‹ L'art d'élever les vers à soieChapitre 24 sur 52 · VIL · texte numérisé non relu

VIL

Quantité de matières excrémentitielles , vaporeuses et aériformes^ que rendent les vers à soie y depuis le moment qu'ils sont arrivés à leur plus haut degré d'accroissement jusqu'à ta formation par faite du cocon.

J'oflfre ici iin calcul qui résulte des faits que m'a fournis la quantité de matière qui sort des vers à soie à la fin du cinquième âge , afin de faire connaître jusqu'à l'évidence quels sont les ennemis qui peuvent continuellement faire des ravages dans un atelier.

On doit faire attention que je n'entends parler

que des matières nuisibles qui se dégagent des vers , et non de celles que peuvent produire la feuille , les épluchures et les excréments , toutes matières qui yicient Tair et sont funestes aux vers , pour peu qu'elles séjournent dans Tatelier. J'en parierai ailleurs (Chap. XIV).

Il résulte de mes expériences que âfîO vers à soie, qui donnent environ une livre et demie de trèsbeaux cocons , pèsent à peu près trois livres trois onces et demie lorsqu'ils sont arrivés à leur dernier degré d'accroissement.

Ces vers sont prêts à faire le cocon dans deux ou trois jours, et alors ils ne pèsent plus qu'à peu près deux livres sept onces.

Lorsque ces vers montent , ils se vident d'une plus ou moins grande quantité d'eau presque pure , soit par l'anus , soit parles filières, soit par la transpiration ; ils évacuent aussi une petite quantité de matières solides , et forment ensuite leurs cocons dans trois ou quatre jours. Ces cocons ne pèsent en tout qu'environ une livre et demie.

Supposons maintenant un atelier comme celui dont j'ai parlé jusqu'ici, contenant la, quantité de vers produits par cinq onces d'œufs, et suffisante pour donner à peu près six quintaux de cocons ; voici quels en seront les résultats :

1** Si 360 vers , qui donnent une livre et demie de cocons, pèsent trois livres trois onces et demie lorsqu'ils sont à leur dernier degré d'accroissement, il est clair que le total des vers de mon atelier , qui

donnent 6d0 livres de cocons, doit peser à peu près i ,285 livres trois onces , lorscpi'ils sont arrivés à leur plus haut degré d'accroissement.

Et si les 360 vers prêts à faire leur cocon ne pèsent qu'à peu près 42 onces, il est clair égal^3aent que la totalité de ceux de mon atelier doit peser à peu près 1 quintaux 50 livres ; en trois jours , il se sera donc séparé du corps des gros vers environ 237 livres et demie de matières , soit solides , soit liquides, vaporeuses et gazeuses.

2*" Et si, après trois ou quatre jours, les vers, qui ne pèsent plus qu'à peu près i quintaux 50 livres , sont changés en 600 livres de cocons , il est clair aussi que , dans trois ou quatre jours , il se sera séparé de leur corps à peu près 450 livres de matières liquides, vaporeuses et gazeuses.

3** En six ou sept jours , il se sera donc séparé du corps des vers propres à donner seulement 600 livres de cocons, à peu près 700 livres de matières excrémentitielles solides , liquides , vaporeuses et gazeuses. Cette quantité surprenante de matières sorties du corps de ces insectes en si peu de jours , est plus grande que le poids total des cocons et des chrysalides , qui n'est que de 600 livres. On ne croirait pas que les vers à soie produisissent tant de matières nuisibles en peu de jours, si cela n'était démontré par des calculs positifs ( Chap. XIV) .

11 est aisé de concevoir comment cette immense quantité d'exhalaisons , séjournant dans l'atelier, peut, dans les derniers jours, engendrer prompte-

tement les maladies , et produire une grande mortalité au moment qu*on espère faire une récolte abondante de cocons. Cela doit donc convaincre de la nécessité d'observer attentivement les soins que j'ai prescrits.

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