‹ L'art chrétien primitifChapitre 54 sur 80 · I. Voir Millet, p · texte numérisé non relu

I. Voir Millet, p

sée tourne en dérision ces « murs peints ambulants » que sont les manteaux des matrones. « Je vous conjure, s'écrie-t-il, de porter Jésus-Christ et sa doctrine dans votre cœur, et non de le peindre sur vos vêtements. »

Des tissus ont été retrouvés en grand nombre dans les tombeaux de la Haute-Egypte (Akhmin-Panopolis, Antinoé) ; ils sont généralement de toile aux ornements de laine. Les scènes évangéliques n'y apparaissent que rarement, ce qui s'explique, puisque nous n'avons là que des vêtements funéraires. Il n'en est guère qui puissent remonter plus haut que le miheu du iv® siècle. A partir du vi^, le caractère classique des ornements et figures se transforme. Toute représentation est styhsée dans des lignes géométriques aux angles nombreux (polygonie). Les tissus ressortissent alors à l'art copte, qui est propre à l'Egypte et marque la dernière étape de l'art chrétien primitif en ce pays.

La Perse et la Syrie (Damas) rivalisaient avec l'Egypte dans l'industrie textile et s'étaient fait une spécialité commerciale des étoffes de soie. C'est de la Perse que Byzance apprit, sous Justinien, les secrets de cette fabrication. Le ver à soie fut cultivé sur l'initiative même de l'Empereur. Des atehers de tissage furent établis à Constantinople. Ainsi la ville impériale se substitua aux cités d'Orient et popularisa, dans son intérêt, le goût des belles soies historiées. En même temps, elle faisait siens les thèmes ordinaires de la décoration des étoffes orientales.

Sur un tissu de la cathédrale de Sens, un personnage repousse des deux mains des lions dressés devant lui; sur un autre, conservé à Saint-Ambroise, de Milan (Venturi, I, fig- 352), des chasseurs au galop achèvent à coups de flèches un lion agonisant. Le tissu de Maestricht, retrouvé dans la

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