Id., Kleinasien, p
occupent une place importante. Mais ce ne sont là que motifs d'ornement dénués de sens et que l'ouvrier lui-même ne comprend plus. Les encadrements sont faits ordinairement de rosettes juxtaposées. Quoi qu'on en ait dit, cette fabrication ne semble pas s'être prolongée au delà du vie siècle (pi. XLVIII, i).
Il va de soi que les ateliers byzantins exécutaient aussi des objets à représentations chrétiennes. L'art religieux, dans la capitale de l'empire d'Orient, avait une tendance à la majesté hautaine et impersonnelle. Le meilleur exemple qu'on en puisse donner est peut-être l'ange du British Muséum porteur du sceptre et du globe (pi. XLVII, 2). Son cadre architectonique indique les styhsations de forme et de décor subies par l'architecture classique à Constantinople. Sa pose héroïque, son allure impériale appellent nécessairement une comparaison avec les mosaïques dont les artistes byzantins ornèrent les églises de Ravenne au VI siècle.
En résumé, deux influences bien distinctes ont déterminé l'évolution de l'ivoirerie orientale : l'influence hellénistique, dont le foyer se trouve à Alexandrie et qui tend à maintenir intact tout ce qui faisait la beauté distinctive de l'art grec sous le règne des Ptolémées, les belles attitudes, les nobles draperies, les types souverains et cet amour du pittoresque conventionnel par quoi l'esprit en arrivait à orner la nature ; l'influence orientale, qui se caractérise par l'ignorance du style, des conceptions spontanées, une exécution barbare, encore que vivante, de la figure humaine, une stylisation dès longtemps apprise des motifs naturels et qui tend à briser les cadres, à détruire les canons de l'antiquité classique. La première apparaît toute pure, ou peu s'en faut, dans l'ivoire
Trivulce, la pyxide de Berlin, les fragments de coffret du British Muséum ; elle est adultérée par la seconde dans des œuvres comme le trône de Ravenne ; étouffée dans d'autres, comme le diptyque de Murano. Le combat qu'elles se livrent est surtout sensible à Byzance, où le cérémonial de cour et d'église — entendez l'étroite union de l'art officiel et de l'art religieux — vint d'ailleurs contribuer à un développement particulier : dans les diptypes byzantins, on peut remarquer d'une part, les habitudes communes à Rome et à la Grèce en ce qui concerne le choix des sujets et la traduction des épisodes; d'autre part, des méthodes d'exécution et des interprétations de types libérées du souvenir antique. Plus tard, après un tassement d'idées et de conceptions qui dura plusieurs siècles, alors que les métiers avaient eu le temps de déchoir et de récupérer leur ancien honneur, la dynastie macédonienne ayant succédé aux empereurs iconoclastes, naquit le style byzantin définitif, non plus restreint celuilà aux ateliers de la cité impériale, mais qui s'imposa à tout l'Orient, celui que la renaissance du x siècle fit éclore avec une vigueur merveilleuse et dont la beauté toujours imbue des anciens souvenirs de la Grèce, du long travail d'élaboration accompH sous les premiers empereurs chrétiens, s'affirme dans des chefs-d'œuvre comme l'ivoire Harbaville d'Amiens (pi, XLVIII, 2) et le diptyque de Romanos et d'Eudoxie.
Planche XLVIII,