‹ L'art d'élever les vers à soieChapitre 12 sur 52 · TROISIÈME JOUR DU SECOND ÂGE · texte numérisé non relu

TROISIÈME JOUR DU SECOND ÂGE

Huitième de ^éducation des vers à soie.

Il faut ce jour-là 33 livres de feuille mondée et coupée menu. Cette fois-ci les deux premiers repas doivent être les plus forts- On doit distribuer la

feuille en proportion du besoin . faisant cette distribution avec soin , parce que l'appétit diminue sur la fin du jour, et qu'alors beaucoup de vers , tenant la tête levée et ne mangeant pas, indiquent qu'ils sont disposés à l'assoupissement ; plusieurs même sont déjà assoupis.

Il faut continuer à élargir les bandes de manière à ce qu'au moins les quatre cinquièmes des claies soient occupés.

QUATRIÈME JOUR DU SECOND AGE, Neuvième de réducation des vers à me.

Ce jour-ci il ne faut qu'à peu près 9 livres de feuille mondée et coupée menu, qui doit être distribuée , comme les autres fois , selon le besoin , légèrement et avec soin.

Dans ce jour tous les vers s'endorment , en sorte que le lendemain ils auront fait la mue et seront éveillés; de cette manière le second âge sera accompli.

Résumons ce paragraphe comme nous avons fait du premier, et ajoutons-y nos observations.

Dans les quatre jours à peu près qu'a duré le second âge, les vers à soie provenant de cinq onces d'œufs ont consommé 9G livres de feuille mondée et coupée menu, y compris 9 livres de petits rameaux. Si nous ajoutons à cette quantité 1 5 livres à peu près d'épluchures , nous aurons en tout à peu près <05 livres de feuille tirée de l'arbre, c'est-à-dire 24 livres par once de vers-

Les ohangements qu'éprouvent les vers dansr le second âge, non compris la mue ci-dessus indiquée , sont les suivants :

Leur couleur est devenue d'un gris clair ; on dis^ tingue difficilement les poils à l'œil nu, et ils se sont raccourcis. Le museau , qui , dans le premier âge , était très-noir , dur et écailleux , est devenu tout de suite , après la première mue , blanchâtre et mou ; mais , au bout de deux heures , il est redevenu noir, luisant et écailleux comme auparavant, A mesure que ces petits insectes avancent en âge , à chaque mue leur museau durcit davantage, parce qu'ils ont besoin d& ronger ou scier des feuilles plus grosses.

n a paru sur leur dos deux lignes courbes conmie deux parenthèses , une vis-à-vis de l'autre.

Dans la première mue, leur longueur était d'un peu moins de quatre lignes, et dans la seconde, d'un peu plus de six.

Leur poids moyen a augmenté, dans quatre jours, de plus de cinq fois ; à peine sortis de la première mue, 3,S140 pesaient ime once^ et maintenant 610 suffisent pour le même poids.

À mesure que le ver à soie grossit , il respire et transpire davantage , et rend des excréments plus gros et en plus grande quantité. D'après cela, et parce que le nombre des claies augmente toujours dans le petit atelier, il faut que l'air intérieur soit un peikplus renouvelé. Il suffit pour cela d'ouvrir quelquefois le soupirail du plancher, et l'ouverture faite à la porte (Ftj. 18}.

— us -

S'il ne fait ni vent ni froid au dehors du local , on peut laisser ouvert plus longtemps le soupirail, jusqu'à ce que le thermomètre descende d'un demidegré , et même d'un degré. On ferme ensuite tout ; la température s'élève de nouveau, et l'air intérieur se trouve renouvelé.

£duc^i<m des vers à soie dans le troisième âge.

PREMIER JOUR DU TROISIÈME AGE , IHœiéme de Véducation des vers à soie.

Dans ce premier jour , il faut 15 livres de petits rameaux , et autant de feuille mondée et coupée un peu moins que jusqu'alors; elle doit être coupée encore plus grossièrement à la fin de cet âge.

