‹ L'art chrétien primitifChapitre 32 sur 80 · PLAN DE LA BASELI · texte numérisé non relu

PLAN DE LA BASELI

indécise résulta cependant au v^, et surtout au vi© siècle, une brillante éclosion d'édifices chrétiens. Ce sont principalement des basiliques : Tafkha (ive-ye siècle) , Baqouza, Tourmanin, Qualb-Louzeh (pi. XXXVI), qui ont un plan harmonieux, vme structure robuste et desquelles on a pu affirmer, non sans raison, qu'elles avaient fourni des idées aux constructeurs occidentaux de l'époque romane.

La plus remarquable de ces basihques est celle de Tourmanin (vi® siècle) . Sa façade est caractérisée par un narthex en forme de coffre, percé d'une large porte au cintre surbaissé, et par deux tours carrées cantonnant le narthex. Au-dessus de ce dernier, on remarquera la colonnade — si hellénique d'aspect — et le fronton éclairé de baies. Les architectes syriens, on le voit à ces particularités, avaient été à l'école de la Grèce et de Rome; mais le système des portes et fenêtres était bien oriental. Plus intéressante encore est l'abside des basihques syriennes avec ses modillons rhomboïdaux et ses colonnettes engagées enserrant l'hémicycle. Ne croirait-on pas voir le chevet d'une église du xii« siècle, dans la Bourgogne ou l'Auvergne? A l'intérieur ni tribunes, ni transepts; point de voûtes, mais des plafonds parfois faits de dalles. On peut l'affirmer, si les maçons syriens firent beaucoup d'emprunts aux modèles étrangers, ils furent néanmoins originaux, grâce à leur habileté professionnelle, à l'intelligence qu'ils avaient de la construction en pierre. La basilique occidentale était d'une beauté médiocre, géométrique; elle était le produit du hasard plutôt que le résultat d'un travail ingénieux. La basilique syrienne, au contraire, témoigne d'un admirable effort vers la clarté et la force; effort point toujours heureux, d'ailleurs. Elle est un peu lourde en sa solidité; ses proportions sont belles et se font

ARCHITECTURE RELIGIEUSE

valoir par le contraste des lignes, l'opposition des masses; mais sa structure a quelque chose de heurté. Il manque des transitions entre ses diverses parties, de telle façon que, sur un plan harmonieux, s'élève un édifice privé d'unité. C'est le défaut presque fatal des monuments auxquels des génies trop nombreux et trop différents ont collaboré.

Quelle énergie pourtant et surtout quelle physionomie originale dans cet édifice ! Il l'emporte par là sur les basiliques de Rome et d'Occident.

On rencontre aussi en Syrie des églises circulaires (Bosra), octogonales (Wiranscher, Saint-Georges d'Ezra), des

églises en forme de croix avec, au centre, une rotonde (Kalat-Seman). Nous retrouverons tous ces types, avec beaucoup d'autres, en Asie-Mineure.

C'est ici, en effet, que, du iv® au vi® siècle, l'architecture religieuse apparaît le plus féconde. La basilique, en particulier, s'y présente sous des formes étonnamment savantes et variées. Le type hellénistique, que nous avons décrit, avait bien pu se propager des côtes vers l'intérieur, mais là, en général, il s'était profondément modifié. En Cilicie, Lycaonie, Isaurie (pi. XXXVIII et XXXIX). la basilique est couverte de voûtes en pierre soutenues par des arcs doubleaux. Là est l'importante différence : d'un côté, les nefs aux plafonds en charpente; de l'autre, les nefs

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