‹ L'art d'élever les vers à soieChapitre 28 sur 52 · CHAPITRE XIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIL

Des maladies des vers à soie dans leui-s différents âges; des causes qui les pi'oduisexit , et des moyens de les prévenir.

Il était conforme aux besoins et à Tintelligence de ITiomme de se créer une médecine pour s'en appliquer les préceptes et les remèdes ; il lui était aussi naturel d'en créer une autre pour les pïfecieux animaux domestiques qui contribuent à son bienêtre.

Le ver à soie étant un animal très-robuste, soit par sa nature, soit par la simplicité de son organisation, quoiqu'elle dure peu de jours, et étant soigné par l'homme, il paraît impossible qu'on ait pu composer des centaines d'ouvrages sur les maladies qui l'atteignent.

Si nous ^oulops expliquer pourquoi on a tant écrit sur cette matière , nous verrons jusqu'à l'évidence que cela tient à ce qu'on a attribué les maladies de ces insectes à leur-constitution , et qu'on n'a pas vu qu'elles sont toutes l'efiTet de la mauvaise éducation qu'on leur donne.

Les vers à soie étant réduits dans nos climats à l'état de domesticité , nous n'avons , pour en retirer beaucoup d'avantages, qu'à contrarier le moins possible leur nature ; nous serons alors certains de ne

les voir jamais atteints de maladie dans les trentecinq jours à peu près quihleurfaut pour armer  verser le précieux produit qui enrichit nôtre pairie;

D'après cela, <5e que j'ai dit dans le cours de cet ouvrage devrait suffire pour apprendre à préserver ^s insectes de toutes les maladies auxquelles ils sont sujets. Cette considération m'a laissé un moment indécis si je traiterais de leurs maladies , d'autant plus que je n*en ai point vu dans aucun de mes établissements, et que, si j'ai voulu connaître des vers à soie malades, j'ai été obligé de visiter les établissements qui étment dirigés d'après l'ancien usage.

Je me suis cependant décidé à faire un chapitre sur cette matière, par la raison surtout qu'on verra se confirmer la vérité et l'utilité de la méthode que j'ai déjà indiquée. Je répéterai ici que, toutes les fois qu'on l'emploiera , les vers à soie ne seront ja* mais malades , et qu'au contraire ils seront exposés à l'être par les méthodes ordinaires.

Maladies qui dérivent de l'imperfection des œufs et 'du défaut de soins apporté à leur conservation. "

Ces.maladies surviennent aux vers à soie : 1

1^ Lorsque la chambre destinée à la naissance des

papillons, à leur accouplement et à la ponte , est

trop froide : l'humeur fécondante ne se perfectionne

pas, ou ne se développe qu'en petite quantité, à une

température de 40 à 12 degrés, et par conséquent ii*agit pas assez sur les œufs pour qu'ils acquièrent tous la couleur cendrée vive qui seule indique, après quinze ou vingt jours, leur parfaite fécondation. Les œufs non fécondés ne produisent pas de vers , et ceux qui le sont mal portent avec eux le germe des maladies qui font succomber Tinsecte dans le cours de sa vie.

2® Lorsque la température de la chambre susdite est trop chaude (20, 22 degrés). A cette température, si le mâle tarde à s'accoupler, il perd inutilement beaucoup de son humeur fécondante. Si on Tunit à la femelle lorsqu'ils sont Tim et l'autre à peine sortis du cocon, la femelle n'a pas en général le temps d'évacuer les matières liquides et pesantes dont elle surabonde. Il en résulte qu'il s'établit du désordre dans la constitution de la femelle , et que l'humeur fécondante du mâle se trouve affaiblie par son mélange avec cette surabondance d'humeurs dans la femelle, ce qui la rend moins propre à féconder.

3** Lorsque le local où l'on fait éclore les œufs est trop humide.

La stagnation de l'humidité qu'il y a dans l'œuf altère plus ou moins l'embryon , et engendre dans la suite des maladies analogues à celles dont j'ai parlé plus haut.

4° Lorsque le local où l'on conserve les œufs est aussi trop humide. L'embryon souffre toujours, l'humeur contenue dans la coque ne s'évaporant pas bien.

5** Lorsqu'on garde les œufs trop entassés- Dans ce cas, quoique le local soit sec, Tévaporation des œufs n'a pas lieu uniformément , ni même le contact de Tair ; d'ailleurs les œufs s'échauffent et s'altèrent même à une basse température.

Aucune maladie n'a lieu :

1** Lorsque la température de la chambre où on tient les papillons est maintenue entre le 16* et le 19* degré ;

2** Lorsque la chambre est assez sèche;

3* Quand les œufs occupent trois pieds carrés de surface seulement par once sur les linges où ils ont été déposés;

4** Lorsque les linges sur lesquels sont les œufs ne sont plies qu'en six ou huit doubles au plus.

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