‹ L'art d'aimer: poeme en trois chantsChapitre 7 sur 20 · VIII AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VIII AVANT-PROPOS

n' écrivait-il pas déjà à M, de Saint-Lambert quel-ques lignes pour le moins aussi sévères ? « Ce pau- « vre Bernard était bien sage de ne pas publier u son poème : c'est un mélange de sable et de « brins de paille avec quelques diamants très-jom liment taillés. »

Grâce à sa place de secrétaire général des dragons, Bernard put jouir enfin de cette aisance qui sert si bien le travail et l'inspiration. C'est de cette époque que date en même temps pour lui l'origine de succès littéraires dont il n'a jamais cherché, à tirer la moindre gloire.

Il lui avait été donné de connaître, avant qu'elle ne fût à la cour, cette courtisane qui sut donner au règne de Louis XV une gloire et un éclat artistiques qu'il n'aurait jamais eus sans elle. Devenue presque reine, la marquise de Pompadour n'oublia pas Bernard, et, lui continuant ses faveurs, elle le fit nommer* bibliothécaire du Koi à Choisy, poste

I . Voici, à propos de cette nomination, l'opinion peu favorable du marquis d*Argenson : « On vient de donner « sans nécessité 3,ooo livres de pension au petit Bernard, « poète, qui avait déjà 12,000 livresde rente comme se> <( crétaire du corps des dragons. On l*a fait bibliothécaire « de Choisy. » {Journal et Mémoires du marquis d'Argenson, t. Vy p. 139, de l'édition donnée par M. Rathery.)

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