CONCOURS POUR LES GRANDS PRIX
L'an dernier, en rendant compte des œuvres des élèves de l'école de Rome et, cette année même, dans notre revue du Salon, nous n'avons pas craint de dire que la France possédait un grand peintre de plus et que ce peintre — encore pensionnaire de la àlia Medici — ne tarderait pas à s'emparer de l'héritage de Delacroix. L'exposition actuelle des envois de l'Académie française de Rome nous offre une nouvelle œuvre de M. Henri Regnault, Judith et iffo/o/)/ierne, qui justifie pleinement la haute opinion que nous avions conçue de l'avenir du jeune auteur de ï'Automédon et du portrait équestre du général Prim.
Ce nouvel ouvrage n'est pas terminé, d'après ce que nous apprend une inscription placée au bas du cadre par les soins de l'administration de l'Ecole des beaux-arts. Tel qu'il est, c'est un morceau de maître, un tableau qui pourrait figurer avec honneur dans n'importe quel musée, parmi les pages des plus vaillants coloristes.
La composition se déroule sur une toile d'environ deux mètres et demi de long sur deux mètres de haut.
Le général des Assyriens, appesantipar l'ivresse, dort étendu sui sa couche, en travers du tableau. Il a le haut du corps entièrement nu, la tète renversée sur le chevet, le col gonflé et tendu, la bouche ouverte : on croit entendre le bruit de sa respiration. Sa jambe droite est recouverte d'une draperie verte; la gauche est nue, allongée sur une draperie noii'e. Les bras oont jetés nonchalamment le long du corps, le gauche appuyé sur une peau de bête fauve.
Tout, dans l'attitude de cet homme, dénote l'accablement profond où le vin et la luxure l'ont fait choir. Son visage a bien le type oriental, celui de la race arabe plutôt que celui des peuples
d'au delà de l'Euphrate. Sa chevelure noire, rasée près des tempes, est rejetée en arrière. Son bras gauche est tatoué de dessins bleuâtres, — particularité que réprouvera sans doute le purisme académique, mais qui a ce mérite, à nos yeux, d'être en harmonie avec l'étrangeté, la sauvagerie, disons le mot, de la scène biblique.
Jusqu'ici, la plupart des peintres qui ont représenté ce sujet, ont adopté des types, des costumes empruntés aux personnages de leur propre pays ou de leur temps, ou n'ont consulté que leur imagination et leur fantaisie. Ils ont ainsi dénaturé complètement le caractère et faussé la couleur du drame de Béthulie.
M. Regnault ne s'est pas borné à maître en scène de véritables Orientaux ; il s'est pénétré de la poésie biblique et s'est efforcé de l'exprimer et de la traduire sur la toile, en lui conservant toutes ses naïvetés, toutes ses réticences, toutes ses audaces et toutes ses délicatesses. Au lieu donc de nous offrir, comme presque tous ses devanciers, une Judith ayant la tournure hardie et les appas plantureux d'une courtisane, la prestance et la mine délibérée d'une virago, il a représenté la chaste veuve de Manassé debout au chevet de l'Assyrien, dans une attitude pleine de gravité; elle est rayonnante de beauté, mais cette beauté n'a rien que de chaste ; au moment de frapper l'ennemi d'Israël, que ses charmes ont subjugué, elle se recueille, elle prie, elle éprouve une sorte de crainte.
« Judith se tenait près du lit, priant avec deslarmes et remuant les lèvres en silence. Elle dit : Seigneur, Dieu d'Israël, fortifiez, moi et rendez-vous favorable à ce que ma main va faire, afin que vous releviez, selon votre promesse, votre fille de Jérusalem. »
Au point de vue de la forme et de la couleur, comme au point de vue du sentiment, la Judith, de M. Regnault, est une des figures les plus originales qu'ait créées l'art contemporain.
La tête, légèrement inclinée et de profil, est couronnée par une abondante chevelure noire qui couvre le front et les tempes, et à laquelle se mêlent les lames d'or d'une mitre. A l'oreille pend une grande boucle d'argent. Le nez est fin, délicat, un peu trop petit, cependant ; les lèvres roses s'entr 'ouvrent ; l'œil, d'un noir sombre, a une fixité étrange. Un reflet de mélancolie est répandu sur tout le visage.
