‹ L'art d'élever les vers à soieChapitre 11 sur 52 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

De réducalion des vei s à soie dans leurs quatre premiei-s âges.

Parlons maintenant des soins qui sont plus particuliers aux vers k soie.

Dans le chapitre précédent, il a été dit que l'espace qui convient à la quantité de vers qui provient d'une once d'œufs doit être d'à peu près 7 pieds 4 pouces carrés pendant le premier âge , c'est-à-dire jusqu'à la première mue; d'à peu près 14 pieds 8 pouces carrés jusqu'à la seconde naue , et de 34 pieds 10 pouces jusqu'à la troisième. Quani l'espace qu'il faut jusqu'à la quatrième mue , il doit être de 82 pieds 6 pouces carrés.

Ceux qui ont assez de local peuvent étendre l'espace de quelques pieds de plus, parce qu'il est certain que plus les vers à soie sont à leur aise , mieux ils mangent, digèrent, respirent, Iranspirent et reposent. Les espaces que j'ai fixés ci -dessus sont pourtant suffisants, et ont l'avantage de faciliter les soins des vers, et d'économiser la feuille.

Si cette connaissance préliminaire est utile, il n'est pas moins avantageux de savoir combien de feuille consomment à peu près les vers dans les quatre premiers âges.

Pour la quantité d'aliment que je détermine, je suppose les conditions suivantes :

Que les vers à soie sont tenus, jusqu'à la première mue, à 19 degrés de température; entre 18 et 19 jusqu'à la seconde; entre 17 et 18 jusqu^à la troisième; enfin, entre 16 et 17 jusqu'à la quatrième.

Un des principaux fondements de l'art d'élever les vers à soie, c'est de connaître et de fixer les divers degrés de chaleur dans lesquels ils doivent vivre selon leur âge. Si on n'observe pas rigoureusement ce précepte, on n'opérera jamais avec précision (1).

(1) L'auteur de l'article sur les vers à soie inséré dans le Cours d^ Agriculture rédigé par M. l'abbé Rozier, édition de Paris, 1801, s'exprime comme il suit , en parlant de la chaleur qui leur est convenable :

t On ne peut pas dire que le ver à soie craigne tel ou tel degré de chaleur dans nos climats , quelque considérable qu'il soit. Originaire de l'Asie , il supporte dans son pays natal une chaleur certainement plus forte qu'il ne peut l'éprouver en Europe ; mais il craint le passage subit d'un faible degré de chaleur à un plus fort. On peut dire, en général, que le changement trop mpide du froid au chaud, et du chaud au froid, lui est très-nuisible. Dans son pays , il n'est pas exposé à ces sortes de vicissitudes ; voilà pourquoi il y réussit très-bien, et sans exiger tous les soins que nous sommes obligés de lui donner. Dans nos climats, au contraire, la température de Fatmosphère est très-inconstante, et, sans le secours de l'art, nous ne pourrions pas la fixer dans les ateliers où nous faisons l'éducation des vers à soie.

• Une longue suite d'expéiiences a prouvé qu'en France le 16« degré de chaleur indiqué par le thermomètre de Réaumur était le plus convenable aux vers à soie. Il y a des éducateurs qui. l'ont poussée jusqu'à 18 et même jusqu'à ÎO, et les vers ont également bien réussi. Il ne faut pas perdre de vue ce principe, que le ver à

Les vers à soie provenant d'une once d œufs con-^ somment :

soie ne craint pas la chaleur^ mais un changement trop prompt d'un état à l'autre ; ainsi, en le faisant passer, dans le même jour, du \ 6« degi'ë au 30«^ je suis pei^suadé qu'il en éprouverait un malaise fort nuisible à sa santé. S'il arrive qu'on soit obligé de pousser les vers à cause de la feuille, dont il n'est pas possible de retarder lès progrès, on doit le faire gradueUement, de sorte qu'ils s'aperçoivent à peine du changement. Le ver à soie souffre autant par les vaiîations de la chaleur que par la difficulté de respirer, s'il est dans un .mauvais air.

» M. Boissier de Sauvages va nous apprendre, d'après les expériences qu'il a faites, jusqu'à quel degré on peut pousser la chaleur, dans l'éducation des vers à soie, sans craindi*e de leur nuire :

« Une année que j'étais pressé par la pousse des feuilles, déjà bien écloses dès les deraiers jours d'avril, je donnai à mes vers envii-on 30 degrés de chaleur aux deux premiers jours depuis la naissance, et environ 28 pendant le reste du premier et du second âge. Us ne mii-eut que neuf jours, depuis la naissance jusqu'à la seconde mue inclusivement. Les personnes du métier qui venaient me voir n'imaginaient pas que mes vers à soie pussent résister à une chaleur qui en quel«pies minutes les faisait suer elles-mêmes à grosses gouttes. Les murs et les bords des claies étaient si chauds, qu'on n'y pouvait endurer la main. Tout devait périr , disait-on , et être brûlé ; cependant tout alla au mieux, et, à leur grand étonnement, j'eus une récolte abondante.

