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CHAPITRE XV

LES ARTS DÉCORATIFS EN ORIENT (suite)

Peintures et mosaïques d'Orient. Les fresques d'El-Bagaouat. Mosaïques de Saint-Georges à Salonique. Fresques de Baouit (vi^ siècle). Les miniatures. U Iliade de la Bibliothèque ambrosienne et le Virgile du Vatican. Le Calendrier de 354. Le Dioscoride de Vienne. La Topographie de Cosmas Indicopleustès. La Genèse de Vienne. La Bible de Cotton. Le Rouleau de Josué. Octateuques. Psautiers. Évangéliaires. Évangéliaire de Rossano. Évangéliaire de Rabula. Tissus. Orfèvrerie et émaillerie.

Fresques. Mosaïques. — De même que les ivoires, les fresques et mosaïques chrétiennes de l'Orient sont pleines, au début, de la fantaisie des décorations murales et des tableaux exécutés en Egypte sous le règne des Ptolémées.

Mieux qu'à Rome, où un besoin d'ordre et de symétrie régit très tôt tout l'art décoratif, en Orient se conserva l'esprit de fidélité aux compositions un peu décousues, mais si riches de vie et d'imagination, auxquelles le nom d'Alexandrie reste attaché. Comparativement aux peintures des catacombes romaines, la fresque du cimetière de Karmouz se distingue par la variété de l'invention, la souplesse du dessin. A une époque plus récente, vers la fin du iv« siècle, la décoration d'une coupole de chapelle à Kl-Bagaouat. dans la grande oasis, atteste encore un attachement invincible au style pittoresque et conventionnel. Point d'encadrements réguliers, de bordures géométriques : les scènes bibliques qui

constituent l'objet de toutes ces représentations se juxtaposent sur le fond blanc, au gré d'un libre esprit décoratif. Du sommet de la coupole, où l'on peignit un vase en forme de tour, tombent, comme une longue chevelure, des ceps chargés de grappes que becquètent des volées d'oiseaux i. C'était là le charme perpétué d'Alexandrie.

Cependant, dès cette époque, l'architecture exerçait sur la décoration une influence régulatrice. Une autre coupole d'El-Bagaouat montre des rinceaux et des branches de laurier déployés en cercles autour desquels des personnifications alexandrines, la Prière, la Justice, se mêlent aux scènes bibliques. Les arcades et les nefs n'étaient ornées que d'ornements végétaux et de motifs géométriques. « Ainsi, dit M. Millet, on voit en un même lieu la décoration libre et souple, inspirée par la tradition hellénistique, céder la place aux zones concentriques, aux processions sévères et monotones, aux figures de grandeur naturelle ou de proportions colossales, alignées sur un seul plan, sans fond ni accessoires, en un mot au style monumental. »

Cercles concentriques sur les parois des coupoles, frises et panneaux rectangulaires le long des nefs, tout cela provenait des lois de rythme et de symétrie imposées par l'édifice à la décoration. Mais bien d'autres causes contribuèrent encore à la transformation du style pittoresque, à partir du milieu du iv^ siècle. La peinture d'histoire remplaça généralement les compositions symboliques, et par peinture d'histoire il ne faut pas entendre seulement les scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament, mais encore les images des martyrs et de leurs suppHces, les portraits des empereurs et la représen-

I. 'Lbci.ercq, Dictionnaire (Cabrol), II, i, article Bagaouat.

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