Le corps est superbe. Les épaules nues sont modelées dans une demi-teinte des plus harmonieuses ; les bras sont ornés de larges
bracelets et sillonnés de petites veines bleuâtres qui accusent la délicatesse de l'épiderme. La taille est enveloppée d'une ceinture de gaze brochée d'or qui couvre, sans les voiler, des seins d'une forme exquise, et qui retombe à gauche sur une jupe d'étoffe noire élégamment drapée. Cette jupe, qui descend jusqu'à terre, laisse passer un bout de pied rose et mignon, au doigt duquel scintille un rubis.
Judith s'était parée des plus brillants atours pour séduire Holopherne : « Elle se parfuma de myrrhe précieuse, orna sa chevelure et mit sur sa tête une mitre magnifique. Elle se revêtit d'habits de soie, mit des sandales à ses pieds, prit des bracelets, des lis, des pendants d'oreilles, des anneaux, et se para de tous ces ornements. Dieu même augmenta sa beauté, parce que toute cette parure n'avait pas pour principe la passion, mais la vertu. »
L'artiste, comme on voit, s'est exactement conformé à ce programme. Sa Judith a toutes les séductions. A cet instant solennel où elle va exécuter son projet héroïque, elle a quelque chose de terrible et de doux à la fois ; elle |est partagée entre la volonté de sauver Béthulie et l'horreur de faire couler le sang ; d'une main, elle étreint vaillamment le sabre qui va tuer Holopherne ; de l'autre, elle se retient, elle se cramponne à une tenture placée derrière elle. Héroïne, elle brûle du désir de frapper le monstre ; femme, elle s'apitoie sur sa victime.
Mais il faut se hâter : la servante écarte les rideaux de la tente du général assyrien et montre à sa maîtresse l'horizon quî se teint des lueurs de l'aube. Cette esclave, à la face bronzée, est coiffée d'un mouchoir jaune ; elle a un sourire et un regard hardis qui contrastent avec l'air pensif et triste de Judith. Quelques parties de cette figure, — d'ailleurs tout à fait secondaire et placée dans la pénombre, — sont à peine ébauchées.
Ce qui est vraiment admirable dans ce tableau, c'est l'éclat, la richesse, l'harmonie et la force du coloris. Les tons extrêmement diversifiés se soutiennent, se renforcent mutuellement, tout en conservant leur valeur locale. La lumière, venant de la droite, frappe la main de Judith, cramponnée au rideau, et fait scintiller les joyaux dont les doigts de cette main sont ornés ; puis, elle se joue à travers les paillons d'or de la ceinture de gaze, et de là, se répand sur le riche tapis oriental qui recouvre le sol, sur le chevet du lit agrémenté de passementeries et rehaussé de pierres précieuses, sur la peau de bête et la draperie blanche qui avoisinent le bras et l'épaule gauches d'Holopherne ; elle éclaire enfin
la gorge et le visage de ce dernier, mettant ainsi en relief cette tête que Judith fera tout à l'heure accrocher comme un épouvantail et un trophée aux murs de Béthulie.
On pourra critiquer l'éclat, l'intensité, la nature même de cette lumière ; sa blancheur, sa vivacité, sont celles de là lumière du soleil. Or, la scène se passe la nuit, dans l'intérieur d'une tente que devrait éclairer la lueur jaunâtre et vacillante d'un flambeau. Le texte biblique n'autorise même pas à supposer, comme paraît l'avoir fait M. Regnault, que l'aurore commence à rougir le ciel. Judith rentra à Bélhuhe bien avant le lever du soleil.
Mais de pareils anachronismes méritent peu qu'on s'y arrête et n'enlèvent rien d'ailleurs à la valeur pittoresque de cette magnifique composition.