» Je donnai, dans la suite, 27 à 28 degrés de chaleur au premier âge ; 25 ou 26 au second : et ce qu'il y a de singulier, la durée des premiers kges de ces éducations-ci fut à peu près égale à celle de la précédente, dont les vers avaient eu plus de chaleur, parce qu'il y a peut-être un terme au delà duquel on n'abrège plus la vie des insectes, quelque chaleur qu'ils éprouvent. 11 est vrai. que mes vers avaient eu dans cette éducation, et dans l'éducation ordinaire, un pareil nombre de repas; mais ce qu'il y a de plus singulier encoj*e, c'est que les vers , ainsi hâtés dans les deux premiers âges, n'employaient que cinq jours d'une mue à l'autre dans les deux âges

1^ Dans le premier âge, cest-^à-dire lorsqu'ils sont tous nés, transportés et distribués sur les feuilles de papier, ce qui suppose au moins deux jours (Chap. V, § II), 6 liv. de feuille bien mondée et coupée très-menu ;

%"" Dans le second âge , ils consomment 18 liv. de feuille mondée, et coupée moins menu que pour le premier âge ;

3** Dans le troisième âge, ils en consomment 60 livres mondée et moins coupée ;

4^ Dans le quatrième âge , 1 80 liv. mondée , et encore moins coupée que dans le troisième.

Quelques circonstances peuvent modifier les proportions indiquées ci-dessus ; mais ces variations ne sont pas importantes, parce que je suppose que l'éducateur, réfléchissant bien à ses intérêts , et agissant avec intelligence, ne commence à les faire naître que lorsque les mûriers promettent d'offrir la quantité de feuille tendre qu'il faut pour le premier âge, et ensuite celle moins tendre, et plus ou moins mûre , selon la rapidité avec laquelle le ver à soie grossit.

Sa on faisait éclore les vers avant le temps op-

suivants, quoiqu'ils ne fussent qu'à une chaleur de 32 degrés; tandis que les vers qui dès le commencement n'ont point été poussés de même, mettent, à une chaleur toute pareille, sept b huit jours à chacun de ces mêmes âges , c'est-à-dire au troisième et au quatrième, n semble qu^il suffit d'avoir mis ces petits animaux en train d'aller, pour qu'ils suivent d'eux-mêmes la première impulsion ou le premier pli qu'on Ifeur a fait prendre. » (Le Traducteur.)

portun, on se verrait obligé de les jeter et d'en faire naître d'autres , et surtout lorsque des intempéries de l'air inattendues arrêtent ou ralentissent le développement des mûriers , comme il est arrivé souvent, et particulièrement en 1814. Si , au contraire , on ne met à éclore que lorsque la saison est assez avancée pour laisser espérer qu'elle sera sûre , si elle devient tout à coup très-mauvaise, il est facile de gagner quelques jours , pouvant retarder sans danger le développement rapide des vers , comme on le verra par le tableau placé à la fin de cet ouvrage.

Il peut cependant arriver que , si la saison reste mauvaise au point de rendre la feuille malade ou faible (Chap. III), on en ait besoin d'un peu plus que la quantité que j'ai déterminée.

La quantité de feuille déterminée peut devenir excédante , si la constance du temps la rend moins aqueuse et plus nutritive.

Lorsque j'ai fixé les proportions de la quantité de feuille , j'ai toujours supposé l'ordre ordinaire des saisons, comme on doit toujours entendre quand on parle de règles générales et constantes.

Le seul cas dans lequel on aura beaucoup plus de feuille que ne l'indiquent les règles générales, c'est lorsque les vers , ayant été mal soignés , tombent malades, dépérissent , et qu'il en meurt une certaine quantité.

C'est d'après des expériences très-exactes et répétées , en supposant que les degrés de chaleur dans

lesquels sont tenus les vers sont ceux que j*ai indiqués , ainsi que dans la vue de faire la plus grande économie de la feuille , que j'ai fixé les quantités que doivent manger les vers à soie.

Une attention des plus utiles dans Tart d'élever les vers à soie , c'est de faire en sorte de pouvoir obtenir la plus grande quantité possible de cocons de très-bonne qualité avec le moins de feuille que Ton peut. En se dirigeant d'après cette maxime, plus on aura de feuille, plus on recueillera proportionnément de cocons , et par conséquent plus on aura de bénéfice. Je ne crains pas d'errer en disant que , dans beaucoup d'ateliers, on consomme un tiers ou un quart de plus de feuille qu'il ne faut ; ce qui est non-seulement une perte en feuille , mais est cause de beaucoup d'inconvénients qui arrivent aux vers, comme nous le verrons dans la suite.

