EXPOSÉ DU PLAN DE L'OUYMGE
J'ai examiné conunent on élève généralement les vers à soie; j'ai lu tout ce qui a été écrit de mieux sur cet important sujet ; je m'en suis occupé moi-même, et je me suis convaincu qu'au lieu d'un art fondé sur des principes, et composé de préceptes bien raisonnes, nous n'avons à peu près qu'une aveugle pratique ; que , chez le plus grand nombre de cultivateurs, cette pratique est même entravée par des préventions en*onées trèsfunestes , et que jusqu'à présent les bons écrivains qui ont traité ce sujet n'ont pu être d'une grande utilité, n'ayant pas eux-mêmes réuni les connaissances scientifiques à une grande expérience. Aucune nation n'a un livre élémentaire qui guide avec facilité et assurance pour obtenir constamment, par les moyens les plus simples et les moins dispendieux, la plus grande quantité de très-beaux cocons avec la moindre quantité possible de feuille de mûrier. Je me suis en conséquence déterminé publier ce livre.
En voici le plan :
Après avoir émis quelques idées générales sur la famille des chenilles, sur les vers à soie, et sur la feuille du mûrier, afin d'éviter beaucoup de répétitions qui auraient eu lieu dans le cours de l'ouvrage, j'expose le meilleur moyen qu'on doit employer pour faire naître les vers à soie et les transporter où ils doivent être élevés.
Je traite du soin des vers à soie dans leurs quatre premiers âges, de l'espace qu'une quantité donnée doit occuper dans chaque âge sur les tables d'osier, de la quantité d'aliment nécessaire dans chaque âge, et des changements qu'ils éprouvent.
Je démontre quel est le soin nécessaire aux vers à soie dans la cinquième période de leur vie, et comment le cultivateur peut s'assurer de n'avoir rien à cfaindre des variations de Tatmosphëre. A ce sujet, j'indique tous les soins qu'il faut avoir dans cette période importante.
Les vers à soie flnissent par la formation des cocons , dans lesquels ils se transforment en chrysalides ; ce qui constitue leur sixième âge. J'explique ce qu'on doit faire pour préparer le bois, pour recueillir les cocons, et pour choisir et coiiserver ceux qui doivent fournir leâ ceufs pour Tannée suivante.
Le développement de la chrysalide en papilton constitue le fieptfèiïie âge des vers à soie. A ce sujet, je traite de la sortie du papfflon, de son accouplement, de sa séparation, de ta ponte et ùe la conservation des œufs, indiquant les soins convenables à ces diverses opérations.
Les varlétëâ connues des vers à ôoîe nécessitent des soins différents. Je les décrîs, et fais un ^etamen comparatif des valeurs et des diffërentes qualités de cocons que dorment ces variétés.
Je compare ensuite la qualité de la feuille du mûrïer sauvage avec celle de celui qui est greffé, et je fais connaître leurs diiférents effets.
Ceux qui élèvent les vers à soie ne cessent de parler des diverses maladies dont sont fréquemment atteints ces insectes, ce qui entraîne de très-grandes pertes. Je démontre que ces maladies sont Tunique effet de la mauvaise manière de les élever; en sorte qu'elles ne paraîtront jamais, si on observe exactement h méthode que je décrîs.
Mais, pour obtenir cet avantage, un des soins essentiels est de bien disposer le local. J'indique <5omment il doit l'être, tant pour faire naître et conserveries vers à soie pendant leur premier âge, que pour les élever au fur et à mesure qu'ils deviennent adiâtes.
Je distingue ces étabDssements par les dénominationsde padronal tl) et colonial ou de fermier. Je m'applique particulièrement à faire sentir la nécessité de réformer promptemenl ces
(1) Par établissement padroml, Tauteur entend celui que tfait exécuter en gnmày \m propriétaire, tout à ses frais : ce genre d'établissement étant nouveau^ il m'a paru utile de laisser subsister le mot technique qui l'exprime.