Sans doute, on ne manquera pas d'évoquer le souvenir de Delacroix à propos de cette peinture, comme on l'a déjà fait à propos des œuvres précédemment exposées par M. Regnault; Si l'on veut dire que nul peintre d'histoire n'approche plus que ce jeune artiste de l'auteur du Massacre de Scio, tant pour le sentiment poétique et l'intelligence du drame, que- pour la véhémence et l'éclat de la couleur, on a raison. Mais ne voir en lui qu'un imitateur, un copiste, c'est se tromper étrangement.
Que M. Regnault ait été influencé par les chefs-d'œuvre de notre grand coloriste, qu'il s'en -soit inspiré dès ses débuts, cela n'est pas douteux; mais il est juste d'ajouter que pour l'artiste qui n'avpas naturellement le sentimeut de la couleur, delà lumière, de la vie, du mouvement, — la fougue de l'âme et la fougue du pinceau, — il n'est pas de pire modèle que Delacroix. Nous n'en voulons pour preuves que les ébauches désordonnées, les. effroyables pastiches qu'on nous a offerts comme des imitations de ce maître. • • ' - > •(- '.
■ La natiîre a doué M. Regnault d'un admirable tempérament de coloriste; voilà pourquoi il est permis de dire que M. Regnault rappelle Dc4acroix,. comme on a pu dire que Delacroix rappelait Rubens, le Titien, Véronèse.
Après cela, comment méconnaître les différences profondes qui,. dans l'exécution, séparent le peintre de Judith du peintre de V Assassinat de l'évêque de Liège ? Le premier semble avoir senti la nécessité d'unir aux séductions de la^ couleur cette précision et. celte noblesse de lignes trop souvent sacrifiées par le second. La figure do Judith est d'un, dessin mâle et correct, délicat danc les c^iairs, souple dans les draperies, presque sculptural
dans l'ensemble. Le torse et la tête d'Holophcrne sont modelés avec une fermeté, une ampleur et une science auxquelles l'Académie ne trouverait sans doute guère à reprendre. Quelques détails sont d'une facture un peu lâchée ; mais nous savons que l'œuvre n'est point achevée.
Un critique, — avec lequel nous avons le plaisir de nous rencontrer souvent, parce que tous deux nous demandons aux créations de l'art qu'elles expriment avant tout la réalité, la vie, — M. Gastagnary, a traité le tableau de M. Regnault avec une sévérité qui nous a paru excessive. Il reconnaît que le coloris est harmonieux, séduisant, qu'il a une fine fleur de fraîcheur et de grâce ; mais il déclare que la composition est triviale, mal agencée ; il reproche à l'Holopherne endormi d'être un turco vulgaire, à la servante d'être une femme de mauvais lieu.
Venant d'un des preneurs les plus enthousiastes de M. Courbet, d'un admirateur convaincu de V Aumône du Mendiant^ ces reproches de vulgarité, de trivialité, appliqués à des figures aussi vivantes et aussi expressives que celles de M. Regnault, ont tout lieu de nous étonner.
M. Gastagnary ne voudrait certainement pas qu'au lieu de s'être inspiré du texte biblique et d'avoir cherché à faire de la couleur locale, du naturalisme^ le pensionnaire de la villa Medici se fût borné à pasticher la Judith du Bronzino, par exemple, à reproduire un arrangement, des types et des draperies de pure convention.
L'œuvre de M. Regnault est-elle donc irréprochable?
— Non, sans doute. On y trouve çà et là des morceaux faibles, des hardiesses de brosse, des intempérances de couleur. Mais, en vérité, ces faiblesses nous semblent résulter d'un excès de force; ces imperfections sont dues à des qualités que l'âge atténuera vite, — la verve, l'ardeur, la fougue de la jeunesse.
Hélas 1 l'Académie fournit toujours assez de peintres sages!. . .
Voyez plutôt M. Maillard, élève de quatrième année, qui, sur une toile énorme, — le Serpent d'' airain, — a étage une cinquantaine de figures marquées au coin du goût le plus classique, — le plus banal! Le personnage principal. Moïse, est sans caractère. Les gens groupés près de lui, au sommet d'un tertre, sont mornes et effacés. Au premier plan, les misérables en proie aux reptiles (des serpents en baudruche) se convulsent suivant toutes les règles de la statrégie académique. Deux cadavres nus, l'un en tra-
vers, l'autre en raccourci, paraphent cette savante composition. Une couleur glaireuse, lymphatique, recouvre le tout. M. Gabanal doit être content. Il aura des successeurs.