Dans cet âge, les vers provenant de cinq onces d'œufs doivent occuper à peu près 174 pieds carrés d'espace ; on a dû par conséquent préparer et couvrir de papier la quantité de claies suffisante.

La température de l'ateUer pendant le troisième âge doit être de 1 7 à t8 degrés.

Les vers qui ont accompli le second âge ne doivent être levés de dessus les claies que lorsqu'ils §ont presque tous éveillés. Une partie s'éveille le neuvième jour , et le reste dans le dixième.

11 n'y aurait rien à craindre , quoiqu'on laissât écouler 24 à 30 heures, et même plus, à compter du moment que les premiers vers se sont éveillés y pour attendre que presque tous le fussent.

Il est très-facile de distinguer les vers éveillés dans cet âge , comme aussi dans Tâge qui suit. Ils sortent de leur vieille peau avec un aspect si différent , que tout le monde peut le reconnaître.

Un mouvement uniforme et presque ondulatoire qu'ils font avec leur tête , si on souffle horizalement sur eux avec la bouche , est un signe de leur réveil général. Cette impression, que leur fait l'air poussé avec une certaine force, ne leur est pas agréable , et les secoue , particulièrement s'ils viennent de sortir de leur peau. Au contraire l'air doucement agité leur fait plaisir et leur est profitable, pourvu qu'il ne soit guère plus froid que la température ordinaire de l'atelier.

On doit observer, pour le transport des vers dans cette mue , la même méthode que pour le premier

âge (§11) (1).

Les 174 pieds de claie destinés poiurle troisième âge doivent être occupés , dans le milieu , par une bande de vers qui doit équivaloir à un peu moins de la moitié de l'espace total.

Connaissant d'avance l'espace que doivent occuper

|i) Le meilleur moyen pour déliter les vois est de se servir de filets en fil ou en papier , sur lesquels on répand la feuille coupée. Les filets en papier sont maintenant (1860) d'un usage général dans le raidi de la France. B.

les vers à soie dans leurs différents âges, il n'y a rien de plus facile , de plus utile et de plus économique que de les enlever, de les nettoyer et de les placer de la manière que j'ai déjà indiquée. Une fois sur les claies , on n'y touche plus jusqu'à ce qu'ils aient fini leur mue ; ils vivent très-bien , mangent toute la feuille sans se gêner les uns les autres, et sans (ju'on ait besoin de les nettoyer dans l'intervalle. Leur litière ne moisit pas , à moins que, par extraordinaire, le temps ne soit trop longtemps humide. En général, elle est d'un beau vert , presque sèche , et composée de squelettes de feuilles , et de quelques brins qui sont tombés de la bouche de ces insectes. Au lieu de dégoûter ceux qui les soignent , elle leur fait plaisir à voir.

On donne aussi, comme au second Âge, les 15 livres de petits rameaux qui servent de premier repas.

Lorsque les vers ont mangé la feuille de ces petits rameaux , on leur donne un second repas avec 7 livres et demie à peu près de feuille coupée , ayant soin de remplir les intervalles que les petits rameaux dépouillés ont laissés, et de rendre les bandes égales autant que possible avec le petit balai , parce que cet ordre est utile et agréable à la vue.

Si , lorsqu'on a fini de transporter les vers , on s'aperçoit qu'on en ait trop mis dans certains endroits des claies, on enlève le surplus avec de petits rameaux, qu'on met sur les tables de transport, et qu'on place ensuite aux endroits où il y en aie moins.

étaat essentiel de faire toujours une exacte distribution de ces insectes.

Je le répéterai sans cesse : pour que les vers puissent conserver constamment une certaine égalité de volume entre eux , il faut que l'éducateur veille avec attention sur ceux qui distribuent la feuille, pour qu'elle soit partout égale.

Un emploi inutile de la feuille est non-seulement une perte réelle , mais il a le grand inconvénient d'augmenter la litière , qui fermente plus facilement que la fibre, et cause des maladies.

