X AVANT-PROPOS
les faire connaître que quand on le priait beaucoup. Les lecteurs de TArt d'aimer le mirent, bien malgré lui, je pense, en évidence»
Dans cette société frivole et portée à raffoler d'un rien, ce fut une rage, à un certain moment^ de conrnaître ce gracieux poime et de l'entendre lire par unpoëte dont les ^galanteries étaient dans la bouche de tous*. Elles devaient être aussi nombreuses que diverseSySi j'en juge par les traces qu'on en retrouve dans le curieux journal des inspecteurs de M. de Sartines. On peut y voir, en effet, que si Bernard donnait, pour être trompé par elle, six louis par mois à JVf * d'Héricourt, il trouvait en revcuicke du désintéressement chez M"»* de Saint-Julien, femme du receveur général du clergé et en possession d*un naturel des plus ardents.
Pour ce polime de I'Akt d'aimer, réimprimé aujourd'hui dans la Collection des petits chefs-d'œuvre, il est bon de ne pas user d'expressions excessives. C'est, en effet, bien plutôt l'œuvre d'un poëte agréable, d'une muse aimable, que celle d'un es-
I . Marmontel , dans un passage de ses Mémoires où il parle de l'abbé de Bernis, ajoute que ce poëte, avec le Gentil Bernard , amusait de ses jolis vers les joyeux soupers de Paris,