‹ L'art chrétien primitifChapitre 31 sur 80 · FIG. 35. — PLAN DE LA BASILIQUE DE LA NATIVITÉ, A BETHLÉEM · texte numérisé non relu

FIG. 35. — PLAN DE LA BASILIQUE DE LA NATIVITÉ, A BETHLÉEM

('D'après Leclercc].)

8o ORIGINES DE L'ART BYZANTIN

mités du transept, seul détail par quoi cette basilique se distingue des ordinaires églises de Rome.

Dans leur nouvelle capitale, Constantin et Constance firent édifier les basiliques de Sainte-Irène, Sainte-Sophie, refaites par Justinien, et un sanctuaire en forme de croix, dont l'influence fut grande en Asie-Mineure : les Saint s- Apôtres. La basilique des Blachernes était due à l'impératrice Pulchérie (414-453). Saint- Jean Stoudite, l'actuelle mosquée de Mir- Akhor, date de 463. Et c'est également au v^ siècle, qu'il faut faire remonter, à Salonique, la rotonde de Saint-Georges et la basilique (pi. XXXV, i) de Saint-Démétrius (Eski- Djouma).

Que les rotondes soient nombreuses en Orient, tout ce que nous avons dit plus haut l'explique. Mais on pourra se demander comment les basiliques y apparurent et si leur présence n'indique pas un emprunt direct à l'architecture romaine.

Il n'en est rien : la basilique s'organisa en Orient au moins aussi tôt qu'à Rome. Et quelque théorie qu'on adopte au point de vue de son origine, qu'elle procède de la basilique privée ou de la maison avec son atrium et son péristyle, il n'en reste pas moins acquis que, de part et d'autre, elle avait été engendrée par les mêmes formes de l'architecture hellénistique 1. Basiliques et rotondes, dit M. Millet ^ « apparaissent en même temps à Rome et en Orient. Comme Rome en offre les exemples les plus nombreux et les plus connus, on est porté à lui en attribuer la création, mais elles ne sont

1. La question de savoir si le terme de basilique, dans le sens de « halles royales » existait à l'époque hellénistique a été posée à nouveau par G. Leroux, Bull. Corr. helL, 1909, p. 238.

2. G. Millet, ^y^ byzantin,da.ns A. Michel, Histoire de l'Art, I, i, p. 139.

ARCHITECTURE RELIGIEUSE

pas proprement romaines. Au temps de Constantin, elles étaient déjà familières à l'Orient, et M. Strzygowski a pu reconnaître en elles une dernière floraison de l'art hellénistique. En tout cas, elles restèrent pendant deux siècles communes aux deux empires. »

« L'Orient hellénistique, constate encore le même auteur, remplaça peut-être plus vite que Rome la plate-bande par des arcades au-dessus des colonnes; il eut une préférence marquée pour les galeries ménagées sur les bas-côtés; dans l'organisation du transept, fit preuve d'une imagination plus libre. » Mais ce ne sont pas là des caractères essentiels, suffisants pour faire deux familles distinctes des basiliques romaines et des basiliques élevées au iv® et au v® siècle dans le domaine grec de la Méditerranée orientale, de la Chalcidique à l'Egypte. Le type commun aux unes et aux autres est hellénistique, on le ^^^-i^trouve, pour ne citer que ces exemples, à ^,,^ ^^ ^^^^

■"■ ■*■ ^ Qui. DE SAGA'

Aphrodisias, Ancyre, Pergame, Sagalassos lassos. (D'ap.

(fig. 36). strzygowski.)

Les plus notables particularités de l'architecture chrétienne en Orient se rencontrent en Syrie et dans l'hinterland d'Asie-Mineure.

La Syrie était une région sensible à toutes les influences et dont les édifices procédèrent successivement de modèles divers. Nous avons cité le temple de Baalbek, dû à l'art hellénistique autant qu'à l'Orient. Sous la domination impériale, les plans romains furent généralement adoptes. Plus tard, à l'époque du Bas-Empire, ce fut rAsie-Mineure qui inspira l'architecture syrienne. De cette évolution un peu

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