I. Strzygowski, Orient oder Rom, pi. IX
io8 ARTS DÉCORATIFS EN ORIENT
Tacanthe molle des Romains et ses touffes abondantes : elle est devenue un alignement de feuilles droites, s' étalant sur le plat et dont les bords, profondément dentelés, font penser à une sorte de garniture métallique. Ailleurs (Spalato, Salonique, Saint-Nicolas de M5n:a, Saint- Jean Stoudite Athos), l'acanthe molle est appliquée comme un rinceau de plus en plus dépouillé de feuilles et qui s'enroule autour de fleurons, de fruits, de têtes d'animaux, de motifs géométriques (pi. XLI, I, 2 et 3). Le rinceau alla jusqu'à se combiner ou même se confondre avec un simple entrelac. Enfin, à l'acanthe molle s'ajouta, au v" siècle, l'acanthe épineuse, employée pour la décoration des chapiteaux et caractérisée par des feuilles épaisses, gonflées de sève et qu'on dirait contournées par le vent (Millet, fig. 92).
Invinciblement, l'art byzantin, s'il conserve les motifs, déforme le style. Il répugne à l'unité des formes comme à celle de l'ornementation. Dans les chapiteaux, il eut toujours une certaine prédilection pour le composite corinthien avec sa corbeille garnie d'acanthe, mais on trouve, à côté, la corbeille sans volute, le dé rhomboïdal (pi. LXII, 4) et certain modèle hybride qui a forme de dé et rappelle cependant par les ondulations latérales le tailloir corinthien (pi. XLI, 3). C'est en Orient que, au v^ siècle, on imagina d'insérer une imposte cubique entre le chapiteau et la retombée des arcs. Cette forme insolite, encore employée à Ravenne sous Justinien (pi. LX), fut généralement répudiée au vi- siècle, mais ce fut pour lui substituer une autre forme, également nouvelle, le chapiteau-imposte, qui, carré au sommet, s'infléchit en circonférence à la base (Sainte-Sophie, pi. XL).
Il n'est donc pas de règle générale applicable soit aux proportions architectoniques, soit à la structure des formes
Planche XLH.
T'Ya^nu'iils de r.iml)<)ii .lr Sal()iii.|iu'. au Muicc de Ichiuli- Kiosk.