AVANT-PROPOS V
lousies et les nécessités de la vie. Pour quelques-uiUy doués d'une foi réelle et qui sont arrivés à la gloire et au hien-êtrey combien sont tombés en route, brisés, découragés, vaincus, et sans même que leur nom soit resté dans la mémoire des hommes !
De l'antichambre où // transcrivait pendant des journées entières une prose à laquelle il se faisait orgueilleusement une gloire de ne rien comprendre, Bernard rêvait une autre vie. Il songeait qu'avec son air galant et aimable, ses façons gentilles, son esprit, il pourrait peutrêtre, comme tant d'autres y arriver à la fortune. Ces vaux et ces espérances devaient être un jour une réalité.
En 1733, il avait alors vingt-cinq ans, il parvint à se faire attacher comme secrétaire à la personne d'un ofpcier général qui s'en allait guerroyer en Italie. Je dirai en passant qu'il semble difficile, comme on l'a quelquefois avancé*, qu'il ait dû cette faveur au marquis de Pezay, lequel à cette époque n'était pas encore au monde^,
La campagne d'Italie, glorieuse pour la maison de Bourbon, n'inspira que des vers assez médiocres