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LES LOMBARDS

royaumes durables, se sentissent la force de créer un art fondé sur de nobles traditions et répondant à leur génie particulier. Un court aperçu le montrera.

Les Lombards. Établis à Ravenne,où ils succédaient aux Grecs, les Lombards se montrèrent, malgré leur réputation de sauvagerie, malgré la crainte qu'ils inspiraient, aussi empressés à encourager les arts que les Ostrogoths succédant aux empereurs romains. Comme eux, ils s'humanisèrent au contact d'une civilisation supérieure; ils devinrent catholiques et contribuèrent de leur mieux à l'éclat de l'art chrétien.

Les constructions d'églises se multiplient : c'est, à la fin du VI® siècle, Sainte-Marie de Pomposa; au vu» siècle, Sainte- Marie de Torcello; au viii*^ siècle, San-Salvatore de Brescia, Santa-Maria délie Caccie, à Pavie, Saint-Pierre de Toscanella, Saint-Georges de Valpolicella, Sainte-Marie au Val, dans le Frioul; à Rome, l'activité était au moins égale. Rien d'essentiel ne vint modifier le plan des basiliques; on les décora extérieurement de ces bandes en relief et de ces arcatures que nous avons déjà rencontrées à Ra venue. Les campaniles se dressèrent à côté de l'édifice. Les façades furent souvent revêtues de marbres multicolores. A l'intérieur, les chapiteaux continuèrent de se distinguer par une variété de formes et de décoration merveilleuse. Ce cpie nous remarquerons surtout, c'est que la basilique, connue par le passé, eut la forme du tau et fut couverte de plafonds en charpente.

Les maçons lombards, sous le nom de niacstri comacini étaient célèbres en tous pays. Il ne semble pas cejX'ndant qu'ils aient formé une corporation aux origines lointaint^. ni surtout que l'architecture religieuse leur soit redevable

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de progrès décisifs. Ils auraient reconstruit au ix® siècie Saint-Ambroise de Milan, faisant usage pour la première fois de cordons de maçonnerie diagonaux destinés à soutenir, comme d'une armature, la voûte d'arêtes. C'est là un procédé de l'architecture ogivale, comme on le sait, dont les architectes lombards seraient dès lors les premiers inventeurs. La voûte lombarde apparaîtrait dès le ixe siècle, nantie du caractère essentiel des voûtes sur croisées d'ogives. Une telle théorie ne provient que d'une fausse interprétation des monuments.

Mais un titre de gloire plus sérieux pour les Lombards est celui d'avoir donné dans la sculpture décorative une interprétation nouvelle des traditions antiques. Qu'on imagine l'art italo-byzantin de Ravenne, adopté et développé par des Barbares, les motifs ordinaires traduits avec une inhabileté manifeste, mais parfois aussi transformés et enrichis avec une imagination pleine de ressources: on aura une idée générale de ce que fut la sculpture en Italie de la fin du VII® siècle aux environs de l'an 1000.

Les bas-rehefs lombards sont nombreux, surtout à Cividale (dôme, Saint-Martin, Tempietto), à Brescia (Museo cristiano. Musée Malespina), à Torcello (dôme), à Rome (Sainte - Marie in Cosmedin, Sainte -Sabine), à Ravenne (Saint- Apollinaire in Classe). (Venturi, II, fig. 100-133).

La figure humaine y est rare, ainsi qu'à l'époque précédente ; quand elle apparaît, c'est sous une forme si aiïreuse qu'elle décourage toute critique. Mais des motifs d'animaux, le paon, par exemple, ont gardé, malgré tout, une réelle beauté. Il est des stylisations heureuses de feuilles, de fleurs. L'entrelac, dont l'origine est romaine, s'organise avec une variété magnifique et elle qu'on y peut voir une création

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