On doit donner aux vers, pour leur dernier repas, 7 livres et demie de feuille , ce qui complétera les repas de ce jour.

Si le changement de litière a lieu trop tard , et qu'on n'ait pas le temps de donner les trois repas dans ce jour , la feuille qui restera doit être mêlée avec celle du jour suivant.

Deux personnes lestes ne doivent employer qu'une heure pour transporter les vers sur les 174 pieds de claie.

A mesure qu'on fait le transport , il faut aussi transporter la litière hors de l'atelier , ce qui est très-facile à faire.

On roule cette litière avec le papier qui est dessous, on la porte hors de l'atelier, et on l'étend pour voir s'il s'y trouve des vers assoupis. Tous les lieux sont bons pour cette opération , pourvu qu'ils soient à l'abri de la pluie et du vent. Non-seulement ces insectes ne souffrent pas de cette opération , mais si

le temps est doux , et que l'air ne soit pas trop agité , ils s'éveilleront plus promptement que dans l'atelier , où on les reportera , employant , pour les prendre, des feuilles ou des petits rameaux.

Les vers levés les derniers doivent se mettre sur des claies séparées. Leur assoupissement sera retardé d'à peu près un jour ; mais, si on veut que leur mue se fasse en même temps que celle des premiers levés , il suffira de les placer dans l'endroit le plus chaud de l'atelier, et de les tenir plus écartés entre eux sur les claies , comme je l'ai indiqué plus haut.

Maintenant que les vers commencent à manger un peu plus , il est avantageux de se servir des paniers carrés que j'emploie [Fig. 49) , avec lesquels une personne travaille pour deux. La coutume est que l'ouvrier tient avec une main le panier ou le tablier dans lequel est la feuille , et qu'avec l'autre il la distribue , chose qu'il ne peut pas faire facilement et promptement avec une seule main. Avec les susdits paniers, qu'on suspend avec un crochet, et qu'on fait suivre le long des bords des claies , la personne se sert des deux mains , arrange et distribue mieux la feuille , et donne à manger à deux claies en même temps , en montant sur de petits bancs ou sur de petites échelles commodes [Fig. 20 et 24).

Si on pèse toutes les litières du second âge, on en trouve à peu près 21 livres. Cependant, lorsque la feuille a été bien mangée, les excréments noirs pèsent un peu moins de 6 livres. Il faut faire attention que le plus ou moins d'humidité de ces ordures

produit une grande différence dans le poid3. Comme on a distribué sur les claies, depuis la un du premier âge jusqu'à l'accomplissement du second , 90 livres de feuille, il est clair qu'une partie des 69 livres de matière a servi à nourrir ces petits animaux , et que l'autre s'est perdue sous forme gazeuse.

Après deux ou trois repas, on aperçoit, ce premier jour, un changement sensible dans les vers. Us ont beaucoup grossi ; leur museau s'est sensiblement allongé, et la couleur de leur corps est devenue plus claire-

SECOND JOUR DU TROISIÈME AGE , Onzième de réducation des v&i's à soie.

Il faut, pour ce jour, 90 livres de feuille mondée et coupée.

Les deux premiers repas doivent être plus petits que les deux autres, parce qu'à la fin de cette journée les vers commencent à avoir un grand appétit.

Peu à peu on élargit l'espace qu'ils occupent.

TROISIÈME JOUR DU TROISIÈME AGE, Louuéme de Véducatijn des vers à soie.

Il faut, pour cette journée , à peu près 97 livres de feuille mondée et coupée , qui doit se partager en quatre repas , le premier et le second desquels seront les plus copieux. A la fin de la journée , l'ap*

petit des vers diminua sensiblement, par conséquent le dernier repas doit être le plus petit.

Dans cette journée, lesrers grossissent beaucoup ; leur peau blanchit, leur corps devient presque transparent, et leur tête s'allpnge sensiblement.