M. Jules Machard, élève de troisième année, ne nous a envoyé qu'une petite esquisse de plafond, d'un coloris assez vif et lumineux, et deux copies exécutées à Venise. Le règlement de l'école ne lui imposait pas, croyons-nous, de travaux plus considérables. Tant pis !
L'une des copies représente un fragment de V Assomption^ du Titien; l'autre, un fragment du Miracle de Saint Marc, du Tintoret. Il y a de la lourdeur dans l'exécution du premier de ces morceaux ; mais le second rend assez bien l'original : c'est la figure de femme, vue de dos et portant un enfant, qui s'appuie au piédestal d'une colonne sur la gauche de la composition.
A propos, qui donc est chargé, à l'école des beaux-arts, de rédiger les inscriptions placées au bas des ouvrages envoyés par les élèves de l'école de Rome ?
A en croire l'étiquette delà copie que M. Machard a faite d'après le Tintoret, cette copie reproduirait un fragment du Miracle de Sainte Marie. L'administration des beaux-arts renseigne bien le public! Mais... elle n'est jjeut-être pas tenue d'être renseignée elle-même — sur les chefs-d'œuvre de l'art.
En sa qualité d''élève de première année, M. Joseph Blanc avait à exécuter une figure d'étude. Il a peint une figure équestre de grandeur naturelle, Persée, monté sur Pégase et tenant à la main la tête de Méduse. Le cheval est blanc, vu de croupe, déployant ses ailes et prenant son essor au-dessus des flots azurés. Le cavalier rappelle le chef-d'œuvre de Benvenuto par le caractère du visage, l'arrangement de la coifi'ure, les proportions du corps. C''est là, sans contredit, l'étude d'un dessinateur habile, un excellent morceau à.'' académie; mais nous engageons M. Blanc à s'attaquer désormais à des sujets plus neufs, plus vivants, à étudier la nature, qui l'inspirera mieux que les chefs-d'œuvre de l'art ancien.
Décidément, notre école de sculpture est en progrès. Elle marqué à l'exposition tles envois de Rome, comme elle a marqao ;ui dernier Salon.
M. Eugène Delaplunche, élève de qualiièmc .MiiLfîu, médaillé ;tu Salon d<; 186<S' pour une figure dtî berger nu jonanl de la double
flûte (PecoraroJ, nous a envoyé une statue d'Eve après le péché, d'un caractère original et saisissant, d'une exécution ample et robuste. C'est une œuvre qui restera.
Assise au pied d'un arbre, autour duquel s'enroule le serpent fatal, honteuse de sa faute, et s'apercevant, pour la première fois, qu'elle est nue, Eve se replie sur elle-même, baisse la tête, ramène ses bras devant son visage et plonge sa main crispée dans son ondoyante chevelure. Le torse s'incline vers le tronc d'arbre, auquel le bras gauche est accoudé ; la hanche droite est proéminente, les jambes se serrent l'une contre l'autre, le pied gauche se crispe douloureusement sur le droit. Le corps tout entier frémit de tressaillements pudiques. La physionomie trahit la confusion, le remords qui s'est emparé de la pécheresse.
Les formes ont l'ampleur, la robustesse qui conviennent à la mère du genre humain.
L'œuvre n'est pas terminée. Quelques parties, les cuisses et les seins, par exemple, gagneront à être modelées plus finement, plus purement.
Pour son envoi de cinquième année, M. Arthur Bourgeois a exécuté une statue colossale en marbre représentant une Pythonisse assise sur son trépied et rendant un oracle.
G'est une figure d'un style énergique, véhément, sans exagération pourtant et sans violence. Elle rappelle la Guerre du groupe de Rude, à l'Arc-de-l'Etoile, et rend assez bien, d'ailleurs, la description que Virgile a faite de la Pythie.
