PREMIER JOUR DU CINQUIÈME AGE
Vingt-troisième de V éducation des vers.
De la veille à ce jour, presque tous les vers doivent avoir accompli la quatrième mue et être éveillés.
Alors l'atelier ne doit avoir constamment que 16 ou 16 degrés 1/2 de température.
Les vers provenant de cinq onces d'œufs doivent occuper, jusqu'au terme de leur cinquième âge, 917 pieds de claies , c'est-à-dire à peu près 183 pieds 6 pouces par once d'œufs.
Les vers provenant d'une once d'œufs consomment, dans le cinquième âge, à peu près 1 ,098 livres de feuille mondée, ce qui fait pour les cinq onces une consommation de 5,490 livres.
Dans cette première journée du cinquième âge (qui , comme je l'ai dit ailleurs , commence, d'après mon système, après midi), les vers doivent occuper à peu près 508 pieds carrés de claies, qui , joints aux 413 pieds qu'ils occupent et qu'on doit nettoyer ce jour même , forment les 921 pieds carrés de claies sur lesquels ils doivent s'étendre graduellement jusqu'à la fin.
On doit changer les vers des 413 pieds de claies , et les répartir sur les 921 pieds : cette opération se fait parfaitement bien dans quatre heures au plus ^. par six ou sept personnes.
Dans cette première journée il faut 90 livres de
petits rameaux ou de feuille non mondée , et autant de feuille mondée.
On doit de suite distribuer les petits rameaux sur quatre ou cinq claies , et , si on n'en a pas assez , on y substitue quelques pincées de feuille de la manière que je Tai indiqué plus haut.
Dès que les petits rameaux sont garnis de vers ^ on les prend et on les met sur des tablettes de transport. Si les vers d'une claie sont presque tous éveillés, ils suffisent pour occuper un peu plus de deux claies , et on doit former au milieu de chacune de ces deux claies un espace en long un peu plus grand que la moitié de la claie.
Lorsque les 508 pieds carrés sont occupés , il faut nettoyer les claies qui sont restées vides.
Si , en faisant le nettoiement , on trouvait des vers éveillés , on répandrait près d'eux de la feuille pour les enlever, et on les transporterait comme on a fait des autres. Si après cela il en est resté encore quelques-uns, on prend avec la main ceux qui sont éveillés , et on jette ceux qui sont assoupis. On roule la litière avec le papier, comme on a dû faire la troisième fois qu'on a changé les vers ; on la verse dana le panier [Fig. 24) préparé pour cela, qu'on vide ensuite hors de l'atelier.
En observant la litière, qu'on aura eu soin de transporter dans un lieu qui ne soit pas humide, on y verra des vers éveillés , qu'on placera , comme on a dû faire dans les autres mues , sur des claies séparées, situées dans le lieu le plus chaud de l'atelier»
ayant soin de les tenir un peu plus au large pour qa'ils se développent vite et qu'ils puissent se trouver aussi avancés que les autres.
On verra constamment que les litières transportées sont vertes et sans odeur; mais, malgré cela, pendant qu'on les nettoie, il faut faire promener deux ou trois fois la bouteille à vapem: puri-fiante.
Il faut veiller, comme je Fai déjà dit , à ce que les vers transportés occupent un peu plus de la moitié des claies qui leur ont été destinées ; de cette manière on finit l'opération , si bien que toutes les claies se trouvent occupées , ayant un large espace dans leur milieu.
£n général , la quantité de petits rameaux ou de feuille que j'ai déterminée suffit pour faire le changement et le transport : on doit cependant se régler selon le besoin.
Des six personnes qu'il faut pour le moins dans cette opération , une ou deux des plus adroites doivent être chargées de lever les vers et de les placer sur les petites tables ; deux doivent les transporter, une les lever et les distribuer sur les claies , une rouler les litières et nettoyer les claies, et une autre transporter le fumier hors de l'atelier.
