DÉCORATION MONUMENTALE
de l'évolution du goût et des procédés de métier, voilà ce que nous trouvons dans la sculpture monumentale en Orient.
Dans une frise sculptée, aujourd'hui encastrée dans la façade de l'église du Saint-Sépulcre et que M. Strzygowski attribue à l'ancien édifice constantinien, le décor est nettement différent par le choix des motifs et par la technique des ornements romains de la même époque ^ Autant ceux-ci sont froidement réguliers, académiques, autant ceux-là ont de variété et de fantaisie spontanée. Ils sont d'origine hellénistique, dit M. Strzygowski, comme le Christ de Psamatia et les fresques de Palmyre; et tout ce qu'ils comportent d'étranger à la Grèce, dans l'invention ou l'exécution des ornements, est dû à l'influence propre du pays où l'édifice a été construit. Ainsi, au iv*^ siècle, l'ornement sculpté participait à la fois des traditions hellénistiques et des habitudes orientales. Un siècle après et, à plus forte raison, sous Justinien, celles-ci l'emportaient décidément : les modèles ornementaux de Syrie, de Perse, d'Egypte envahissaient la décoration sculptée.
Si l'on se souvenait des canons antiques, on ne craignait nullement de les modifier selon le goût nouveau. C'était procédé assez courant d'intervertir l'ordre des motifs traditionnels, de leur donner des proportions différentes. On s'attacha par-dessus tout à transformer leur caractère, soit par des applications nouvelles, soit que, par le moyen du ciseau, on les interprétât autrement. L'étude de la feuille d'acanthe est particulièrement instructive à cet égard.
On ne reconnaîtrait pas, dans les feuillages des chapiteaux corinthiens que nous reproduisons (pi. XLL 3).