Les soins qu'exigent les vers dans leurs quatre premiers âges ne sont ni nombreux ni difiiciles , quoique ce soit dans ces âges , et particulièrement dans les deux premiers , qu'ils fortifient leur constitution, de laquelle dépend ensuite leur réussite.

Le ver à soie est condamné , par sa propre constitution, à n'avoir que peu de jours de vigueur depuis sa naissance jusqu'après le quatrième âge. II n'a de santé que dans l'intervalle des mues. Les deux premiers jours qui suivent la mue il a peu d'appétit; il devient ensuite afiFamé. Cette faim ne tarde pas à diminuer, et cesse même. Ces phénomènes ont lieu à chaque mue.

D*après la misérable condition de cet insecte , malgré la vigueur de sa constitution , si on manque de soins au moment qu'il a besoin de secours, il souffre, tombe malade , et périt.

C'est pour cela que j'ai cru utile de donner, dans ce chapitre et dans le suivant, un journal des soins des vers, afin qu'on sache ce qu'il convient de faire chaque jour.

Il faut cependant que je fasse , avant cela , quelques réflexions générales sur l'énorme différence de résultat que produisent les soins.

Je n'entends pas parler ici des différences éventuelles et légères , qui ne doivent être considérées que comme des exceptions ou des accidents. Dans des cas de ce genre , l'éducateur, bien instruit par ce que je vais dire dans ce chapitre , pourra facilement connaître, s'il est attentif, comment il doit se conduire pour prévenir tous les inconvénients et y porter remède. Je ne parlerai que des différences qui sont l'effet des soins mal entendus et mal administrés.

Jusqu'à présent on a généralement cru , en citant des faits et des expériences, que, quelle que fût la quantité d'œufs destinés à un atelier, la quantité de cocons n'y correspondait pas , et qu'au contraire elle devenait moindre en proportion qu'on augmentait la quantité d'oeufs» On observe généralement que si, par exemple, cinq onces d'œufs produisaient en raison de trente-cinq livres de cocons par once , quatre otices en produiraient en raison de quarante par

once, trois en raison de quarante-cinq, deux en raison de cinquante, etc.

Qu'on sache maintenant que ces différences ne dépendent pas des lois ou conditions naturelles aux vers à soie , mais qu'elles sont l'effet de l'erreur et de l'ignorance. Les faits , ainsi que la raison la plus évidente, certifient que, si on a donné l'espace convenable au local , si on a observé rigoureusement les degrés de température, si on a donné la quantité et la qualité de nourriture nécessaires , et qu'on ait employé tous les soins que j'ai recommandés, le nombre de cocons doit être et sera toujours proportionné à celui des œufs qu'on a fait éclore. Si on n'obtient pas ce résultat , on ne doit en attribuer la faute qu'aux procédés vicieux qu'on a suivis.

Mes ateliers sont de différentes grandeurs. Celui dont je vais rendre compte sert pour cinq onces d'oeufs ; les autres donnent également la quantité de cocons proportionnée aux onces d'oeufs que je mets à éclore.

Je conviens que l'avantage de ma manière d'élever les vers à soie serait bien petit , s'il se bornait à ne produire que les cent dix ou cent vingt livres de cocons par once d'oeufs qu'une autre personne obtient en employant la même quantité de feuille, et ne différant de moi que parce qu'elle a employé , deux onces d'œufs. Ainsi que je l'ai dit, le grand et principal but de l'art d'élever les vers à soie est d'obtenir d'une quantité donnée de feuille la plus grande quantité possible de cocons de très-belle

qualité. Ce n'est pas la petite perte d'une once d'œufs qui devrait faire changer de méthode et d'habitude ; ce sont les avantages suivants. Il est une vérité de fait ,

4^ Que, lorsqu'on obtient HO ou 120 livres de cocons avec une once d'œufs , on n'emploie qu'à peu près 4,650 livres de feuille (Chap. XIV) ;

^ Que, lorsqu'on n'obtient d'une once d'œufs que 55 ou 60 livres de cocons, on a employé à peu près 4 ,050 livres de feuille. Dans cette supposition , il faudrait à peu près 2,100 livres de feuille pour obtenir 1 1 ou 120 livres de cocons ;

3** Que les 110 ou 120 livres de cocons obtenues avec une seule once d'œufs valent beaucoup plus que la même quantité obtenue avec deux onces d'œufs.

Il est facile de prouver que la raison s'accorde avec ces faits. J'ai dit (Chap. V, § IIl) que 31,468 œufs , qui forment une once , pourraient donner à peu près 1 65 livres de cocons. Si , d'après cette donnée, on considère comme forte l'inévitable perte qu'on fait en vers, quand on obtient 120 livres de cocons d'une once d'œufs , cette perte sera bien plus grande si on n'en retire que 60. Il est naturel que de cette plus grande mortalité il doit résulter une plus grande consommation de feuille , puisque les vers qui ne parviennent pas jusqu'à la formation du cocon se nourrissent autant que ceux qui y parviennent.

