‹ L'Art d'accorder soi-mème son pianoChapitre 81 sur 98 · FIN · texte numérisé non relu

FIN

Cet appendice contient :

i" Des rapports sur les premières éditions de cet ouvrage;

2° Des rapports de divers jurys et des appréciations d'artistes sur la fabrication et les perfectionnements des pianos de M. Montai.

Société d'encourag^ement pour l'industrie nationale.

Extrait d'un rapport fait par M. Francœur, membre de l'Institut, sur l'Art d'accorder soi-même son piano, par M. C. MONTAL; deuxième ÉDITION. [^Bulletin de la Société d' Encouragement , page ikl-)

Faire un volume de 252 pages in-8", accompagné de huit planches gravées, pour enseigner une chose qu'il suffit d'expliquer en quelques pages de partition, doit sembler un grand abus de la prolixité du style; c'est du moins l'idée que j'avais du livre de M. Montai avant de l'ouvrir. Mais cette opinion a bientôt cédé à l'examen que j'en ai fait ; j'ai reconnu mon erreur en voyant qu'elle ne provenait que du titre, qui promet très-peu de choses, tandis que le livre a un objet bien plus étendu.

Ce n'est pas seulement l'art d'accorder le piano que M. Montai expose, il donne une multitude de documents qui se rapportent à cet instrument, et font de cet ouvrage un traité

complet de sa construction et des améliorations successives que lui ont fait subir MM. Érard, Pape, Pleyel, Roller, Petzold, et autres habiles facteurs.

Une des choses les plus difficiles à faire comprendre aux personnes qui n'ont pas étudié les fondements de l'art musical, c'est que pour qu'un piano ou antres instruments à sons fixes ne fassent pas entendre des sons qui désolent l'oreille il est indispensable qu'ils ne soient pas exactement d'accord, et qu'on adopte une tolérance, appelée tempérament, qui répartisse sur tous les douze demi-tons de la gamme une inégalité d'accord, qui sans cette précaution serait vraiment intolérable. M. Montai expose clairement les principes qui démontrent cette nécessité, et donne les procédés les plus simples pour les mettre en pratique.

Mais en outre il présente un véritable traité d'acoustique appliquée à l'usage des instruments de musique, des moyens d'en réparer les dérangements, d'emballer l'instrument, d'apprécier ses défauts et ses qualités, de remettre les cordes cassées, etc. Enfin, ce livre ne laisse rien à désirer sur ce sujet. Et voilà comment l'art d'accorder le piano a fourni à l'auteur la matière d'un volume, sans qu'on regrette aucun des développements dans lesquels il est entré. C'est le titre seul qui est trop modeste.

Je pense donc que ce livre est digne d'estime et mérite le succès qu'il a déjà obtenu.

Signé : Francœur, rapporteur.

Approuvé en séance publique.

Société libre des Beaux>Art8.

Extrait d'un rapport fait par M. Bienaimé, sur VArt d'accorder soi-même son piano, d'après une méthode sûre, simple et facile, déduite des principes de l'acoustique et de -l'harmonie, par M. G. MONTAL, ancien répétiteur à l'Institution royale des Jeunes Aveugles , facteur de pianos en tous genres, professeur d'accord, accordeur des professeurs les plus célèbres du Conservatoire. {Annales de la Société libre des Beaux- Arts, tome X, page 290.)

Messieurs ,

Chargé par la Société libre des Beaux-Arts d'apprécier l'ouvrage de M. Montai sur VArt d'accorder soi-même son piano, nous avons lu avec attention et intérêt cet ouvrage, qui peut être de la plus grande utilité, non-seulement pour les amateurs qui habitent la campagne pendant une partie de l'année, mais encore pour les artistes.

L'œuvre de M. Montai forme un volume in-8° de 252 pages, divisé en vingt chapitres, précédés d'une Introduction. Sept planches représentant les différents pianos en usage aujourd'hui, leurs détails intérieurs, les outils nécessaires, soit à leur accord, soit à leur réparation, accompagnent et complètent le texte.

L'auteur, dans son Introduction, signale avec raison une lacune importante dans l'instruction des pianistes.

tt Ordinairement, dit-il, lorsqu'on commence un élève, quelques-unes des premières leçons qu'on lui donne sont consacrées à lui enseigner à accorder son instrument et à lui en faire connaître les différentes parties, afin qu'il soit capable de le tenir en état et de remédier aux petits accidents qui peuvent y survenir. Le piano seul est excepté de cet usage, quoiqu'il

soit celui de tous qui en ait le plus besoin, son mécanisme étant le plus susceptible de dérangement, etc. »

C'est donc dans le but de remédier à l'ignorance de la plupart des pianistes à cet égard que M. Montai cherche, dans son livre, à les initier à la connaissance complète de l'intérieur de l'instrument.

Entrant ensuite en matière, M. Montai expose les différentes formes de pianos en usage aujourd'hui ; il en examine toutes les parties intérieures, dont il donne d'ailleurs la figure au moyen des planches placées à la fin de l'ouvrage ; puis il explique avec le plus grand détail les fonctions de ces parties et leurs rapports avec les touches du clavier.

Des exercices préparés pour apprendre à bien diriger la clef et à perfectionner l'organe de l'ouïe, en accordant rigoureusement justes les consonnances et l'accord parfait majeur, viennent tout naturellement se placer ici. Tout ce que dit l'auteur dans cet article est excellent; le moyen qu'il indique et les exemples qu'il donne pour habituer l'oreille à trouver, en accordant, la juste intonation des intervalles, sont d'une grande simplicité.

