II, I
Les basiliques ravennates prirent leurs caractères définitifs sous Théodoric. A l'intérieur, les colonnes supportent les murs par le moyen d'arcades, non d'une architrave ; elles sont surhaussées de l'imposte que nous avons rencontrée à Sainte-Sophie de Constantinople et dont l'origine, avonsnous dit, doit être cherchée en Orient. A l'extérieur, on notera, comme dans le baptistère des orthodoxes, les bandeaux et les arcatures décorant la maçonnerie, et ces traits si nettement orientaux : les absides polygonales, les entrées ménagées sur les longs côtés de la basilique, les tours carrées cantonnant la façade (Saint -Apollinaire in Classe). Les tours rondes, non carrées, comme à Rome, qui s'élèvent à côté des églises ravennates et contribuent tant à leur physionomie expressive, ne remontent qu'au viii®-ix® siècle. D'une façon générale, le plan des basiliques à Ravenne était donc le même qu'à Rome (pi. LVII, 2).
C'est dans la décoration en mosaïque, une fois de plus, que Ravenne va témoigner de son éclectisme et, particulièrement, de sa prédilection pour les formes d'art orientales ou byzantines.
Du ciel d'or, c'est-à-dire de l'abside éclatante, de Saint- Apollinaire le neuf, rien ne reste, cette partie de l'église ayant été totalement transformée; mais le revêtement de la nef centrale, quoique altéré en certains endroits par les restaurations modernes, produit un effet incomparable.
Les mosaïques sont réparties en trois bandeaux superposés. Les plus anciennes, contemporaines de Théodoric, occupent le bandeau supérieur, formant un cycle de vingtsix scènes empruntées au Nouveau Testament, à la prédication et à la Passion du Christ. Elles sont séparées les unes des autres par des figures de saints. Bien que de dimensions
Planche IJX.
1. Mosaitiuc «le S.iiiil .\|>«»||iu.iiii K NiUi Ia «. lui^t 2. Mosaùim- (le Siiint Apollinaire in t'iassr. \. MosaH|ur Apollinaire le Ncut : le l'alais de Ihéotloric. (Phot. Kicci.i