XII INTRODUCTION
principes qu'elle renferme sont assez bons, quoique le tempérament égal n'y soit point rigoureusement observé . Cette partition est composée, comme les autres, de quintes ascendantes et descendantes , ce qui laisse subsister les difficultés d'exécution qu'on trouve partout. Son explication est clairement exposée, mais les preuves qui servent à guider pendant le cours de l'opération sont insuffisantes.
Je ne dirai rien de mon petit ouvrage intitulé Abrégé de Vart d'accorder soi-même son piano ^ qui parut en 1834 ; il est assez répandu pour que le public lui-même puisse le juger.
Quant au Manuel de V accordeur de M. Giorgio, je me dispenserais volontiers d'en parler si plusieurs personnes de l'art ne m'en avaient fait une espèce d'obligation, afin de prémunir les amateurs contre les erreurs qu'il renferme. Je vais seulement faire l'analyse de quelques parties de ce livre, pour mettre le lecteur à même déjuger du mérite de tout le reste :
« Le chevalet, selon M. Giorgio, est une espèce d'archet qui sert à égaliser les cordes. »
a Par le mot clavier (dit-il), on entend le mécanisme intérieur de l'instrument. »
Après avoir essayé d'expliquer les demi-tons égaux entre eux, l'auteur dit « que les facteurs modernes ont fait des demi-tons plus forts ». C'est comme s'il disait qu'on peut changer les bornes de l'octave, qui renferme les douze demi-tons. Un autre principe aussi erroné, c'est que dans la partition la quinte doit être faible et la quarte juste ; cela est aussi exact que s'il avançait que le
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renversement d'un intervalle altéré ne doit point se ressentir de cette altération.
Mais M. Giorgio ne se borne pas à cela; il paraît entendre si peu la matière qu'il traite, qu'il donne aux intervalles altérés les mêmes rapports qu'on donne en acoustique aux intervalles justes. Ainsi, selon lui, la quinte faible est dans le rapport de 3 à 2, et la tierce forte dans le rapport de 5 à 4.
Il a de plus estropié ma partition, qu'il a attribuée à Hummel afin de rehausser probablement le mérite de son livre, quoiqu'il n'y ait entre cette partition et celle de Hummel, que l'on peut voir à la fin de sa méthode de piano, aucun autre rapport que celui de lui être tout à fait opposée, tant par les principes que par la pratique.
Les préceptes que donne M. Giorgio pour l'entretien et la réparation de l'instrument ne sont pas plus judicieux que ce qui précède ; je n'en citerai qu'un exemple : si un chevalet se décolle, il n'y a, d'après lui, pour le consolider qu'à placer des vis entre la partie latérale du chevalet et la table d'harmonie. On conçoit que ce ne sont pas quelques vis fixées dans la table d'harmonie, qui est une planche mince d'environ 5 à 6 milHmètres, qui puissent suffire pour résister à Faction si considérable des cordes.
D'après cet aperçu, quel fruit peut-on retirer d'un tel livre ?
Quoique la Manière d'accorder de Kirnberger et celle de M. de Momigny ne constituent pas des ouvrages spéciaux, je ne puis me dispenser d'en parler, parce que l'autorité de ces auteurs a fait adopter sans examen à quelques personnes leurs principes erronés.