%&è iè torpsdè lâôïl «mnragè, f iii(tt(|ue i)èau(!Dtï)^ de fidu (^Qt mériieiit <Pôtfe Ipri^ eu 'considération. Dans un chapitré exprès, yéi Mipptoebë tôud ces faits, ayant en soin de tes comparer enti^ ent ftffh cTen faire mieùi sentir llmportance.
Après avoir «tpiwé, artide par article, tout ce (pu peut aà- Durêr le plus grand gain possible à ceux qui s'occapent d'élever les vers à soie, je finis mon ouvrage en démontrant con^ien eft grand le pràAxil annuel de la soie qu'on peut exporter de l'fildie ; tfu^ n'y À pas de bmncfae d'industrie, tant pour les pt<opriétaireÉiiuep(nir kis colons, qui produise un plus grand prdfit ; et combien la ntttion, autant que tes particuliers, peuvent^ par kfê moyens faciles et très-simples que j'indique, aug« tteftter aimudlement leurs richesses.
J'ai ajouté des notes, des gravures et d^ tahteaux. Les notes expliquent ce que je n'ai pu dire que brièvement dans le corps de l'ouvrage; les gravures foîA connaître la construction des ateHers et ta fonàie des ustensiles ; 'et les tableaux servent & nitlre m a^mpMta&a le soin des vers à soie à diftérentes températures.
Mon ouvrage n'est pas aussi court que le sont en général ceux qui traitent de eetlè tnatfère. Ayant èu en vue d'être utile à tous ceux qui élèvent les vers à soie, j'ai cru devoh* les guider paeàpae; fies-lbisant passa: progressi^-ement d'observation en ebfeemtttioci et de ^àtîque en pratique, depuis la préparation des orafe et h nateance dès vers jusqu'au moment où le papilloii a donné de nouveaux œufs.
Je n'ai pab eraMt les répétitions tontes les fois qne je les ai enies néeessaires, ni d'entrer dans les détails les plus minutfeux, t^ant^mpte des opérations ^ujourlejour, étpresque à la minute.
J'observe en outre que, quoique cet ouvrage soit composé de quinze chapitres, celui qui lira avec attention et application les préceptes des six qui traitent plus spécialement des vers à soie sera assez instruit pour les élever avec succès,
Les autres chapitres sont consacrés aux principes de Tart et à ses relations avec la prospérité publique ; si^jet important par lui-même, mais que peuvent se dispenser de connaître ceux qui n'ont d'autres vues que de bien élever les vers à soie.
Au reste, si quelqu'un observait qu'il obtient, sans le secours de cet ouvrage, une bonne récolte de cocons, je l'en féliciterais, lui déclarant que mon intention n'avait pas été d*écrîre pour lui, ni pour qui que ce soit qui croie en savoir assez sur cette matière.
Personne ne pourra cependant cacher les calamités des années 48U et 4 843, qui ne furent pas nouvelles pour nous, et ne seront pas les dernières, si on continue généralement l'éducation des vers à soie avec les imperfections qui ont eu lieu jusqu'à présent. Je dirai plus , ces calamités seraient presque annuelles, si des causes accidentelles, indépendantes de la volonté de l'homme, ne les diminuaient.
Je le répète, je ne prétends pas qu'il soit indispensable de faire tout ce que j'indique. Je crois seulement que celui qui se rapprochera le plus de la méthode que j'ai exposée courra moins le risque de perdre le fruit des avances qu'il aura faites, et qu'il sera plus fondé à compter sur la bonne issue de son entreprise.
n y a une considération bien humiliante pour l'esprit humain; la voici :
Les arts destinés au luxe des villes et aux plaisirs des riches s'étudient par principes. Ceux qui servent à sustenter les hommes et à enrichir les Etats sont, en général, abandonnés à l'aveugle pratique. Il y a bien peu de riches éclairés qui pen-r sent à s'instruire des principes et des règles de l'agriculture, pour communiquer leurs lumières et donner une bonne direction à cette classe nombreuse et estimable qui n'est occupée que de la culture de la teire.