‹ L'art chrétien primitifChapitre 45 sur 80 · SCULPTURE III · texte numérisé non relu

SCULPTURE III

sont-ils des œuvres d'Egypte, comme le veut M. Strzygowski, non des œuvres romaines? Il est vrai que les figures de cavaliers du premier rappellent telles figures semblables qu'on trouve sur des œuvres d'Egypte \ mais on a fait remarquer qu'ils ressemblent encore plus aux cavaliers décorant la base de la colonne Antonine; le second a les mêmes rinceaux que certains sarcophages d'Alexandrie, mais cela peut s'expliquer par des rapports d'influence aussi bien que par une attestation d'origine. Réservons donc notre jugement. Le certain est qu'au iv® siècle existait toujours, en Orient comme en Occident, un vif sentiment de la beauté plastique. Ce sentiment alla s'évanouissant peu à peu.

Cependant, on peut citer encore, pour le vi^ siècle, les figures d'apôtres en bois et en pierre, découvertes par M. Clédat au monastère de Baouit, dans la Haute-Egypte ".

Plus près de l'Occident, à Salonique, un ambon du V® siècle était paré de niches dans lesquelles on voyait les Rois Mages et la Vierge portant l'Enfant. Deux fragments en restent, conservés au Musée de Tchinli-Kiosk, à Constantinople (pi. XLII). La Vierge a déjà une pose hiératique; les Mages sont d'une exécution bien médiocre, tandis que la décoration de la corniche est ciselée avec abondance et facilité. Qu'est-ce à dire, sinon que la sculpture vraiment plastique tend à sa fin? L'étude des œuvres de Ravenno le montrera bientôt avec une nouvelle évidence.

Ainsi donc, c'est dans le bas-relief narratif et pittoresque que la sculpture d'Orient a donné sa fleur. On n'hésite plus

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