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CHAPITRE XVII

L'ART PRÉROMAN

Difiusion de l'art romain. Les invasions barbares. Ornementation germanique. Les bijoux francs. L'émaillerie gallo-romaine. Aperçu de l'art barbare à l'époque carolingienne. Les Lombards. Les Anglo-Saxons. Le» Irlandais. Les Francs. Conclusion.

Nous aurons donné aux chapitres précédents leur conclusion la plus logique si nous montrons quand et comment les races septentrionales s'associèrent à la vie de l'art chrétien.

Diffusion de l'Art romain. Rome avait popularisé ses procédés artistiques dans la majeure partie du monde occidental. De la Provence à la Grande-Bretagne, de l'Andalousie au Rhin, on cultivait sa langue, on pratiquait .ses mœurs; il n'était, en art, d'autre idéal que le sien. Le christianisme, dès qu'il fut prêché, prit des formes latines; et les monuments religieux qu'il fit éclore gardèrent, pensonsnous, plus longtemps que dans la métropole elle-même, leur caractère romain, car les influences grecques et orientales atteignaient plus difficilement à ces provinces lointaines; elles ne se faisaient guère sentir que sur les arts industriels, tandis qu'à Rome, nous l'avons vu, elles modifièrent. A un moment donné, toutes les décorations d'édifices.

Les basiliques gallo-romaines ne différaient en rien des

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églises construites dans la ville pontificale ; leur décoration peinte ou sculptée ne différait pas davantage de la décoration romaine. La sculpture, entre tous les arts, restait fidèle aux premières leçons que le Nord eût reçues. Les sarcophages de Provence, accumulés au musée d'Arles, s'ils se distinguent par des particularités iconographiques, par la prédilection pour certains sujets, ne constituent pas une famille spéciale en ce qui regarde la forme des cuves et la qualité des reliefs. Plus tard, sous la dynastie mérovingienne, ils se caractérisèrent en certaines régions, notamment l'Aquitaine, par le type rhomboïdal; les figures furent remplacées par des ornements végétaux; mais ces ornements eux-mêmes, dont l'acanthe était le principal élément, procédaient de modèles romains. Jusqu'à l'époque de Charlemagne, on peut dire que la Gaule est toute vouée au respect et à l'imitation des monuments de la Ville Éternelle.

Les Invasions barbares. Cependant, les Barbares avaient occupé son sol. Saxons, Francs, Alamans, Wisigoths avaient établi leurs demeures dans les provinces romanisées et, de par l'épée, ils avaient substitué leurs chefs aux préfets de l'Empire... Ne purent-ils donc modifier en rien l'art antérieur? Ne surent-ils au moins l'enrichir?

En vérité, ces Barbares, où qu'on les rencontre, en Thrace ou sur les rives du Danube, dans la Germanie ou l'Espagne, quelles qu'aient été leurs routes, du foyer natal aux royaumes conquis, ont laissé les mêmes témoignages de leurs habitudes artistiques. Ils ne savaient ni sculpter ni peindre. D'architecture chez eux, il ne peut être question, puisque leurs habitations étaient toutes primitives et leurs stationnements passagers; mais ils décoraient avec richesse les objets qu'on

Planche LXIII.

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