‹ L'art d'aimer: poeme en trois chantsChapitre 8 sur 20 · AVANT-PROPOS IX · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS IX

des moins fatigants, et qui, déplus, donnait au poète '^avantage de jouir d'une habitation et de terrains admirablement situés. Il sut approprier le tout avec autant de goût que d'intelligence, et la poésie trouva encore son compte dans cette galante installation*. Ici c'était une inscription moqu^se placée sur une glacière; là, un quatrain des plus tendres désignait un boudoir coquet. Sans parler de Castor et PoLLUX, la pièce de résistance de l'Opéra d'alors, quand il était aux abois, sans donner le détail des poésies fugitives ou des madrigaux dont l'éditeur Je 1 80 3 a pu remplir deux volumes, il est à présumer que c'est pendant cette époque la plus heureuse de sa vie que Gentil Bernard acheva son poëme de I'Akt d'aimer. L'amour, en effet, a été, bien plus que la gloire ou l'argent y la préoccupation constante de Bernard, et l'on est malheureusement forcé d'avouer qu'il causa sa perte. Sa grande ambition fut de rester éternellement jeune, vert et gaillard d'aspect aussi bien que d'allures. Epris de la bonne chère et des belles filles, se plaisant fort à rimer des bouquets à Chloris ou de tendres tirades, il poussait toutefois la modestie jusqu'à ne

I . Il y célébrait tous les ans la fête des Roses dans une espèce de petit temple décoré de toiles d'opéra.

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