Si on le juge nécessaire, il faut employer quelqu'un de plus pour distribuer les petits rameaux ou la feuille sur les claies où il est resté encore des vers qu'on n'a pu transporter, afin que tout se fasse promptement et sans confusion. Si on veut partner
en deux temps Topération du nettoiement et celle du transport , on peut le faire en nettoyant la moitié à peu près des claies le matin , et Tautre le soir ; en: pareil cas , il faut donner un ou deux repas aux vers qu'on ne transporte pas , pour qu'ils puissent attendre leur changement. Quoique cette manière d'opérer ne soit pas préjudiciable , je préfère faire le changement entier dans une seule fois , et je l'accomplis dans quatre heures de temps , lorsqu'on travaille assidûment.
Les 90 livres de petits rameaux ou de feuille employés pour lever les vers leur servent pour un repas abondant ; les 90 livres restant doivent se partager en deux autres repas , qu'on donnera à six heures de distance l'un de l'autre. En donnant le premier, il faut avoir soin de rendre droites les lignes des bandes du milieu des claies , faisant rentrer dans la ligne , avec le petit balai , les feuilles qui en seraient écartées.
Au troisième repas, c'est-à-dire lorsqu'on distribue les dernières 45 livres, on doit avoir le soin d'élargir un peu les bandes , occupées par les vers.
Si on s'apercevait qu'il y eût plus de vers sur certaines claies , on les placerait où il y en aurait moins.
Dans ce premier jour, les vers à soie paraissent tous assez vigoureux.
Au quatrième âge , on a distribué sur les claies 900 livres de feuille ; la litière de cet âge pèse 300
livres. Les vers ont donc profilé de 600 livres de substance^ y compris ce qui s'est évaporé. Les excréments pèsent à peu près 93 livres.
Si la température extérieure est douce et peu différente de celle de l'atelier, il faut ouvrir de tous les côtés pendant qu'on fait le nettoiement, pour faire entrer rapidement une grande colonne d'air. On doit aussi , pour cet objet, employer la flamme , qui est toujours très-utile, particulièrement lorsque le froid extérieur ou le vent ne permettent pas d'ouvrir. Dans le cas de froid ou de vent fort , il faut tenir ouverts les soupiraux du haut et du bas : par ce moyen l'air se renouvelle comme avec la flamme.
Dans tous les cas , le thermomètre et l'hygromètre indiquent exactement la manière de se régler.
'SECOND JOUR DU CINQUIÈME AGE, Vingt-qualriéme de réducation des ver$.
Il faut , pour ce jour, 270 livres de feuille mondée ; on la partage en quatre repas : le premier, qui doit être le plus petit, sera d'à peu près 52 livres , et le dernier, qui doit être le plus grand , de 97 livres.
En distribuant la feuille , on doit toujours étendre les bandes occupées par les vers.
A la fin de ce jour, les vers commencent bien à blanchir et se développent sensiblement.
TROISIÈME JOUR DU CINQUIÈME A6¥, Vingt'^nqmém de Véducatùm des vers.
Pour ce jour-là il faut aux vers à soie à peu près 420 livres de feuille mondée. Le premier repas doit être de 77 livres ; c'est le plus petit. Le dernier sera de 1 20 livres ; c'est le plus grand.
Les vers continuent à blanchir, et on en voit beaucoup qui ont 26 ou 27 lignes de longueur.
Ils mangeraient ce jour-là plus de feuille que je n'ai indiqué ; mais je crois très-utile de ne pas augmenter cette quantité, afin qu'ils puissent bien la digérer : d'ailleurs, en agissant ainsi, leur constitution devient plus forte , et ils se disposent toujours à une santé plus vigoureuse. 11 faut élargir les bandes qu'ils occupent, chaque fois qu'on leur donne à manger.
QUATRIÈME JOUR DU GINQUIËBiE AGE , Fingt'Sixiéme de V éducation des vers.
La quantité de feuille mondée pour ce jour-là* doit être d'à peu près 540 livres ; le premier repas sera de 420 livres, et le dernier de 150.
Les vers commencent à avoir un appétit très-vif; ils devi^ment toujours plus beaux et plus vigoureux : il y en a qui ont déjà 32 ou 33 lignes de longueur.