La grande mortalité des vers doit aussi avoir une

influence directe sur la qualité des cocons. En effet « comment peut-on supposer que presque deux tiers de vers provenant d'une once d'œufs aient péri sans que cela dépendit du mauvais soin? Si le mauvais soin a causé la mort À un si grand nombre , n'est-on pas autorisé à penser qu'il a affaibli et indisposé une partie de ceux qui restent?

Ce que je dis serait encore plus vrai , si^ comme cela arrive fréquemment, les 60 livres de cocons se trouvaient réduites à 45, 30, 15, etc.

Lorsqu'au contraire une once d'œufs aura produit, par les soin§ que j'ai indiqués, 120 livres de cocons , ils seront de très-bonne qualité et se vendront bien ; 360 au plus pèseront une livre et demie , et onze ou douze onces au plus de ces cocons produiront une once de soie très-fine, comme je le démontrerai dans la suite. Lorsqu'on n'obtiendra que 50 ou 60 livres de cocons d'une once d'œufs , on peut généralement assurer qu'ils ne sont pas de la bonne qualité de ceux ci-dessus cités; qu'ils ont moins de valeur ; qu'il en faut au moins 400 pour faire une livre et demie , et qu'au lieu de onze ou douze onces de ces cocons pour faire une once de soie,' il en faudra treize, et même plus.

Outre cela, lorsque les vers n'ont pas été bien soignés , on n'est jamais sûr de la quantité de cocons qu'on doit récolter. En effet, il arrive continuellement qu'un même fermier obtient de la même quantité d'œufs et de la même qualité de feuille tantôt

beaucoup de cocons, tantôt peu , et quelquefois pas du tout.

n serait très-intéressant, autant pour les gouvernements que pour les particuliers, d'établir une confrontation entre les quantités et qualités de cocons produits par la méthode que Je propose, et celles de cocons produits par les méthodes généralement adoptées , afin de prouver, par les faits et par la raison, quelle est la mieux raisonnée et la plus profitable. Si on calculait ensuite ce qui se perd tous les ans par ignorance, et particulièrement ce qui s'est perdu en 1844, l'immensité du prix de cette perte surprendrait (Ghap. XV}.

Ce chapitre sera divisé en quatre paragraphes :

1* Éducation des vers nés et réunis jusqu'à la fin du premier âge ;

2* Éducation des vers dans le second âge ;

3* Éducation des vers dans le troisième âge ;

4"* Éducation des vers dans le quatrième âge.

Éducation des vers à soie dans leur premier âge.

Nous avons laissé dans le petit atelier les vers nés de tous les œufs à 19 degrés de température, et distribués sur les feuilles de papier (Chap. Y, § II), dans les petits carrés d'environ dix pouces de côté.

Commençons maintenant leur éducation. Supposons qu'on entreprenne d'en soigner cinq onces, qui fornïent un assez grand atelier; les espaces et la quantité de la feuille doivent donc être proportionnés à ladite quantité de vers. Ayant choisi pour exemple un grand atelier, j'ai eu en vue de montrer que , toutes choses égales , les résultats en grand comme en petit sont toujours les mêmes.

Éducation du premier jour. Lorsque les vers provenant de cinq onces d'œufs ont accompli leur premier âge ou mue, ils doivent occuper à peu près 36 pieds 8 pouces carrés d'espace. Il faut donc qu'on ait placé les feuilles des vers sur des claies qui aient au moins cet espace.

Le premier jour après la naissance et la distribution des vers, on doit leur donner les quatre repas avec à peu près trois livres et trois quarts de simples feuilles tendres, coupées très-menu, de manière qu'il y ait un intervalle de six heures d'un repas à l'autre, et que, donnant la moindre quantité de feuille au premier repas , on augmente toujours à chacun jusqu'au dernier.

C'est un très-grand avantage de couper la feuille très-menu dans le premier âge , et de la distribuer légèrement sur les vers. Plus on a coupé la feuille , plus il y a de bords frais auxquels s'attachent ces petits insectes. De cette manière , peu d'onces de feuille présentent une si grande quantité de côtés ou de contours, que deux cent mille petites bouches peuvent manger en même temps dans un petit es-

paoe. £n effet, la feuille , dans cet état, est de suite mordue, et se trouve presque toute consommée avant qu'elle ait pu se flétrir.

Dix et vingt fois même plus de feuille , qui ne serait pas coupée menu , ne pourrait pas suffire à la quantité de vers susindiquée , parce qu'ils ont besoin , à cette époque , de trouver, dans un petit espace et dans le même temps, de quoi manger commodément.