Si on observe une claie de vers à contre-jour , avant de leur donner le repas , ils semblent tous de couleur blanchâtre ambrée, et paraissent avoir de la poussière sur le dos.

Les contorsions qu'ils font avec la tête indiquent que le moment de l'assoupissement approche.

QUATRIÈME JOUR DU TROISIÈME AGE, Treizième de Véducati<m des vers à soie.

Il ne faut ce jour-là qu'à peu près 52 livres et demie de feuille mondée et coupée. Beaucoup de vers sont déjà assoupis.

On leur donnera quatre repas , le plus fort desquels doit être le premier, et le moindre le dernier. Ces repas ne seront donnés qu'aux vers des claies qu'on aura reconnus en avoir besoin.

Si on s'aperçoit qu'une grande partie des vers d'une table est assoupie, et que le reste désire encore de manger, il ne faut pa^s'en tenir à l'exactitude des repas , mais leur en donner un léger une heure ou deux après, afin de rassasier ceux qui veulent encore manger, et les faire assoupir plus vite. Ce soin est important; ces petits repas intermédiaires produisent de très-bons effets.

CINQUIÈME JOUR DU TROISrÈMR AOR ,

Quatorzième de l'éducation des vers à êoie,

11 faut, pour cette journée, 27 livres de feuille mondée et bien coupée, qu'on distribue où le besoin l'exige : il n'en restera ni n'en manquera pas beaucoup. Dans l'un ou l'autre cas , il est facile d'y remédier.

Dès la veille les vers ont jeté partout de la bave de soie (Chap. I).

Ces insectes tendent à s'assoupir à l'air libre , et à s'isoler dans un endroit sec , tenant la tête levée. On le reconnaît à ceux qui sont près des bords des claies , et surtout aux endroits où le papier surpasse, et où il se rencontre quelques queues de feuille qui dépassent en dehors. Tous les vers ne pouvant satisfaire ce besoin , et étant forcés de rester sur la litière , la plupart tiennent.la tête et une partie du corps droites, s'élevant au-dessus de la feuille (1).

Lorsqu'ils sont au moment de s'assoupir , ils se vident tout à fait , coname je l'ai déjà observé ailleurs; ils n'ont presque pas d'excréments , et il ne reste dans leur tube intestinal qu'une lymphe jaunâtre, un peu transparente, qui tient lieu chez eux de presque tous les fluides animaux. C'est le motif pour lequel, avant que la peau qu'ils doivent quitter se

(1) Et ^ ainsi que nous Pavons déjà dit, leurs pattes de devant tendent à se rapprocher du corps. B.

ride et se sèche, elle est, comme je Tai déjà dit, d*im blanc sale , ambré, et à demi transparente.

Lorsqueles versse disposent àla troisième et même à la quatrième mue , l'air intérieur de Fatelier doit être peu agité, et sa température ne doit pas varier beaucoup. On obtient cela en tenant les soupiraux supérieurs plus ou moins ouverts, ainsi que ceux qu'on aura dû pratiquer au pavé, comme nous en parlerons dans la suite (Chap. XIII.)

SIXIÈME JOUR DU TROISIÈME ÂGE, Quinsiême de Véducation des vers à soie.

Dans cette journée les vers s'éveillent , et accomplissent ainsi le troisième âge.

Faisant un résumé de cet âge , comme j'ai fait des autres , voici ce qui en résulte :

En six jours à peu près , ces insectes parcourent leur troisième âge.

Dans cet âge, les vers de cinq onces d'œufs ont consommé à peu près 300 liv. de feuilles ou de petits rameaux. Si on ajoute à ce poids 46 livres d'épluchures, il résulte que la feuille tirée de l'arbre fait en tout un poids de 345 liv., c'est-à-dire 69 liv. par once d'œufs.

Le museau des vers a conservé , dans le troisième âge , ime couleur grise approchant du roux foncé ; il n'a plus ce noir luisant qu'il avait dans le premier

et le second âge , mais il s'est allongé , et s'avance beaucoup en dehors.