La partition, la contre-partition, l'accord des dessus et des basses et la vérification générale de l'accord occupent ensuite l'auteur.

On nomme partition la règle au moyen de laquelle on exécute le tempérament sur une octave et demie environ d'étendue, prise vers le milieu du clavier.

La partition que donne M. Montai est composée de douze quintes faibles descendantes ; elle est simple et accompagnée de preuves qui dérivent naturellement de son système. Nous n'avons que des éloges à donner à la manière dont cette partie de l'ouvrage est traitée.

Nous ne suivrons pas M. Montai dans les détails qu'il donne

sur les différentes espèces de cordes, la manière de les mettre, l'art de repasser l'accord d'un piano et de le monter ou descendre d'un ou plusieurs demi-tons ; nous avons hâte d'arriver à l'un des articles les plus étendus du livre, celui qui traite de l'acoustique et résume toutes les connaissances nécessaires à l'accordeur. Après avoir énoncé très-brièvement, et néanmoins avec beaucoup de clarté, ce que c'est que l'acoustique, l'auteur subdivise son chapitre en quatre paragraphes :

i° Production et propagation du son ;

2° Comparaison et expression numérique des sons ;

3° Démonstration mathématique du tempérament ;

4° Sons harmoniques.

Dans une discussion généralement profonde dans toutes les parties de la science, M. Montai démontre, en s'aidant de calculs très-simples, l'avantage qu'a dans la pratique sa partition, procédant par quintes descendantes.

En résumé. Messieurs, l'ouvrage de M. Montai nous paraît excellent, et nous le croyons capable d'atteindre le but pour lequel il a été créé ; il est écrit avec conscience ; c'est le fruit de l'expérience personnelle de l'auteur, qui nous paraît avoir rendu un véritable service à la science en présentant d'une manière simple, claire et rationnelle, dans son chapitre sur la partition et l'accord, ce qui jusqu'à présent était resté si vague et si incomplet.

Nous vous proposons donc, Messieurs, d'accorder à M. Montai vos honorables suffrages, et de lui délivrer extrait du présent rapport, pour lui servir au besoin.

Signé : E. Bienaimé, rapporteur.

Exposition nnîTerselle de liondreg, 1863.

Extrait du rapport de M. Dufau , directeur honoraire de l'Institution des Aveugles de Paris, chevalier de la Légion d'honneur, au jury international , sur L'^rt d'accorder soi-même son piano, par M. C. MONTAL, chevalier de', a Légion d'honneur, facteur de pianos, fournisseur de l'Empereur et de l'Impératrice des Français et de l'Empereur du Brésil , tome VI, page 87, des Rapports des membres de la section française du jury international.

Un aveugle dès son enfance, qui par des travaux persévérants est parvenu à se classer au nombre des principaux facteurs de pianos de Paris, M. Montai, avait soumis à l'examen du Jury un volume intitulé : L'Art d'accorder soi-même son piano, dont deux éditions se sont successivement écoulées.

D'ordinaire, en enseignant un instrument à un élève, on lui fournit sans peine et en peu de leçons le moyen de le tenir en état d'accord. Il n'en est point ainsi pour le piano : c'est une opération assez longue et difficile; aussi, quand on n'a pas une bonne méthode, et c'est ce qui manquait avant la publication de l'ouvrage de M. Montai, on est obligé de procéder par tâtonnements, de perfectionner son oreille d'une façon pratique, sans règle ou avec des règles insuffisantes.

La méthode de M. Montai est fondée sur une connaissance approfondie de l'acoustique. Il en présente les principes dans un chapitre d'un haut intérêt, et démontre les avantages de la partition qu'il a adoptée, c'est-à-dire de la règle au moyen de laquelle on exécute le tempe'rament, qui est l'opération fondamentale pour arriver à l'accord sur une octave et demie environ prise vers le milieu du clavier.

Voici comment s'exprimait, au sujet de cette méthode,

dans un rapport à la Société libre des Beaux-Arts, M. Bienaimé, professeur d'harmonie au Conservatoire de musique : « En résumé, Messieurs, l'ouvrage de M. Montai nous paraît excellent, et nous le croyons capable d'atteindre le but pour lequel il a été créé ; il est écrit avec conscience ; c'est le fruit de l'expérience personnelle de l'auteur, qui nous paraît avoir rendu un véritable service à la science en présentant d'une manière simple, claire et rationnelle, dans son chapitre sur la partition et l'accord, ce qui jusqu'à présent était resté si vague et si incomplet. » [Annales de la Société^ t. X.)

Un autre rapport, fait vers la même époque par M. Francœur àla Société d'Encouragement pour l'industrie nationale, présentait les mêmes conclusions. Le temps a pleinement confirmé ce double jugement. Grâce au traité de M. Montai, nombre de personnes en France, dans nos départements, oi^i manquent si souvent les accordeurs, aussi bien qu'à l'étranger, ont pu s'initier elles-mêmes aux principes de l'accord.

Parmi ces accordeurs figurent beaucoup d'aveugles, qui sont entrés dans la voie que leur avait ouverte M. Montai, lequel a lui-même exercé longtemps l'accord avant d'aborder la facture.

On peut dire qu'il a doté ses confrères d'infortune d'une profession nouvelle, dans laquelle la justesse exceptionnelle de leur oreille les fait souvent exceller, et qui n'exige que des connaissances musicales très-peu avancées.

C'est sous ce rapport que la classe XXIX du Jury international a particulièrement distingué l'œuvre de M. Montai.

Signé : A. Dufau , rajp'porteur .

A la suite de ce rapport, le Jury international , XXIX* classe, a décerné une médaille à M. Montai pour cet ouvrage.

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