Si on n'a pas le soin de couper la feuille très-menu» et de tenir bien au large les vers quand ils sont trèspetits, il en périt une grande quantité atteints de diverses maladies (Chap. XII). Le ver qui ne peut pas manger reste en arrière, s'exténue, s'affaiblit, s'altère, se dénature, et finit par périr sous la feuille. Cet objet , qui paraît peu de chose en lui-même, est cependant d'une grande importance , et mérite l'attention la plus soutenue. Pour couper la feuille dans les différents temps de l'éducation , je me sers de couteaux et de divers autres instruments tranchants (Fiflf. 14,15, 16) (1).

Je donne à manger ajix vers régulièrement quatre fois par jour, et je fais en sorte de ne leur jamais donner toute la feuille fixée plus haut , parce qu'après la distribution de chaque repas, on doit voir s'il ne faut pas en ajouter encore un peu à quelque en-

(1) Depuis Texemple donné en 1836 par M. Camille Beauvais^ directeur de Tinstitut séricicole de Sënart^ il est d'un usage générai en France de couper les feuilles par des moyens mécaniques aus» prompts qu'économiques* B.

droit. On fera bien de leur donner quelquefois des repas intermédiaires , comme je l'expliquerai par la suite.

La quantité de feuille déjà fixée et celle que je fixerai suffisent pour la journée entière. Dans une heure et demie à peu près , le ver à soie mange sa portion de feuille , et reste ensuite assez tranquille. Toutes les fois qu'on donne à manger, il faut élargir peu à peu les petits carrés. Si la feuille venait à tomber, on la remettrait à sa place avec un petit balai (Fig. 17).

Second jour. Il faut ce jour-là à peu près six livres de feuille mondée et coupée menu.

Cette quantité suffit pour les quatre repas ordinaires , dont le premier doit être le moindre , et le dernier le plus fort, comme je l'ai dit pour le premier Jour.

Le ver commence à changer d'aspect ; il ne paraît plus si coloré ni si hérissé ; sa tête grossit et blanchit sensiblement.

On doit avoir soin d'élargir et d'allonger les petits carrés toutes les fois qu'on donne à manger*

Troiiième jour. Il faut douze livres de feuille tendre coupée menu pour les quatre repas. Ce jour-là les vers mangent avec voracité , et presque les deux tiers jie l'espace des feuilles de papier qui a été fixé pour leur premier âge doivent être déjà occupés.

Pour pourvoir à l'appétit augmenté de ces insectes, il faut leur donner ce jour-là une livre et demie

de feuille légèrement distribuée au premier repas. S'ils la mangeaient en très-peu de temps, c'est-à-dire dans une heure, on ne doit pas attendre cinq heures pour le second repas. Il faudra donc donner un repas intermédiaire d'à peu près la moitié du premier, de manière que la feuille couvre à peine les vers. Je ne fixe pas ici les onces de feuille de ces repas intermédiaires, parce qu'il ne serait pas possible de le faire avec exactitude. On doit se régler sur la quantité de feuille qui sera distribuée dans le cours de la journée, et sur la disposition des vers.

Ce jour-ci , la tête des vers à soie a beaucoup plus blanchi ; ces insectes se sont sensiblement développés ; à peine aperçoit-on des poils sur le corps à l'œil nu ; leur peau s'approche de la couleur noisette; leur superficie, observée avec la loupe , est luisante ; leur tête est d'un luisant argenté comme la nacre , et un peu transparente.

Quatrième jour. Ce jour-là il faut six livres et douze onces de feuille coupée menu. On doit diminuer la qualité de l'aliment, parce que l'appétit diminue. Le premier repas doit être d'à pQu près deux livres et quatre onces : les autres diminueront à mesure qu'on s'apercevra que la feuille n'a pas été bien mangée.

Le magnanier se réglera sur l'appétit des vers pour la distribution des repas intermédiaires , qui seront pris sur la quantité de feuille déjà prescrite pour tout le jour.

L'espace des feuilles se remplit à vue d'œil. Il est

important , dans ce premier âge , de tenir les vers bien au large, pour éviter, autant que possible, qu'ils dorment l'un sur l'autre.

L'attention constante d'élargir un peu les petits carrés à chaque repas fait que les ver« s'étendent graduellement avec beaucoup de facilité à mesure qu'ils croissent , et qu'on empêche qu'ils s'amoncellent , ce qui serait très-nuisible à leur constitution , à leur santé et à l'égalité de leur voliune.

Au commencement de cette journée, beaucoup de vers secouent la tête , ce qui indique qu'ils commencent à se sentir surchargés de leur enveloppe ; certains mangent très-peu, et tiennent leur tête levée ; leur museau s'amoindrit, prendune teinte plus foncée, et leurs deux pattes de devant se rapprochent du corps; on voit, avec la loupe, qu'elle a beaucoup grossi , et qu'elle est devenue plus luisante. Tout le corps de ces insectes semble alors transparent , et ceux qui sont voisins de la mue, observés à travers la lumière, sont d'une couleur jaunâtre livide. A la fin de cette journée , la plus grande partie est assoupie et ne mange pas.