La tête et le corps sont devenus beaucoup plus gros qu'ils n^étaient du temps de la mue, quoique depuis on n'ait pas distribué de feuille. Cela démontre que ces insectes étaient trop serrés dans l'enveloppe qu'ils ont laissée, et que , s'en étant dégagés, l'air seulement leur a donné un aliment qui a suffi pour les étendre. Cet accroissement, qui est assez considérable, est beaucoup plus sensible dans le troisième âge que dans les précédents .

Dès que cet âge est accompli, le corps des vers est beaucoup plus ridé, particulièrement la tête; leur couleur est d'un blanc jaunâtre, ou pour mieux dire peau de chamois. Vu à l'œil nu, leur corps parait n'avoir plus de poils*

Les pattes membraneuses, et particulièrement celles qui sont à l'extrémité postérieure , ont acquis à cet âge beaucoup de force, et peuvent s'attacher fortement à tout ce qu'elles touchent. Dans ce troisième âge , on entend , lorsqu'on donne à manger aux vers, un petit bruit ressemblant assez à celui du bois vert qui brûle (1 ) .

Ce bruit est l'effet du mouvement que font les vers en détachant continuellement leurs petites pattes pour les changer de place. Il diminue à mesure que ces insectes se fixent pour manger,

La longueur moyenne des vers, qui était d'un peu

(I) Ou, mieux encore, à la pluie qui tombe. B.

moins de 6 lignes après la seconde mue, est devenue, en 7 jours , de plus de 1 S lignes.

Le poids de ces insectes a également quadruplé dans le même espace de temps. Après la seconde mue , 64 vers pesaient à peu près une once ; maintenant 144 seulement donnent le même poids.

n a suffi , dans cet âge , de tenir de temps en temps ouvert quelque soupirail , la porte et même la fenêtre, lorsque le temps était beau et calme , et jus€[u'à ce que le thermomètre fût descendu d'un demi-degré.

Dans les journées très-humides et pesantes, un feu de bois léger donne assez de mouvement à Tair intérieur pour qu'il n'y ait rien à craindre.

Dans cet âge , il ne m'est jamais arrivé que la température extérieure, quoique plus élevée que l'intérieue, fût au delà des bornes établies.

§IV

Éducation des vers à soie dans le quatrième âge.

La couvée de 5 onces d'œufs doit occuper alors un espace d'à peu près 412 pieds carrés, qui sera fornaé conune on a fait jusqu'alors.

La température de l'atelier doit être de 16 à 17 degrés.

Dans ce quatrième âge comme dans le cinquième, il y aura probablement des journées pendant lesquelles on ne pourra pas conserver la température à 17 degrés, vu la chaleur généralement augmentée

de la saison ; et , malgré toutes les précautions de l'art, elle pourra bien monter jusqu'à 18 degrés , et même plus.

Cette élévation de température ne doit inspirer aucune crainte, parce qu'elle ne produit pas de dommage. Il suffit seulement d'éviter que la circulation de l'air entre le dehors et le dedans soit interrompue. Dès qu'on s'aperçoit qu'on ne peut empêcher que l'air extérieur réchauffe l'atelier, il faut ouvrir les soupiraux , ainsi que toutes les ouvertures du côté le moins exposé au soleil. J'ai vu, dans l'espace de deux heures , la température de quelquesuns de mes ateliers s'élever du 17* degré au 21*. Alors je n'ai fait qu'ouvrir toutes les ouvertures , et, conune l'air était stagnant, j'ai fait faire de la flamme avec du menu bois dans les cheminées des angles (Chap. XIII), pour établir un courant d'air de tous côtés, et renouveler ainsi tout l'air des chambres. Si, au lieu d'agir de cette manière, lorsque la chaleur de la saison augmente brusquement , ce qui accroît la fermentation de Ja litière, on empêchait que l'air extérieur entrât dans l'atelier, on courrait le risque de perdre des couvées entières de vers à soie , parce qu'à mesure qu'ils grossissent, la masse de la feuille et de la litière augmentant, l'humidité qui en résulterait ferait fermenter plus vite cette masse, la chaleur s'élèverait, et l'air deviendrait bientôt non-seulement humide, mais'pestilentiel (Chap. XII) (1).

