sa fortune artistique aux leçons combinées de l'Asie et de la Grèce, elle ne fut pas non plus sans exercer une notable influence sur les régions dont elle était devenue la capitale. Elle concentrait de la lumière; elle en renvoyait aussi. A peine née. elle s'associait au puissant travail d'où sortirent les œuvres achevées du règne de Justinien, contribuant ainsi à sa propre gloire. Nous en tiendrons compte dans l'étude des anciens monuments religieux d'Orient.
Architecture religieuse de Constantin a Justinien. Jusqu'à Constantin et même sous son règne, notons-le, il n'y avait pas entre les édifices romains et ceux d'Orient des différences aussi considérables qu'on pourrait le supposer. D'une part, Rome devait la plupart de ses formes d'architecture à la Grèce hellénistique; elle avait puisé, encore qu'étrangère, à la même source qu'Éphèse ou Antioche. II n'y aura donc rien d'étonnant si nous trouvons, au iv^ siècle, les mêmes édifices ayant des formes semblables à Rome, à Éphèse et à Antioche. Ces formes, dans l'un et l'autre cas, procèdent de modèles hellénistiques.
D'autre part, l'Orient, ainsi que nous l'avons dit, avait propagé au loin ses modèles. En 300, le palais de Spalato,
ARCHITECTURE RELIGIEUSE
avait été construit pour Dioclétien sur des plans orientaux : l'enceinte était semblable à celle des palais ninivites; une coupole décorée de mosaïques sur un vestibule d'honneur attestait aussi de quel pays l'Empereur avait fait venir ses architectes. Ainsi l'Italie, de même que l'Asie antérieure, avait à compter, dès le commencement du IV® siècle, avec l'influence orientale. On comprend mieux, après ces observations, les conflits d'habitudes, les pénétrations réciproques d'influences, les accommodements de styles dont la partie orientale de l'empire devait être le théâtre à partir de Constantin. Toutes les traditions architectoniques du monde civilisé s'y rencontraient.
Et d'abord, Constantin et sa mère, Hélène, firent élever en Palestine des sanctuaires aux formes déjà consacrées, des basiliques et des rotondes : ce fut l'église du Saint-Sépulcre et le Martyrium construit sur le Golgotha — édifices détruits par le khalife Hakem en 1009, l'église, encore debout, de la Nativité, à Bethléem (fig. 35). De ces églises, la première était de plan circulaire, les deux autres de plan basilical. Elles différaient peu des monuments chrétiens élevés à Rome dans [c même temps. L'éghse de la Nativité, par exemple, a un atrium et cinq nefs dont celle du centre, la plus longue, se termine par une abside. Des absides également sont à noter aux extré-