Cinquième imr. Il ne faut, ce jour-là, qu'à peu près une livre et demie de feuille tendre , coupée très-menu. On doit la répandre très-légèrement^ dans plusieurs moments de la journée , aux endroits où on voit encore des vers qui mangent. Si par hasard cette quantité de feuille ne suffisait pas, on y ajouterait ce qu'il faudrait de plus ; comme aussi , si

on ne voyait plus de vers manger avant qu'elle fût finie , on cesserait d'en distribuer.

Ce que je dis sur le plus ou le moins de feuille qui peut être nécessaire pour cet âge s'entend aussi pour tous les autres âges. Je ne saurais trop recommander l'exactitude et l'économie dans la distribution de la feuille.

À la fin de cette journée, tous les vers sont assoupis , et plusieurs commencent même à se réveiller.

Après la première mue, le ver est d'une couleur de cendre foncée, laissant apercevoir un mouvement vermiculaire bien décidé ; on voit les anneaux qui le composent s'éloigner et se rapprocher plus librement qu'ils n'avaient fait jusqu'alors (1 ) .

Je répéterai encore qu'il est nécessaire, et d'ailleurs d'une grande économie, de couper la feuille très-menu , d'abord avec le couteau , et ensuite avec le double tranchant dont j'ai donné la figure {Fig. 15).

Lorsque le temps le permet, il faut cueillir la feuille plusieurs heures avant de donner le repas. Elle se conserve très-bien un jour, et même davantage , si on a soin de la tenir dans un lieu bien frais où il n'y ait pas de courants d'air, et qui ne soit pas tout à fait sec. Il est toujours avantageux qu'elle perde ce peu de vitalité qu'elle a quand on vient de la cueillir, et

(1) Son museau est blauchâtre et infiniment plus gros qu'avant la mue; les deux pattes de deyant ont repris leur position ordinaii-e* B.

on ne doit la donner à manger que six ou huit heure» au moins après qu'elle a été cueillie.

Je vais faire un résumé de ce paragraphe , et y ajouter quelques observations qui me paraissent utiles.

Le premier âge des vers à soie, élevés à la température que j'ai indiquée, se trouve presque accompli dans cinq jours (non compris les deux jours dans lesquels ils sont nés et ont été transportés et placés).

Dans ce premier âge, les vers de cinq onces d'œufs ont consommé 30 livres de feuille mondée et coupée menu ; en joignant à cette quantité 4 livres et demie d'épluchures , cela fait 34 livres et demie de feuille , c'est-à-dire 7 livres à peu près tirées de l'arbre par once de vers à soie.

Nous avons vu (Chap. V, § IV) que pour former une once de vers à soie qui viennent de naître , il en faut 54,6^6. Après la première mue, 3,840 suffisent pour ce poids : le ver a donc augmenté, dans à peu près six jours, de quatorze fois son poids.

Avant ces six jours , le ver n'avait qu'une ligne de longueur, et à présent il en a plus de quatre.

Dans le premier âge,. on ne doit renouveler l'air de l'atelier que par la porte. Le degré de chaleur nécessaire se maintient par le moyen des poêles ou du gros bois qu'on fait brûler dans les cheminées^ eomme nous le verrons dans la suite.

Toutes ces précautions prises , les vers commencent à prospérer et se conservent bien portants.

Éducation des vers à soie dans le second âge.

Il faut à peu près 73 pieds 4 pouces carrés de tables ou claies pour placer, jusqu'à Taccomplissement du second âge, les vers à soie provenant de cinq onces d'œufs.

Ainsi que je Tai déjà dit , ces claies doivent être toutes couvertes de papier. La température à laquelle il faut tenir les vers dans leur second âge doit être, comme je l'ai dit plus haut, entre 18 et 19 degrés. Il ne faut enlever la litière que lorsque ces insectes sont presque tous éveillés. Ce n'est pas un mal d'attendre leur réveil , quand on devrait laisser passer vingt, trente heures, et plus encore, à compter du moment que les premiers se sont éveillés.

Lorsqu'une grande quantité de vers sort des feuilles , c'est un signe manifeste qu'il faut les ôter de la litière. En les enlevant un peu avant , pour cette fois seulement , tous les autres seront éveillés dans peu de temps.

Nous avons dit plus haut que, pendant le premier âge, la plupart des magnaniers perdent ou rendent malades une grande quantité de vers, parce qu'ils ne les soignent pas assez. Il arrive, en gêné-

rai , qu'après cet âge ils sont très-inégaux , grand défaut qui se prolonge jusqu'à la fin du dernier âge.