(\) 11 est, <lu reste, de règle générale pour tout bon éducateur de

Ainsi qu'on l'a déjà fait , on ne doit enlever les vers des claies où ils ont accompli le troisième âge que lorsqu'ils sont presque tous éveillés , parce que, quoique les premiers éveillés attendent un jour et même un jour et demi avant d'être transportés, cela ne leur est pas nuisible. On place les premiers éveillés dans Tendroit de l'atelier le plus frais, et les claies des vers éveillés tard dans la partie de l'atelier qui a un peu plus de chaleur. Si on ne veut pas se donn^ cette peine, on peut se contenter de tenir plus écartés sur les claies les vers qui ont été les derniers à s'éveiller : en procédant ainsi, ils seront bimtôt aussi gros que les autres.

Il est facile de connaître, par le moyra des thermomètres, quelle est la partie de l'atelier qui est constamment plus chaude : cette connaissance servira à rendre tous les vers égaux entre eux , particulièrement si les personnes qui leur distribuent la feuille sont un peu exercées.

Ces soins sont indispensables, si on veut que les vers montent dans la suite presque tous en même temps; d'autant plus qu'il résulte un grand dommage de leur inégalité, comme je le démontrerai dans la suite (Ghap. YIII , § V].

C'est après la troisième mue qull faut placer les vers de cinq onces d'œufs dans le grand atelier, où

préférer la ventilation à Tégalité de la tempéiature, lorsque surtout i ne s'agit pour celle-ci que d'une différence de quelques degrés^

ils doivent rester jusqu'à la fin. Ce local doit pouvoir contenir au moins 917 pieds carrés de claies (1).

L'expérience démontre constamment l'avantage d'avoir des locaux bien proportionnés au besoin , autant pour l'économie du combustible , si la saison était froide , que pour l'utilité du service.

Il n'y aurait pas cependant un grand inconvénient, si on n'avait que deux ou trois petits locaux contigus au lieu d'un grand. On ne perdrait que l'avantage de la plus grande facilité qu'on a, dans les lieux spacieux, d'établir et de conserver, comme nous le verrons, des courants d'air plus réguliers (Chap. XIII).

Lorsqu'on se sert d'une seule pièce assez grande pour contenir les 947 pieds carrés de claies, il est avantageux d'en choisir la partie la plus conunode pour y placer les 458 pieds 6 pouces carrés de claies où on doit mettre ces insectes jusqu'à l'accomplissement du quatrième âge, afin de les distribuer ensuite sur tout le reste de l'espace.

11 est facile de déterminer les 458 pieds 6 pouces de claies que les vers à soie, sortis du troisième Age, doivent occuper : il suffit de noter sur chaque claie le nombre de ses pieds carrés ; par ce moyen on voit dans un moment quelles sont les claies dont il faut se servir pour cet âge comme pour tous les autres.

Je dois citer ici de nouveau les avantages qu'a la

(1) C'est surtout pour ces sortes de transports que les filets en fil ou en papier offrent d'immenses avantages, B.

méthode de distribuer les vers à soie par bandes on par espaces qui ne doivent être occupés que par gradation , et lorsque ces insectes ont accompli le^ divers âges :

l^On ne nettoie pas les claies dans le quatrième âge , parce que la litière , qui peu à peu s'élargit, ne s'échauffe pas , et ne prend pas de mauvaise odeur ; 2^ la feuille, distribuée sur des espaces proportionnés, est entièrement mangée avant qu'elle se flétrisse et se gâte ; S"" avec ce procédé , les vers peuvent manger à leur aise, se mouvoir librement, bien transpirer et mieux respirer, tous avantages décisifs pour ces insectes (Chap. XIII). •

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