M. Degeorge, élève de deuxième année, a envoyé un bas-relief représentant un Jeune pâtre buvant, dont l'expression et le mouvement sont bien naïfs, et le buste en marbre d'un adolescent qu'il appelle Bernardino Cenci. Ce dernier ouvrage et d'un travail fin et délicat.
Ce qu'il y a de mieux parmi les envois des graveurs, ce ne sont pas les gravures : la reproduction au burin que M. Jules Jacquet a faite du portrait de Bartolo, de la galerie Doria, d-'après Raphaël, nous a paru un peu noire ; la Prière (Souvenir d'Orient) , eauforte de M. Laguillermie, manque de chaleur et de clair-obscur. Mais ce dernier artiste nous a envoyé quelques beaux dessins d'après L. de Vinri. rl'aprèsrrhirlandajo et d'après l'antique: noiis avons surtout admin- um^ a(|uareUe re|iriitliiisant le supei'bc buste en bronze de Sénèque. i|ui esi an musée des Stndj.
Les envois des archit«''-tes sont rcniarunables. Ceux de M. I';ibc;il.
élève de deuxième année, nous ont parliculièrejjient intéressé; ils consistent en dessins et aquarelles très-habilement exécutés et reproduisant des fragments architectoniques et des détails d'ornementation empruntés à des monuments de Rome, Florence, Lucques, Pise, Sienne, Salerne, Milan, Pistoie, Bologne.
M. Bénard, élève de première année, a pris pour objet de ses études VAj'c de Titus et le Campo-Santo de Pise. M. Noguet et M. Gerhardt, tous deux élèves de troisième année, ont fait de savantes restaurations, le premier du Forum d'Auguste, le second du Temple du Soleil. Il y a beaucoup d'imagination et de goût dans le travail de M. G-erhardt.
M. Guadet, élève de quatrième année, a envoyé un projet de monument à la mémoire des Girondins : c'est une œuvre de piété familiale et la composition d'un artiste de talent.
Ce monument, qui serait élevé sur la place Dauphine, à Bordeaux, consiste en une sorte de tribune colossale, occupée par une statue assise de la France tenant des couronnes et se voilant en signe de deuil ; au pied de la tribune sont disposés en hémicycle les cénotaphes des Girondins.
Deux mots sur les ouvrages qui ont remporté les prix dans les derniers concours pour l'école de Rome et qui ont été exposés à côté des envois des pensionnaires.
Les concurrents au grand prix de peinture avaient à représenter le Soldat de Marathon tombant mort en annonçant le triomphe des Grecs sur les Perses. Les ouvrages présentés par les logistes soij L généralememt très-faibles : expressions banales ou tournant à la caricature, composition décousue, attitudes grotesques, etc.
Lo tableau de M. Luc-Olivier Merson, qui a obtenu le prix, n'est pas exempt de ces défauts. Mais le mouvement n'y manque pas et le coloris en est clair, léger, harmonieux.
M. Oscar Mathieu a remporté un premier accessit, M. Edouard Vimont un deuxième, M. Sylvestre un troisième.
Le sujet du concours de sculpture était « Alexandre malade en Cilicie, prenant un breuvage que vient de lui donner le médecin Philippe, accusé de vouloir l'empoisonner, » L'œuvre à exécuter devait être un bas-relief. M. Allar, à qui est échu le grand prix, s'est montré véritablement supérieur à ses rivaux : ses figures sont bien groupées, modelées avec correction, nobles d'attitude et de physionomie. MM. Idrac et Félix Martin ont obtenu des accessits.
Le sujet du concours d'architecture était: « un palais d'ambassade française dans une grande capitale. »
Heureusement pour les contribuables, les projets couronnés ne seront probablement pas réalisés. Ils sont d'une grande somptuosité. M. Dutert, à qui le prix a été accordé, a d'ailleurs fait preuve d'études sérieuses et de beaucoup de goût dans la distribution, élévation et la coupe de son palais. Des accessits ont été décernés à MM. Bizet et Ulmann.