I. Leclercq, Manuel, II, p
ARCHITECTURE RELIGIEUSE
Malgré tant de difficultés, que les recherches actuelles n'ont pu surmonter encore, on voit l'admirable activité dont l'Orient chrétien faisait preuve, en comparaison de Rome, trop vite satisfaite de ses premières créations. Ici, quand il fallut voûter un édifice circulaire, les architectes ne surent généralement que poser une chape monolithe sur un mur circulaire, comme au Panthéon ; la basihque resta toujours ce qu'elle avait été sous le règne de Constantin : en sorte que l'unité ne fut obtenue que par une fidélité paresseuse au modèle le plus
ancien. Là, au contraire, la tradition n'était autre chose que la compagne du progrès, son soutien et son guide. Elle n'imposait pas de loi tyrannique; il suffisait qu'on ne créât rien qui fût contradictoire avec elle. Et par là se forma une architecture extrêmement variée à qui ne manquait pas cependant l'unité, nous voulons dire l'unité de qualité supérieure, celle qui embrasse toutes les espèces dans un genre harmonieux. Toutes les régions luttaient d'ardeur pour édifier quelque chose de robuste et de beau. Chacune
FIG. 41. OCTOGONE, d'aPRÈS LA DKSCKII