Cette inégalité et le mal qui en résulte, comme je le démontrerai (Chap. XII), ont pour causes :

1^ De n'avoir pas placé les vers dans un espace proportionné à l'accroissement qu'ils devaient prendre pendant leur premier, âge , ce qui a fait que les uns ont assez mangé , et les autres non ; certains sont restés dans la litière , et d'autres dessus ; ces derniers ont respiré im air libre , tandis que les premiers n'ont eu qu'im air méphitique ; les ims ont bien transpiré , et les autres non ; d'autres ont commencé à s'assoupir les premiers , et , étant restés sous la feuille, ils n'ont été changés que les derniers ; d'autres enfin se sont assoupis les derniers, et se sont éveillés les premiers, parce qu'ils se trouvaient libres à la superficie;

2** De n'avoir pas placé les feuilles des vers nés le premier jour, dans l'endroit le moins chaud de l'atelier;

3^ De n'avoir pas mis dans le lieu le plus chaud ceux qui sont nés les derniers (Chap. IV, § III) ;

4* Finalement, de n'avoir pas donné aux vers nés les derniers quelques petits repas intermédiaires, pour obtenir leur accroissement un peu plus vite.

n suit souvent de ces manques d'attention que , lorsque les vers vont jpasser de la première mue à la seconde, il s'en trouve qui sont encore assoupis ou

qui dorment, d'autres qui s'éveillent et qui commencent à manger, et certains qui mangent encore, n'étant pas tombés dans l'assoupissement.

n arrive alors que, sur la même claie, on aperçoit des vers de trois ou quatre grandeurs diflférentes, ce qui est , pour le moins, d'un grand embarras ; d'ailleurs il y a beaucoup de probabilités que les plus petits périront tous dans 1a suite.

On évitera ces pertes si on fait bien ce que j'ai indiqué, n est d'autant plus utile d'attendre que les vers soient presque tous éveillés avant de leur donner à manger, que ces insectes, en sortant de la mue, ont plus besoin d'air libre et d'une chaleur douce que d'aliment.

Leurs organes prennent de la consistance à l'air : le petit museau écailleux qu'ils perdent par la mue est remplacé par un autre mou qui durcit à l'air ; et tant que les petites mâchoires ou scies du nouveau museau n'ont pas pris de la force , ils ne peuvent pas bien couper la feuille. H est aisé de voir, avec la loupe, l'eflfort que fait le ver pour ronger la feuille dans les premiers temps , efifort qui ressemble à ceux que fait un homme sans dents qui mâche une substance dure.

PREMIER JOUR DU SECOND AGE, Ou sixième de rédvcation des vers à soie.

Il faut pour ce jour-ci neuf livres de petits rameaux

tendres , et neuf livrés de feuille mondée et coupée menu.

On doit avoir déjà disposé les 73 pieds 4 pouces carrés de tables ou claies qu'il faut, au second âge , pour les vers produits par cinq onces d'œufs.

Au moment où presque tous les vers sont éveillés, et qu'ils remuent la tête ou qu'ils la tiennent droite . paraissant chercher quelque chose, ceux qui se trouvent le plus près des bords des feuilles se sont déjà éloignés de leur litière. Il faut alors se préparer à les transporter, pour nettoyer les feuilles de papier où ils sont couchés.

On doit toujours commencer par enlever les vers des tables où on s'aperçoit que le mouvement est plus grand. On étend sur eux de petits rameaux tendres de mûrier qui aient six ou huit feuilles (1). On place ces rameaux à une telle distance l'un de l'autre, qu'en étendant le mieux possible leurs feuilles, il y ait un ou deux travers de doigt entre elles. Lorsqu'on a couvert ainsi une table, on passe à une autre, et ainsi de suite ; on fait toute l'opération avec promptitude. Il doit rester de ces petits rameaux qu'on emploiera dans la suite.

On voit qu'insensiblement ces petits rameaux se couvrent de vers au point qu'on a de la peine à les distinguer.

H faut avoir préparé les petites tables de transport {Pig. 9) bien unies, sur lesquelles on place les

{{) Mieux vaut encore faire ce délitement à l'aide de canevas ou tulles sur lesquels on répand la feuille. B.

petits rameaux de vers qu on doit enlever promptement.

Au lieu de faire des petits carrés comme pour les vers qui viennent de naître» on forme des bandes dans le milieu des claies, préparées de manière qu'il ne faille qu'élargir ces bandes des deux côtés , afin que , lorsqu'on est arrivé au terme du second âge, les 73 pieds 4 pouces carrés de claies soient couverts de vers. Tous les vers à soie qu'on transporte ne doivent occuper d'abord qu'un peu plus de la moitié de l'espace qui a été déterminé pour cet

L'usage des petites tables de transport est trèsavantageux;, elles servent à transporter et placer avec facilité les petits rameaux chargés de vers , n'ayant autre chose à faire qu'à les appuyer dans leur longueur sur les claies , et faire descendre doucement les petits rameaux en les inclinant, ayant soin ensuite de prendre délicatement avec la main ceux qui ne se trouvent pas bien placés , pour les mettre là où il y a des vides.

On observe que , lorsque cette opération est faite , il est encore resté sur la litière quelques vers éveillés; alors on place dessus de nouveaux rameaux, et on fait comme pour les autres. Si , après cela , on en trouve encore quelques-uns qui soient assoupis , on les jette.

La feuille sur laquelle on a transporté les vers leur sert pour un petit repas ; ils la mangent si bien qu'il n'en reste que le squelette.

Cela indique que le seul contact d'un bon air un peu chaud a suffi à ces petits animaux pour leur faire acquérir la force dans les mâchoires, qu'ils n'avaient pas au moment que la mue ayait eu lieu.

n est bon d'observer ici que les vers à soie aiment tellement à rester sur les petits rameaux qui leur sont présentés, qu'on les y trouve amoncelés, même après qu'ils les ont presque dépouillés , et qu'ils ne les abandonnent jamais pour revenir sur la litière où ils étaient. Cette observation servira sans doute pour détruire l'opinion de beaucoup de personnes qui croient que le ver à soie se plaît sur la litière, et qu'il se trouve bien d'y manger et d'y rester.

Le moyen que j'ai indiqué pour changer la litière est le meilleur dans tous les âges.

Lfes vers enlevés de cette manière , se trouvant sur une table propre et sur des rameaux frais , prennent de la force et se raniment , comme un convalescent qui passe d'un lit sale où il a couché plusieurs jours à un autre propre et frais.

Une heure ou deux après que les vers ont été placés sur les claies , il faut lew donner un repas de trois livres de feuille coupée menu.

Lorsque les vers auront dépouillé entièrement les petits rameaux * il y aura des intervalles de papier qui seront nus , et les rameaux seront surchargés de vers. Pour y remédier, il faut distribuer doucement la feuille dans ces intervalles ; alors les vers s'étendent , çt toute la bande en reste couverte. L'espace

qu'occupent les vers doit être augmenté un peu à

ce premier repas. On ne doit pas négliger Tavertissement que j'ai déjà donné , de rassembler avec un petit balai la feuille qui est près de tomber. Que mes lecteurs me permettent de leur dire que les soins que je propose ici , ainsi que tous ceux dont j'ai déjà parlé , et que je prends moi-même pour la bonne réussite des vers , ne sont ni longs ni difficiles ^ comme ils semblent être au premier abord.

Dans le restant du jour on doit donner aux vers ^ en deux autres repas , les six livres de feuille qui restent , mettant un intervalle de six heures de Tun à l'autre , ou selon le temps de la journée qui restera*

Lorsqu'on a transporté les vers à soie siu* les autres claies, il faut nettoyer celles où ils étaient, ayant soin de rouler les feuilles de papier, et de les porter hors de l'atelier. Si on observe les matières qui sont sifip le papier, on reconnaîtra que ce n'est qu'un amas de fragments de feuilles et d'excréments qui sont un peu humides , mais cependant de bonne odeur. Leur poids est d'à peu près 7 livres et demie.

Depuis le premier jour qu'on a élevé les vers jusqu'à la première mue, on adonné à peu près 30 livres de feuille : 22 livres 8 onces de substance ont servi à faire croître ces insectes , ou se sont dissipées en gaz et en vapeur. Dans le premier âge, le ver à soie rend très-peu d'excréments, qui sont de forme régulière et ressemblent à delà poudre très-noire. Dans les 7 livres 8 onces, qui sont le poids de la litière, il n'y a que 10 onces à peu près d'excréments.

SECOND JOUR DU SECOND IGE , Septième de VéducaJtim des vers à soie.

Il faut ce jour-là à peu près 30 livres de feuille coupée menu. Cette quantité se partage en quatre parties, qu'on doit donner de six en six heures. Les deux premiers repas doivent être moins copieux que les deux derniers. Il est très-important d'élargir insensiblement de tous côtés les bandes des vers, de manière qu'à la fin de ce jour les deux tiers de l'espace soient occupés .

Le corps des vers commence à prendre une couleur plus claire ; la tête grossit et blanchit. Si on s'aperçoit qu'il y ait plus de vers dans un endroit que dans l'autre , il faut y placer de petits rameaux, et, lorsqu'ils sont chargés de ces insectes, les placer où il y en a moins. L'égalité des vers étant trèsavantageuse , on doit y porter la plus grande attention , et faire ce que je viens de prescrire à toutes les mues , et toutes les fois ique les circonstances l'exigent.

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